Quand les guerres lointaines frappent les cuisines africaines Énergie, Engrais, Alimentation, Sécurité : “L’Afrique face à une nouvelle génération de risques géopolitiques”

sonoco sites

Il existe une illusion dangereuse dans la manière dont nous regardons les grandes crises géopolitiques contemporaines : celle de croire que les guerres qui se déroulent à plusieurs milliers de kilomètres de l’Afrique resteraient confinées à leurs théâtres d’opérations

Il faut regarder au-delà des missiles, des frontières et des cartes militaires.

Car les conséquences les plus profondes des grandes crises géopolitiques contemporaines ne se mesurent pas uniquement sur les champs de bataille. Elles se mesurent aussi dans les ports, les stations-service, les marchés, les exploitations agricoles, les entreprises, les budgets des États et, finalement, dans les cuisines des familles.

Depuis la guerre russo-ukrainienne, le monde a découvert à quel point les chaînes d’approvisionnement mondiales étaient vulnérables.

En 2026, les tensions au Moyen-Orient ajoutent une nouvelle dimension à cette fragilité.

Le pétrole, le gaz, les engrais, les céréales, le transport maritime, l’assurance, les devises et les flux commerciaux sont désormais soumis à une succession de chocs géopolitiques.

Pour l’Afrique subsaharienne, largement dépendante des importations de carburants, d’engrais, de biens alimentaires ou de produits manufacturés, le problème est considérable.

Une guerre peut commencer à des milliers de kilomètres de Conakry, Dakar, Abidjan, Nairobi, Douala, Lagos ou Addis-Abeba. Mais ses conséquences peuvent finir par se retrouver dans le prix du pain, du riz, du poisson, de la tomate, du transport, de l’électricité ou des engrais.

C’est cela, “la nouvelle géographie du risque”.

La géopolitique entre désormais dans le panier de la ménagère

Le mécanisme est relativement simple.

Une crise géopolitique perturbe une route maritime ou une zone de production. Les coûts du pétrole, du gaz, du fret maritime ou de l’assurance augmentent. Les entreprises répercutent une partie de ces coûts. Les prix des importations progressent. Les monnaies sous pression renchérissent davantage les achats extérieurs. Les États doivent consacrer davantage de ressources aux subventions ou à la protection des ménages.

Puis le choc atteint les entreprises, les agriculteurs et finalement les consommateurs.

“Le conflit devient alors une inflation. L’inflation devient une contrainte budgétaire. Et la contrainte budgétaire devient un problème social”.

Pendant longtemps, les crises internationales étaient analysées principalement sous l’angle diplomatique ou militaire.

Cette approche est désormais insuffisante car un conflit qui perturbe la production ou le transport du pétrole provoque une hausse du coût de l’énergie.

Une hausse de l’énergie renchérit le transport.

Le transport plus cher renchérit les importations.

Le prix des engrais augmente.

Les coûts agricoles progressent.

Les producteurs réduisent parfois l’utilisation d’intrants.

Les rendements peuvent être affectés.

Les prix alimentaires augmentent.

Et l’ensemble se transmet aux ménages.

La chaîne est simple: géopolitique → énergie → logistique → production → alimentation → inflation → pouvoir d’achat → risque social.

Le constat est telsque les économies africaines sont parmi celles qui subissent les effets indirects de la hausse des prix de l’énergie, de l’alimentation et des engrais provoquée par les tensions au Moyen-Orient.

Le pétrole : Un multiplicateur de crise

Lorsque le prix du pétrole augmente, l’impact dépasse largement celui de la pompe à essence.

Le carburant fait fonctionner les véhicules, les groupes électrogènes, les machines agricoles, les équipements industriels et une partie importante des chaînes logistiques africaines.

Pour de nombreux pays africains, le carburant est beaucoup plus qu’une commodité ; Il fait fonctionner les transports publics, les camions, les machines agricoles, les groupes électrogènes, les industries et une partie importante de l’économie informelle.

