Accord Guinée-FMI : quelles retombées pour les populations guinéennes ? Mariama Ciré Sylla apporte des éclaircissements

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Au lendemain de la conclusion d’un accord au niveau des services avec le Fonds monétaire international (FMI), la ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla, a détaillé les retombées attendues du nouveau programme économique et financier soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC). Éducation, santé, infrastructures, emploi, protection sociale et attractivité économique figurent parmi les principaux enjeux mis en avant par le gouvernement.

Quel sera l’impact réel du nouvel accord conclu entre la Guinée et le Fonds monétaire international sur le quotidien des populations ? C’est l’une des principales questions soulevées lors du point de presse organisé ce mardi 11 août au ministère de l’Économie, des Finances et du Budget.

Face aux journalistes, la ministre Mariama Ciré Sylla a défendu un programme dont les effets, selon elle, devraient progressivement se traduire par davantage de ressources pour financer les priorités nationales, soutenir les populations vulnérables et stimuler l’investissement.

Pour la ministre, l’un des premiers effets attendus du programme concerne la mobilisation des recettes intérieures.

Une meilleure collecte des ressources publiques devrait, selon elle, donner davantage de marges à l’État pour financer les secteurs essentiels.

« L’impact est fort pour les populations. 

Donc d’abord, quand on va mobiliser plus de recettes intérieures, c’est plus de financement, plus de budget pour financer nos écoles, financer nos routes, financer nos centres de santé », a-t-elle expliqué.

L’enjeu est donc de transformer l’amélioration de la mobilisation des recettes en investissements concrets dans les services publics et les infrastructures indispensables au développement du pays.

Au-delà des ressources mobilisées par l’État, Mariama Ciré Sylla mise sur le renforcement de la crédibilité économique de la Guinée auprès des partenaires et des investisseurs.

Selon elle, la mise en œuvre d’un programme avec le FMI devrait contribuer à renforcer la confiance dans l’économie guinéenne et à réduire la perception du risque.

« Quand on va avoir une stabilité macroéconomique, attirer des investissements, parce que ce qu’un programme avec le FMI donne, c’est pour ça que je disais, au-delà du financement, c’est la crédibilité qui est renforcée, c’est la confiance des partenaires techniques et financiers qui est renforcée et des investisseurs », a-t-elle souligné.

Cette confiance accrue pourrait permettre à la Guinée de mobiliser des financements à des conditions plus favorables et d’attirer davantage de capitaux privés.

« Vu que le risque est réduit, ça va être des taux d’intérêt réduits également, il y aura plus d’investisseurs privés qui se sentiront en sécurité de venir investir en Guinée », a assuré la ministre.

Pour le gouvernement, l’afflux de nouveaux investissements ne devrait pas seulement se traduire par des projets d’infrastructures. Il devrait également contribuer à la création d’emplois, un enjeu majeur pour la population, particulièrement pour les jeunes.

« Ces investissements, ces financements vont nous permettre non seulement de réaliser nos projets d’investissement, les infrastructures qu’il nous faut, mais aussi créeront des emplois pour nos populations », a indiqué Mariama Ciré Sylla.

L’ambition affichée est ainsi de faire de la stabilité macroéconomique un levier capable de soutenir à la fois la croissance, l’investissement et l’emploi.

Autre priorité mise en avant par la ministre : la protection des populations les plus vulnérables. Le programme devrait notamment permettre de renforcer les dépenses sociales dans plusieurs secteurs.

L’éducation, la santé, mais aussi certains services publics, notamment le transport, sont cités parmi les domaines devant bénéficier d’un accompagnement accru.

« Le programme aussi prévoit vraiment des accompagnements de renforcement des dépenses sociales, notamment le renforcement des dépenses liées à l’éducation, liées à la santé, liées aussi à des dépenses publiques telles que le transport, par exemple, pour faciliter et puis soutenir les populations vulnérables », a-t-elle précisé.

Le gouvernement entend également renforcer les mécanismes permettant d’identifier et d’accompagner les ménages les plus fragiles.

Dans cette perspective, le registre social devrait être renforcé afin d’améliorer l’identification des personnes vulnérables et de mieux cibler les programmes d’assistance.

La ministre a également annoncé un renforcement des dispositifs existants, notamment ceux mis en œuvre par l’Agence nationale d’inclusion économique et sociale (ANIES).

« Ils vont renforcer le registre social qu’on a, qui permet d’identifier les personnes vulnérables notamment, renforcer les programmes qu’on a, tels que ceux portés par l’ANIES, afin de s’assurer que les populations vulnérables guinéennes sont assistées et sont renforcées », a-t-elle déclaré.

Pour Mariama Ciré Sylla, l’accord avec le FMI doit enfin favoriser une meilleure discipline dans la gestion des finances publiques.

L’objectif affiché est de faire en sorte que les ressources disponibles soient orientées en priorité vers les secteurs jugés essentiels.

« Ça nous permet de pouvoir nous assurer que les dépenses sont faites avec rationalisation, que c’est les priorités qui seront les premières servies, notamment celles importantes pour les populations », a-t-elle insisté.

Le gouvernement présente ainsi le nouveau programme comme un cadre devant permettre de consolider les finances publiques tout en maintenant l’accent sur les investissements et les dépenses sociales.

Si les effets de l’accord ne devraient pas nécessairement être immédiats dans le quotidien des Guinéens, l’exécutif mise sur une chaîne de résultats : davantage de recettes, une meilleure gestion des ressources, une stabilité macroéconomique renforcée, plus de confiance des investisseurs, davantage d’investissements et, à terme, plus d’emplois et de croissance.

La ministre résume cette ambition en ces termes : « Ça nous permettra d’être dans un écosystème stable avec des recettes et des ressources qui sont plus gérées, une économie qui est stabilisée et donc plus d’emplois et plus de croissance pour tout le monde. »

Reste désormais à mesurer, au-delà des engagements annoncés, la capacité du gouvernement à traduire ce nouveau cadre économique en résultats tangibles pour les ménages, notamment en matière d’emploi, de services publics et de protection sociale.

Salif Camara pour Planete7.info 

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