Emprunt obligataire : Mariama Ciré Sylla salue la confiance des investisseurs et mise sur l’épargne nationale

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Avec 4 579 milliards de francs guinéens souscrits pour un objectif initial de 2 500 milliards, l’emprunt obligataire de l’État guinéen dépasse largement les attentes. Pour la ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla, ce résultat traduit la confiance des investisseurs dans l’État et renforce l’ambition de financer les priorités nationales grâce à l’épargne locale.

La Guinée peut-elle davantage compter sur ses propres ressources pour financer son développement ? Pour Mariama Ciré Sylla, le succès de l’emprunt obligataire lancé par l’État apporte un début de réponse. À l’issue de l’opération, les souscriptions ont atteint 4 579 milliards de francs guinéens, contre un objectif initial de 2 500 milliards, soit un taux de couverture de 183,1799 %.

Un résultat qui dépasse les prévisions du gouvernement et contraste avec les 1 500 milliards de francs guinéens mobilisés lors de l’opération précédente. Pour la ministre, cette progression témoigne de la confiance accordée à l’État, à la stabilité du pays, aux perspectives économiques et à sa capacité à honorer ses engagements financiers.

« La confiance en l’État, en la stabilité du pays, en nos perspectives économiques, en notre capacité d’honorer nos engagements a prévalu », a-t-elle déclaré, en soulignant l’ampleur de la mobilisation obtenue.

Au-delà des chiffres, Mariama Ciré Sylla voit dans cette opération un signal adressé aux autorités : les acteurs économiques et financiers sont disposés à accompagner les ambitions de développement de la Guinée, à condition de pouvoir compter sur la crédibilité de l’État et le respect de ses engagements.

Cette mobilisation s’inscrit, selon la ministre, dans la vision de développement portée par le président de la République, Mamadi Doumbouya, notamment à travers le programme Simandou 2040. Avec des besoins de financement qu’elle estime à plus de 200 milliards de dollars, cette ambition nécessite, à ses yeux, une capacité accrue à mobiliser des ressources, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays.

Pour Mariama Ciré Sylla, la mobilisation de l’épargne nationale constitue un levier essentiel. Elle défend l’idée que la Guinée doit d’abord démontrer sa propre volonté d’investir dans son développement avant de solliciter davantage les partenaires étrangers.

« C’est bien beau de dire à un étranger de venir croire en nous, investir en nous, prendre des risques sur nous, mais si on ne le fait pas nous-mêmes, ça va être très dur de convaincre quelqu’un d’autre », a-t-elle fait valoir.

La ministre présente ainsi l’appel public à l’épargne comme un instrument permettant de renforcer progressivement l’autonomie financière du pays. L’objectif est de donner davantage de poids au marché financier local et de réduire la dépendance aux financements extérieurs, sans pour autant renoncer aux autres sources de financement disponibles.

Au-delà de la performance financière, la ministre insiste sur la finalité de cette mobilisation : répondre aux besoins des populations à travers des investissements dans les infrastructures et les services sociaux.

Elle évoque notamment l’accès à l’eau potable, la proximité des établissements scolaires et l’amélioration de l’accès aux soins de santé, en particulier pour les femmes enceintes confrontées à l’éloignement des structures sanitaires.

« C’est aussi un sujet de souveraineté économique et financière de notre pays, de pouvoir nous-mêmes, par notre épargne nationale, financer nos besoins en infrastructures, nos besoins en services sociaux », a-t-elle expliqué.

À travers ces exemples, Mariama Ciré Sylla entend rattacher les montants mobilisés aux enjeux du quotidien. La réussite de l’emprunt ne saurait donc se limiter au volume des souscriptions : elle doit également se traduire, à terme, par des investissements capables d’améliorer les conditions de vie des citoyens.

La ministre a par ailleurs indiqué que des personnes s’étaient encore présentées pour souscrire après la clôture de l’opération, sans pouvoir le faire. Un élément qu’elle considère comme révélateur de l’intérêt suscité par cette initiative.

Tout en saluant la contribution d’Afriland First Bank, chef de file de l’opération, de l’Association professionnelle des banques (APB) et du syndicat bancaire, Mariama Ciré Sylla assure que le gouvernement entend tirer les enseignements de cette expérience.

L’ambition est notamment de mieux planifier les futures mobilisations de fonds et de diversifier les instruments de financement afin de répondre aux besoins de l’État.

Le résultat de cet emprunt constitue ainsi une performance de mobilisation financière pour les autorités guinéennes. Mais son impact réel dépendra de la capacité à transformer les ressources mobilisées en projets concrets, à assurer leur bonne utilisation et à respecter les engagements de remboursement pris envers les souscripteurs.

Pour Mariama Ciré Sylla, le message est clair : la Guinée doit davantage s’appuyer sur son épargne nationale pour financer ses priorités et renforcer sa souveraineté économique et financière.

 

Mountaga Pandiara Diallo pour planète7.info 

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