Une augmentation durable du prix du pétrole peut donc devenir une augmentation générale du coût de la vie. Le problème est aggravé lorsque les pays disposent de capacités limitées de raffinage, de stockage et doivent importer des produits pétroliers raffinés.

Les tensions actuelles au Moyen-Orient, combinées aux perturbations liées à la guerre russo-ukrainienne, ont déjà contribué à resserrer certains marchés des carburants et notamment du diesel. Pour un pays africain, cela signifie qu’un choc extérieur peut rapidement devenir une contrainte intérieure.

Les engrais : Un risque sous-estimé

L’agriculture africaine reste fortement dépendante des intrants importés dans de nombreux pays et le risque alimentaire mérite une attention particulière car les engrais ne sont pas simplement un produit agricole.

Ils sont un maillon stratégique de la sécurité alimentaire.

Or leur production est fortement liée à l’énergie et au gaz naturel, tandis que leur transport dépend des routes commerciales internationales. Lorsque le gaz, le pétrole, le transport maritime et l’assurance augmentent, le coût des engrais augmente également.

Les perturbations au Moyen-Orient ont donc affecté les marchés mondiaux des fertilisants. Les données récentes montrent cependant une capacité d’adaptation du commerce mondial : de nouveaux fournisseurs ont partiellement compensé certaines ruptures. Le problème n’est donc pas seulement la disponibilité physique des engrais, mais de plus en plus leur accessibilité financière pour les pays et les agriculteurs vulnérables.

C’est une distinction essentielle.

“Une pénurie ne commence pas nécessairement lorsque le produit disparaît. Elle peut commencer lorsque le produit devient trop cher pour être acheté”.

Et c’est précisément là que se situe le danger pour de nombreux systèmes agricoles africains. La conséquence n’est pas nécessairement immédiate. Mais elle peut apparaître quelques mois plus tard dans les rendements agricoles.

“Un engrais devenu trop cher aujourd’hui peut devenir une récolte insuffisante demain”.

La Sécurité alimentaire : Les Retombées d’une crise.

Une hausse du prix du carburant est immédiatement visible, alors qu’une hausse du prix des engrais peut être plus insidieuse.

Elle peut apparaître dans les comptes d’un agriculteur aujourd’hui et dans les rendements agricoles plusieurs mois plus tard. C’est pourquoi les crises géopolitiques peuvent produire des conséquences différées ; le choc énergétique d’aujourd’hui peut devenir un problème alimentaire demain.

L’Organisation des Nations Unis pour l’Alimentation et l’Agriculture a identifié les interactions entre conflit, énergie, engrais et systèmes agricoles et agroalimentaires comme un risque majeur pour l’économie mondiale.

L’Afrique ne peut donc pas attendre la pénurie pour commencer à construire sa sécurité alimentaire car la question des engrais devrait désormais être considérée comme une question de sécurité nationale et de souveraineté alimentaire, et pas seulement comme un problème agricole.

La nouvelle carte des vulnérabilités

Une autre réalité doit être intégrée dans les politiques publiques africaines  : les routes maritimes sont devenues des infrastructures stratégiques au même titre que les ports, les centrales électriques ou les réseaux ferroviaires.

Le détroit d’Ormuz, le détroit de Bab el mandeb, la mer Rouge, le canal de Suez et la mer Noire jouent un rôle majeur dans l’approvisionnement mondial en énergie, en céréales et en engrais.

La CNUCED (1) souligne que les perturbations des routes maritimes peuvent simultanément augmenter les coûts de l’énergie, du transport et des intrants agricoles. Pour l’Afrique, cette réalité doit modifier la manière de concevoir la planification économique.

(1)       Ndlr  : Conférence des Nations Unis sur le Commerce et le Développement

Pour l’Afrique, cela signifie que la géographie de la sécurité économique est en train de changer.

Un pays peut être politiquement éloigné d’un conflit tout en étant économiquement exposé à celui-ci.

