Emprunt obligataire : Guy Laurent Fondjo dévoile les facteurs derrière les 4 579 milliards GNF mobilisés

Confiance envers l’État, coopération entre les banques, liquidités disponibles et rendement attractif : le directeur général d’Afriland First Bank, Guy Laurent Fondjo, revient sur les principaux facteurs qui ont facilité la mobilisation de 4 579 milliards de francs guinéens lors du dernier emprunt obligataire de l’État. Il met également en avant la volonté du secteur bancaire de contribuer au développement économique du pays.
Mobiliser 4 579 milliards de francs guinéens pour financer les besoins de l’État : une opération qui aurait pu représenter un défi majeur. Pourtant, pour Guy Laurent Fondjo, directeur général d’Afriland First Bank, chef de file de l’opération, plusieurs facteurs ont facilité la réussite de cet appel public à l’épargne, dont les souscriptions ont largement dépassé l’objectif initial de 2 500 milliards de francs guinéens.
« Je dois dire que le travail n’a pas été trop difficile pour nous. Ça va vous surprendre, n’est-ce pas ? », a-t-il lancé lors de son intervention consacrée aux résultats de l’opération.
Derrière cette mobilisation, le responsable bancaire identifie plusieurs leviers, à commencer par la confiance accordée à l’État guinéen et la capacité des établissements financiers à travailler ensemble.
Pour Guy Laurent Fondjo, la crédibilité de l’État a joué un rôle déterminant dans la mobilisation des investisseurs. Il estime que la confiance de la population envers les autorités et la perception de la signature de l’État guinéen ont constitué un socle favorable à l’opération.
« La signature de l’État guinéen, c’est une signature qui vaut de l’or, une signature qui pèse, une signature qui inspire confiance », a-t-il affirmé.
Cette confiance, selon lui, a contribué à faciliter l’adhésion des souscripteurs à l’emprunt obligataire. Elle a également permis aux acteurs financiers de s’engager dans une opération de grande ampleur avec la perspective de mobiliser des ressources destinées au financement public.
Le directeur général d’Afriland First Bank présente ainsi la crédibilité de l’État comme un élément essentiel de la réussite de ce type d’opération, qui repose sur la capacité de l’émetteur à honorer ses engagements.
Autre facteur mis en avant : la collaboration entre les établissements bancaires. Pour mener à bien l’opération, plusieurs banques commerciales ont constitué un syndicat afin de coordonner leurs efforts et de mobiliser un volume important de ressources.
Guy Laurent Fondjo insiste sur la complémentarité des acteurs du secteur, au-delà de leurs relations concurrentielles habituelles.
« Nous sommes des banques commerciales sur la place, mais nous ne sommes pas des concurrents au sens de qui va gagner, qui va perdre. Nous sommes complémentaires », a-t-il expliqué.
Cette coopération a notamment permis de mutualiser les compétences, de coordonner les actions de communication et de toucher différentes catégories de souscripteurs.
Pour le responsable bancaire, cette capacité à fédérer les établissements financiers autour d’un objectif commun a contribué à dépasser largement les ambitions initiales de l’État.
Guy Laurent Fondjo évoque également la disponibilité des ressources financières dans le pays. Selon les chiffres qu’il a avancés, les ressources officiellement détenues par les banques guinéennes dépassent 90 000 milliards de francs guinéens.
En y ajoutant les ressources du secteur informel, il estime que le volume global pourrait atteindre environ 180 000 milliards de francs guinéens.
« Dans les 180 000 milliards, lever 4 500 milliards, ce n’est pas la mer à boire », a-t-il déclaré pour illustrer le potentiel financier qu’il estime disponible en Guinée.
Cette analyse met en lumière, selon lui, les possibilités de mobilisation de l’épargne intérieure pour financer les besoins de l’État. Elle souligne aussi l’importance de mieux canaliser les ressources disponibles vers des instruments de financement capables de soutenir les investissements publics.
Ces montants restent toutefois des estimations avancées par le directeur général d’Afriland First Bank et ne constituent pas, en eux-mêmes, une mesure de l’épargne immédiatement mobilisable.
L’expertise acquise par les banques lors des précédentes opérations constitue un autre facteur déterminant. Guy Laurent Fondjo rappelle que le secteur bancaire guinéen en est à sa sixième opération de ce type, ce qui lui a permis de renforcer ses compétences en matière de coordination, de communication et de mobilisation des investisseurs.
« On sait comment piloter, comment fédérer les acteurs, comment communiquer, comment toucher les cibles afin que tout le monde puisse adhérer au processus », a-t-il souligné.
À cette expérience s’ajoute l’intérêt financier de l’opération. Le rendement annuel de 11 % proposé aux souscripteurs représente, selon lui, un argument supplémentaire susceptible de favoriser leur participation.
Le responsable bancaire reconnaît ainsi que la rentabilité constitue un élément important dans la décision des investisseurs, parallèlement à la confiance envers l’État et aux conditions générales du marché.
Au-delà des considérations financières, Guy Laurent Fondjo met en avant la volonté des banques de prendre part à la dynamique de développement de la Guinée.
« La Guinée se développe et nous, en tant qu’acteurs du secteur bancaire, nous devons également contribuer à ce développement de notre pays », a-t-il déclaré.
Pour le directeur général d’Afriland First Bank, la participation du secteur bancaire à cet emprunt obligataire représente donc à la fois une opération financière et une occasion de contribuer au financement des ambitions nationales.
Avec 4 579 milliards de francs guinéens de souscriptions pour un objectif initial de 2 500 milliards, l’opération a dépassé les attentes annoncées par les autorités. Pour Guy Laurent Fondjo, ce résultat s’explique par la convergence de plusieurs facteurs : la confiance envers l’État, la complémentarité des banques, la disponibilité des ressources, l’expérience du secteur et l’attractivité du rendement proposé.
Un succès de mobilisation qui met en évidence le potentiel du financement intérieur, mais dont la portée dépendra aussi de la capacité de l’État à utiliser efficacement les fonds mobilisés et à respecter ses engagements envers les souscripteurs.
Mountaga Pandiara Diallo pour planète7.info
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