Murîd Al Haqq dévoile « Thérapie de l’âme », une nouvelle renaissance poétique

Après « Vicissitudes », le jeune écrivain guinéen revient avec un deuxième ouvrage composé de 46 textes, entre introspection, regard sur la société et quête de vérité.
Après avoir marqué ses premiers pas dans le monde littéraire avec Vicissitudes, paru en août 2023, le jeune écrivain guinéen Mamadou Djakariaou Barry, connu sous le pseudonyme Murîd Al Haqq, signe son retour avec Thérapie de l’âme, publié le 14 juillet dernier.
Professeur de français et poète de la nouvelle génération, l’auteur présente ce deuxième ouvrage comme une étape majeure de son parcours. À travers 46 textes, il livre une poésie profondément personnelle, nourrie par l’observation de la société, les réalités humaines, les blessures de l’existence, mais aussi par une quête constante de vérité.
Pour Murîd Al Haqq, la poésie n’est d’ailleurs pas une vocation choisie, mais une voie qui s’est imposée à lui.

Le choix de son nom de plume n’est pas anodin. Murîd Al Haqq y voit l’expression même de son engagement littéraire et de sa quête intérieure.
« Pour moi, Murîd Al Haqq n’est pas qu’un simple pseudonyme. C’est plutôt la véritable définition de mon engagement littéraire, qui s’inscrit dans une quête de vérité en compagnie du Très-Haut », explique-t-il.
Cette recherche de vérité traverse également son rapport à la poésie. Lorsqu’il évoque les raisons qui l’ont poussé vers la littérature, l’écrivain refuse de parler d’un simple choix.
« Pour moi, la poésie n’a jamais été un choix. C’est plutôt elle qui m’a choisi », affirme-t-il.
À travers sa plume, Murîd Al Haqq nourrit une ambition assumée : donner à la littérature, et particulièrement à la poésie, une place plus importante auprès de la jeunesse.
« Ma mission fondamentale, c’est de révolutionner la littérature. En ce qui concerne la poésie, mon objectif est d’en faire un art fondamental, incontournable pour une jeunesse qui aspire à se faire entendre », souligne-t-il.

Sur l’état actuel de la littérature guinéenne, le jeune auteur se montre également optimiste : « Je pense qu’elle se porte à merveille. »
Publié le 17 août 2023, Vicissitudes constitue le premier jalon de son aventure littéraire. Une expérience qui, selon l’auteur, lui a permis de grandir aussi bien sur le plan artistique que personnel.
« Vicissitudes m’a beaucoup apporté et continue de m’apporter énormément : des expériences, des relations, de la confiance, de l’assurance dans la vie et bien d’autres opportunités sur le plan professionnel », confie-t-il.
Quelques années plus tard, Thérapie de l’âme vient prolonger cette aventure. L’ouvrage est présenté comme le fruit d’une longue observation et d’une réflexion sur les réalités qui entourent l’auteur.
« Thérapie de l’âme, c’est le résultat d’une longue observation et d’une réflexion sincère portée sur tout ce qui se passe autour de nous. L’ouvrage est composé de quarante-six titres, qui apportent chacun une lumière face aux réalités qui nous assombrissent », explique-t-il.
Entre les deux ouvrages, Murîd Al Haqq voit un lien particulièrement fort. Il considère Thérapie de l’âme comme la continuité naturelle de Vicissitudes, mais également comme le début d’un nouveau chapitre.
Le dernier texte de Vicissitudes, intitulé L’Élu de mon cœur, marque selon lui le point de départ de son deuxième ouvrage.
« C’est donc une renaissance poétique, disons une dynastie de mots issue des maux qui se façonne », résume-t-il.
Quant à savoir lequel des deux livres il préfère, l’auteur laisse le choix au lecteur.
« Moi, je les préfère tous, car chaque texte est un morceau de moi. »
Dans Thérapie de l’âme, plusieurs textes attirent notamment l’attention, parmi lesquels Le Chien noir, Africain ou encore L’Aventurier chez soi.