La distance géographique ne protège plus contre le risque économique.

“La sécurité alimentaire commence aussi dans les ports”.

La sécurité énergétique commence aussi dans les corridors logistiques et la souveraineté économique commence aussi par la diversification des fournisseurs.

Le pouvoir d’achat : Danger ultime :

L’histoire économique enseigne une chose simple : les sociétés supportent difficilement les crises lorsqu’elles touchent simultanément plusieurs produits essentiels.

C’est ici que se situe le véritable danger ; une hausse temporaire des prix peut être absorbée par une économie. Mais une succession de chocs peut devenir beaucoup plus difficile à gérer.

Le carburant augmente ;

Puis le transport ;

Puis l’alimentation ;

Puis les coûts des entreprises ;

Puis les loyers et les services ;

Puis la pression sur les salaires ;

Et finalement la confiance dans l’économie.

Le ménage qui consacrait déjà une grande partie de son revenu à l’alimentation dispose de moins de marges pour absorber une nouvelle hausse ; l’entreprise qui subissait déjà des coûts élevés réduit ses investissements ; l’agriculteur confronté à des engrais plus chers réduit ses achats d’intrants. L’État confronté simultanément à des dépenses sociales plus importantes, à une facture énergétique plus élevée et au service de la dette dispose de moins de ressources pour investir.

“La crise économique peut alors progressivement devenir une crise de confiance”.

Et lorsque le pouvoir d’achat diminue durablement, lorsque les prix des produits essentiels augmentent et lorsque les perspectives d’emploi se détériorent, le risque de tensions sociales augmente.

Il ne s’agit pas de prédire des crises sociales dans les pays africains ; mais plutôt de reconnaître une évidence :

“Plus une population est vulnérable aux prix des produits essentiels, moins son économie dispose de marges de protection, plus les chocs extérieurs peuvent avoir des conséquences sociales importantes”.

Ce processus n’entraîne pas automatiquement une crise sociale.

Mais il augmente mécaniquement les tensions lorsque les ménages disposent de faibles marges financières et que les États ont eux-mêmes des marges budgétaires limitées. C’est pourquoi la question de l’inflation ne doit plus être considérée uniquement comme une question monétaire.

“Dans les économies vulnérables, l’inflation des produits essentiels est aussi une question de stabilité sociale”.

7 Risques à Surveiller pour L’AFRIQUE

  1. Le risque énergétique

Hausse ou volatilité durable du pétrole, du gaz et des carburants raffinés, avec un impact sur les transports, l’électricité et les coûts industriels…

  1. Le risque sur les engrais

Perturbations de production, difficultés logistiques et hausse des prix pouvant conduire certains agriculteurs à réduire leur utilisation d’intrants.

  1. Le risque alimentaire

Hausse du coût des céréales, huiles, produits transformés et autres denrées importées, particulièrement dans les économies fortement dépendantes des marchés internationaux.

  1. Le risque logistique

Perturbations des routes maritimes, augmentation du fret et des primes d’assurance, congestion portuaire et allongement des délais d’approvisionnement.

  1. Le risque monétaire et budgétaire

Pression sur les devises, augmentation de la facture des importations et réduction de l’espace budgétaire disponible pour financer les subventions, les infrastructures et les politiques sociales.

  1. Le risque industriel et entrepreneurial

Hausse des coûts de production, réduction des marges, ralentissement des investissements et risque de fermeture pour certaines entreprises particulièrement exposées aux importations énergétiques et aux intrants.

  1. Le risque social et sécuritaire

Lorsque les prix des produits essentiels augmentent plus rapidement que les revenus, les tensions sociales peuvent s’accroître, en particulier dans les économies où le chômage des jeunes et la précarité sont déjà élevés.

Ces sept risques ne constituent pas une prédiction de crise. Ils constituent une grille d’alerte pour les décideurs publics, les investisseurs et les entreprises.

