Recrutement de 8 000 enseignants : l’intersyndicale dénonce un processus contesté

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Le recrutement annoncé de 8 000 enseignants à la Fonction publique provoque la colère de l’intersyndicale de l’éducation. Le SNE, le SLECG et la FSPE dénoncent une procédure qu’ils jugent inadaptée et réclament, avant toute nouvelle opération, la prise en compte des anciens enseignants contractuels déjà engagés dans les précédents processus de recrutement.

Le ton monte dans le secteur éducatif à quelques jours de la rentrée scolaire. Alors que le ministère de l’Emploi et de la Fonction publique a annoncé l’ouverture des inscriptions pour le recrutement de 8 000 enseignants, l’intersyndicale de l’éducation conteste la démarche et demande aux autorités de clarifier la situation des anciens contractuels.

Lors d’un point de presse, le Syndicat national de l’éducation (SNE), le Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (SLECG) et la Fédération syndicale professionnelle de l’éducation (FSPE) ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme un « amalgame » dans le processus mis en place par les autorités.

Au cœur de la contestation : le sort des anciens enseignants contractuels ayant déjà participé à de précédentes opérations de recrutement. Selon les responsables syndicaux, plusieurs milliers d’entre eux auraient franchi différentes étapes du processus et rempliraient les conditions requises pour leur engagement à la Fonction publique.

L’intersyndicale évoque notamment plus de 4 000 enseignants concernés. Elle estime que ces derniers ne devraient pas être contraints de reprendre le même processus que les nouveaux candidats, mais plutôt bénéficier de l’application des dispositions prévues dans le protocole d’accord conclu avec le gouvernement.

La secrétaire générale du SLECG, Kadiatou Bah, a vivement réagi à l’ouverture des inscriptions pour le nouveau recrutement, alors que la situation des anciens contractuels reste, selon elle, sans réponse.

« À notre grande surprise, on nous dit que les inscriptions ont déjà commencé dès aujourd’hui. On les met où ? On les met où ? »

Pour la responsable syndicale, les autorités doivent d’abord clarifier la situation des enseignants contractuels concernés par les engagements antérieurs.

Kadiatou Bah appelle également les enseignants à soutenir les revendications de l’intersyndicale et prévient que les syndicats pourraient engager d’autres actions si leurs demandes ne sont pas prises en compte.

« Nous demandons à toutes les enseignantes et à tous les enseignants de Guinée d’accompagner l’intersyndicale de l’éducation jusqu’à ce que ce protocole soit respecté et mis en application. Sinon, nous userons de tous nos moyens. »

La secrétaire générale du SLECG conteste par ailleurs les chiffres qui auraient été avancés par certains responsables concernant le nombre d’anciens contractuels.

« On nous a fait comprendre que des techniciens au niveau du MEPU-A sont allés jusqu’à dire qu’ils ne sont que 200 personnes, alors qu’ils sont des milliers. Ils sont plus de 2 000 personnes. »

Même position du côté du Syndicat national de l’éducation. Son secrétaire général, Michel Pépé Balamou, estime que les enseignants contractuels ayant déjà exercé dans les salles de classe et rempli les conditions d’intégration devraient être prioritairement pris en compte.

« Aujourd’hui, on attend un recrutement de 8 000 enseignants qui, peut-être, n’iront même pas dans les classes, alors qu’il y a plus de 4 000 enseignants contractuels qui ont rempli toutes les conditions pour intégrer la Fonction publique. »

Pour le responsable syndical, l’ouverture d’un nouveau recrutement alors que la situation des anciens contractuels demeure en suspens soulève des interrogations sur la cohérence de la démarche.

Cette nouvelle controverse intervient dans un contexte déjà marqué par les revendications de l’intersyndicale de l’éducation à l’approche de la rentrée scolaire.

Le SNE, le SLECG et la FSPE réclament notamment la prise en compte des enseignants contractuels déjà biométrisés et concernés par les précédents engagements du gouvernement, conformément aux dispositions du protocole d’accord conclu avec les autorités.

Les syndicats préviennent que l’absence de réponse à leurs revendications pourrait affecter le climat de la rentrée scolaire.

Face à cette situation, l’intersyndicale demande au gouvernement de clarifier les modalités du recrutement des 8 000 enseignants et de se prononcer sur le cas des anciens contractuels concernés par les engagements antérieurs.

En attendant une éventuelle réponse des autorités, le SNE, le SLECG et la FSPE maintiennent leur position : ils réclament l’application des engagements pris envers les enseignants contractuels avant la mise en œuvre du nouveau processus de recrutement.

 

Oumar Sylla Bah pour Planete7.info

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