À travers ces différents titres, l’écrivain s’attaque à des sujets contemporains avec une volonté de rester direct et sincère. Le Chien noir, en particulier, possède une dimension personnelle.
« Ce texte ne parle pas du chien dans son vrai contexte, mais d’un qualificatif qui m’a été attribué par une personne de laquelle je ne m’y attendais absolument pas », raconte-t-il.
Plutôt que de subir cette appellation, Murîd Al Haqq choisit de la retourner à son avantage en s’appropriant les qualités qu’il associe à l’animal : fidélité, loyauté, fierté et sincérité.
« Voilà tout ce que je suis, et j’en suis fier », assume-t-il.
D’où vient alors cette matière qui nourrit sa plume ? La réponse de l’auteur est aussi simple que poétique : « Je m’inspire de tout et de rien. »
Mais derrière cette apparente simplicité se trouve une figure centrale de son univers créatif : sa mère.
« Ma mère est le radical de toute inspiration qui traverse mon esprit », confie-t-il.
Une source d’inspiration qui semble participer à la dimension profondément intime de ses écrits.
Le parcours de l’écrivain n’a cependant pas été exempt de difficultés. Il affirme en rencontrer à chaque étape, mais refuse d’en faire une raison d’abandonner.
« Les difficultés, j’en rencontre partout. Elles veillent à me rappeler le vrai sens de la vie », estime-t-il.
Face aux épreuves, il dit avoir choisi la persévérance et l’écriture comme moyen d’expression.
« J’ai choisi de vivre tel un loup, de souffrir sans lever de cris, si ce n’est à travers l’écrit, mais de ne jamais faire preuve d’abandon. »
Pour lui, une partie de cette réponse se trouve justement dans ses deux ouvrages, Vicissitudes et Thérapie de l’âme.
À la nouvelle génération qui souhaite se lancer dans l’écriture, Murîd Al Haqq adresse un message sans détour : ne pas attendre d’être parfaitement prêt pour commencer.
« Tu n’as pas besoin d’attendre d’être totalement prêt(e) pour te lancer. Mais prépare-toi à bien serrer ta ceinture, car le monde extérieur est sans pitié. »
L’auteur compare ainsi le monde à une jungle dans laquelle l’être humain peut parfois devenir un loup pour son semblable, tout en rappelant qu’il existe également « des anges parmi les altruistes ».
Pour la suite de sa carrière, le jeune écrivain préfère rester discret.
« Plein de choses arrivent, mais parler trop, ce n’est pas mon truc. Moi, je préfère poser des actes », lâche-t-il.
Impossible, enfin, de passer sous silence les liens particuliers que l’auteur entretient avec Kindia, où sa présence est régulièrement remarquée.
Interrogé, avec une pointe d’humour, sur l’éventuelle présence d’une « petite amie » dans cette ville, Murîd Al Haqq répond dans un éclat de rire :
« Ma seule petite amie, c’est ma poésie ! »
Il confie toutefois son attachement à Kindia, une ville où il dit se sentir chez lui, entouré de personnes auxquelles il tient et de souvenirs qu’il qualifie d’extraordinaires, « à l’image de mon Dalaba profond ». Il précise néanmoins que ses déplacements à Kindia s’inscrivent avant tout dans le cadre professionnel.
Avec Thérapie de l’âme, Murîd Al Haqq poursuit donc une aventure littéraire encore jeune, mais déjà portée par une ambition affirmée. Entre les blessures transformées en vers, les réalités sociales observées avec lucidité et les espoirs d’une génération en quête de voix, le jeune écrivain veut faire de la poésie bien plus qu’un simple exercice littéraire.
Pour lui, elle est une compagne, un refuge et surtout une manière de donner des mots aux maux. Une « renaissance poétique » qu’il invite désormais les lecteurs à découvrir.
Sylla Ama pour Planete7.info
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