De la gestion de crise à l’intelligence du risque

Face à cette nouvelle réalité, la réponse africaine ne peut pas être uniquement constituée de subventions ou de mesures d’urgence. Ces instruments peuvent être nécessaires à court terme.

Mais ils ne peuvent pas constituer une stratégie permanente. La véritable réponse doit être structurelle.

Elle doit reposer sur cinq priorités.

Première priorité : Produire davantage d’énergie localement

Solaire, hydroélectricité, gaz, éolien, stockage et réseaux intelligents doivent être considérés comme des instruments de résilience économique autant que comme des projets énergétiques.

Deuxième priorité : Construire une véritable souveraineté agroalimentaire

Il faut produire davantage, mais aussi transformer davantage localement.

La souveraineté alimentaire ne signifie pas produire chaque chose dans chaque pays ; elle signifie disposer de suffisamment de capacités régionales pour ne pas être totalement dépendant d’un fournisseur ou d’un corridor.

Troisième priorité : Développer les infrastructures régionales

Ports, routes, chemins de fer, interconnexions électriques, pipelines, réseaux numériques et plateformes logistiques doivent être conçus comme un système intégré.

Quatrième priorité : Diversifier les chaînes d’approvisionnement

L’Afrique doit réduire les dépendances excessives à un seul fournisseur, une seule route maritime ou une seule source d’énergie.

Cinquième priorité : Investir dans l’intelligence économique

C’est probablement l’une des transformations les plus importantes.

Les États et les grandes entreprises doivent être capables de détecter plus tôt:

  • Les ruptures potentielles d’approvisionnement ;
  • Les mouvements des prix ;
  • Les risques géopolitiques ;
  • Les tensions logistiques ;
  • Les risques réglementaires ;
  • Les vulnérabilités des fournisseurs ;
  • Les risques financiers ;
  • Les signaux faibles annonçant une crise.

“Anticiper six mois avant la rupture vaut parfois mieux que réagir six jours après”.

La souveraineté ne signifie pas l’autarcie

Il serait illusoire de penser que l’Afrique peut se couper du reste du monde ; Ce n’est ni souhaitable ni réaliste. L’objectif doit être différent :

“Il faut passer de la dépendance à l’interdépendance maîtrisée”.

Un pays résilient n’est pas un pays qui ne dépend de personne ; c’est un pays qui dispose de plusieurs fournisseurs, plusieurs corridors, plusieurs sources d’énergie, de capacités locales de production, de stocks stratégiques et de mécanismes d’anticipation. Cette logique doit également s’appliquer à l’échelle régionale et continentale.

La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF) peut contribuer à cette diversification en renforçant les échanges intra-africains et les chaînes de valeur régionales.

L’enjeu est de construire une Afrique capable de transformer une partie de ses matières premières en produits, ses ressources énergétiques en puissance industrielle et ses marchés consommateurs en capacités de production.

Les débats géopolitiques se déroulent souvent autour des frontières, des armées, des alliances et des rapports de puissance, mais pour des millions d’Africains, la géopolitique se mesure autrement.

Elle se mesure au prix du sac de riz, au prix du carburant, au coût du transport, au prix des engrais, à la disponibilité de l’électricité, au coût du pain, à la capacité d’un agriculteur à acheter ses intrants, à la capacité d’une entreprise à maintenir ses emplois.

À la capacité d’un État à financer ses écoles, ses hôpitaux et ses infrastructures.

“C’est là que les grandes crises internationales rencontrent la vie quotidienne des Africains”.

De la crise était aux opportunités.

Les crises révèlent les vulnérabilités ; mais elles révèlent également les opportunités.

Une hausse des importations d’engrais peut justifier la création de nouvelles capacités industrielles africaines. Une crise énergétique peut accélérer les investissements dans les renouvelables.

Des difficultés logistiques peuvent favoriser le développement de corridors régionaux. Une dépendance alimentaire peut accélérer la transformation agricole.

Une vulnérabilité numérique peut stimuler les investissements dans la cybersécurité et les infrastructures de données.

