Emprunt obligataire : les banques représentent 99 % du marché, le gouverneur de la BCRG veut diversifier les investisseurs

sonoco sites

Le gouverneur de la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG), Dr Karamo Kaba, appelle à élargir la participation au marché des titres publics, largement dominé par les banques. Il souhaite notamment attirer les compagnies d’assurance, les institutions de microfinance, les fonds de pension et la diaspora afin de diversifier les sources de financement de l’État et de renforcer le marché financier guinéen.

Comment élargir les sources de financement de l’État guinéen au-delà du secteur bancaire ? C’est l’un des enjeux soulevés par le gouverneur de la Banque centrale de la République de Guinée, Dr Karamo Kaba, à l’occasion de son intervention sur l’emprunt obligataire de l’État. Alors que la dernière opération a enregistré 4 579 milliards de francs guinéens de souscriptions pour un objectif initial de 2 500 milliards, le responsable de la BCRG estime que le développement du marché financier passe désormais par une participatiopn plus diversifiée des investisseurs.

Selon lui, le marché des titres publics reste fortement concentré autour des établissements bancaires. « Si vous regardez bien, je crois qu’à 98 % ou 99 %, c’est un marché qui est dominé par les banques », a-t-il déclaré.

Un constat qui, à ses yeux, souligne la nécessité d’ouvrir davantage ce marché à d’autres catégories d’acteurs financiers, capables de contribuer au financement de l’État et à la mobilisation de l’épargne.

Pour Dr Karamo Kaba, les banques ne sont pas les seules institutions disposant de ressources financières susceptibles d’être investies dans les titres publics. Il cite notamment les compagnies d’assurance, les institutions de microfinance, les fonds de pension et les caisses de retraite.

Le gouverneur souhaite également encourager la participation des investisseurs étrangers et de la diaspora guinéenne.

« Ce que nous voulons voir, c’est ce qu’on voit dans les autres pays. Vous avez des assureurs qui viennent […] Vous avez d’autres agents, comme les institutions de microfinance, qui peuvent aussi être intéressés », a-t-il expliqué.

Cette diversification permettrait de mobiliser des ressources auprès d’un plus grand nombre d’acteurs et de réduire la concentration du financement public autour des banques. Elle contribuerait également à approfondir le marché financier guinéen, en offrant davantage de possibilités aux détenteurs d’épargne désireux de participer au financement de l’économie.

L’enjeu ne consiste donc pas uniquement à augmenter les montants mobilisés lors des émissions obligataires, mais aussi à élargir durablement la base des souscripteurs.

Le gouverneur de la BCRG a également rappelé que l’emprunt obligataire repose sur une relation de confiance entre l’État, qui recherche des financements, et les investisseurs, qui mettent leurs ressources à disposition en contrepartie d’un rendement.

Cette relation comporte plusieurs risques, notamment le risque de crédit, lié à la capacité de remboursement de l’emprunteur, le risque de liquidité, le risque d’inflation et le risque de change.

Sur ce dernier point, Dr Karamo Kaba souligne l’intérêt du recours à la monnaie nationale pour les émissions obligataires de l’État.

« Le fait d’emprunter en francs guinéens élimine le risque de change puisque l’on paye dans une devise dont on est maître », a-t-il indiqué.

L’emprunt en monnaie locale permet ainsi à l’État de contracter et de rembourser sa dette dans la même devise, limitant son exposition aux fluctuations des taux de change. Il contribue également à développer le marché des titres publics et à renforcer les mécanismes de financement intérieur.

Le gouverneur rappelle toutefois que le financement obligataire ne fait pas disparaître les autres risques liés à l’investissement, notamment celui d’un éventuel défaut de remboursement.

Au-delà de la diversification des investisseurs institutionnels, Dr Karamo Kaba insiste sur la nécessité d’élargir l’accès aux services financiers.

Selon les chiffres qu’il a avancés, le taux de bancarisation en Guinée se situe autour de 30 à 35 % lorsque les services de monnaie mobile sont pris en compte. Une proportion qui, selon lui, laisse une grande partie de la population en dehors du système financier formel.

« Vous voyez qu’il y a encore beaucoup de gens qui sont en dehors du système, même la majorité est en dehors du système bancaire », a-t-il souligné.

Pour le gouverneur, la digitalisation constitue un levier important pour faciliter l’accès aux services financiers et encourager une mobilisation plus large de l’épargne disponible. Il estime que les progrès accomplis doivent être poursuivis afin de permettre à davantage de citoyens et d’acteurs économiques de participer aux mécanismes de financement.

Cette ouverture pourrait contribuer à rapprocher le marché financier des populations, tout en favorisant une meilleure circulation de l’épargne dans l’économie nationale.

La volonté de diversifier les investisseurs intervient dans un contexte où la Guinée cherche à mobiliser davantage de ressources internes pour financer ses priorités de développement. Le succès de la dernière émission obligataire, qui a enregistré 4 579 milliards de francs guinéens de souscriptions, constitue un signal favorable pour les autorités.

Mais pour Dr Karamo Kaba, la prochaine étape consiste à consolider cette dynamique en élargissant la participation au-delà du secteur bancaire.

La mobilisation de nouveaux investisseurs, le développement des outils numériques et le renforcement de la confiance dans les titres publics figurent ainsi parmi les leviers susceptibles d’accompagner cette évolution.

Pour le gouverneur de la BCRG, l’enjeu est désormais de transformer la performance des dernières souscriptions en une dynamique durable, portée par un marché financier plus ouvert, plus diversifié et capable de mobiliser une part plus importante de l’épargne nationale.

Mountaga Pandiara Diallo pour planète7.info 

Contact Planete7.info : 624045895/625214852

Planete7guinee@gmail.com

Les commentaires sont fermés, mais trackbacks Et les pingbacks sont ouverts.

Accueil
Radio
Tv
Replays