Autrement dit :

“La résilience ne consiste pas seulement à absorber les chocs. Elle consiste à utiliser les chocs pour accélérer les transformations nécessaires”.

Le temps de l’anticipation

Nous entrons probablement dans une période où les crises ne seront plus nécessairement isolées.

Guerres, tensions commerciales, changements climatiques, crises énergétiques, perturbations logistiques, dette et instabilité financière peuvent désormais se renforcer mutuellement.

Le monde devient plus interconnecté.

Mais il devient également plus fragmenté.

Dans ce nouveau contexte, l’Afrique ne peut plus construire ses stratégies économiques uniquement à partir des tendances du passé.

Elle doit apprendre à travailler avec des scénarios.

À surveiller les signaux faibles.

À cartographier ses dépendances.

À mesurer ses vulnérabilités.

À constituer des réserves.

À diversifier ses partenaires.

Et surtout, à investir dans ses propres capacités productives.

Le défi pour l’Afrique n’est donc pas seulement de gérer la prochaine crise.

Il est de construire dès maintenant les capacités qui permettront de mieux résister à la prochaine crise.

L’Afrique dispose de ressources énergétiques, agricoles, minières, humaines et financières considérables.

Le véritable enjeu est désormais de transformer ces ressources en capacités productives, infrastructures, chaînes de valeur, réserves stratégiques et systèmes d’anticipation.

Car dans le nouveau monde qui se dessine, la puissance économique ne reposera plus uniquement sur les ressources dont dispose un pays.

Elle reposera de plus en plus sur sa capacité à anticiper les ruptures, sécuriser ses approvisionnements, protéger ses populations et transformer les crises extérieures en accélérateurs de souveraineté et de développement.

“L’Afrique ne doit plus seulement apprendre à survivre aux chocs mondiaux. Elle doit apprendre à les anticiper”.

Conclusion : Comprendre le monde.

À mes yeux, la véritable leçon des crises actuelles est simple.

“L’Afrique ne manque pas seulement de ressources. Elle manque encore trop souvent de capacités d’anticipation, de transformation et de sécurisation de ses chaînes de valeur”.

Les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient nous rappellent que la souveraineté d’un État ne se mesure plus uniquement à ses frontières ; Car dans le nouveau monde qui se dessine, la puissance économique ne reposera plus uniquement sur les ressources dont dispose un pays.

Elle se mesure aussi à sa capacité à garantir son énergie, son alimentation, ses infrastructures, ses approvisionnements, ses données et la continuité de son économie lorsque le monde extérieur devient instable ; Elle reposera de plus en plus sur sa capacité à anticiper les ruptures, protéger ses populations et transformer les crises extérieures en accélérateurs de souveraineté et de développement.

“L’Afrique ne doit plus seulement apprendre à survivre aux chocs mondiaux. Elle doit apprendre à les anticiper”.

C’est pourquoi l’Afrique doit désormais considérer l’intelligence économique, la prospective, la résilience des chaînes d’approvisionnement et la diversification productive comme des instruments de politique économique à part entière.

“Nous ne pouvons pas empêcher toutes les crises du monde”.

Mais nous pouvons décider de ne plus être systématiquement surpris par leurs conséquences.

Le véritable enjeu pour l’Afrique n’est donc pas seulement de savoir comment survivre au prochain choc.

“C’est de construire les capacités qui permettront de l’anticiper, de l’absorber et, lorsque cela est possible, de le transformer en accélérateur de souveraineté, d’investissement et de développement”.

C’est peut-être là que se joue une partie essentielle de l’avenir économique et social du continent.

 

Gervais MOUSSONGO

(Expert- Consultant en Intelligence Économique – Influence – GéoÉconomie & GéoStratégie)

Managing Partner

ADVALYS Consulting Group

Intelligence • Engineering • Finance • Technology • Impact

Les commentaires sont fermés, mais trackbacks Et les pingbacks sont ouverts.

Accueil
Radio
Tv
Replays