António Guterres alerte sur l’impunité des crimes contre les journalistes : « Six meurtres sur sept restent impunis »

À l’occasion de la Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes, célébrée ce 2 novembre, le Secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a dénoncé la persistance des violences contre les professionnels des médias. Face au nombre de journalistes tués et à la faiblesse des poursuites judiciaires, il appelle à renforcer leur protection et à mettre fin à l’impunité des auteurs de ces crimes.
Informer peut encore coûter la vie. À travers le monde, les journalistes continuent de subir des menaces, des violences et des assassinats dans l’exercice de leur profession. Pourtant, dans la majorité des cas, les auteurs de ces crimes échappent à la justice. Une situation qui menace non seulement la sécurité des professionnels des médias, mais aussi le droit des citoyens à une information libre et indépendante.
C’est le constat dressé par le Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, António Guterres, dans son message à l’occasion de la Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes, célébrée ce lundi 2 novembre.
« Aujourd’hui encore, à travers le monde, des journalistes payent un lourd tribut pour avoir simplement dit la vérité », a-t-il déclaré, mettant en lumière les risques auxquels sont confrontés ceux qui enquêtent, documentent les faits et portent l’information à la connaissance du public.
Au-delà des violences elles-mêmes, António Guterres s’inquiète particulièrement de l’absence de justice pour les victimes. Les chiffres qu’il avance témoignent de l’ampleur du problème et de la nécessité d’agir.
« Au cours de l’année écoulée, au moins 34 journalistes ont perdu la vie. Or, six meurtres de journalistes sur sept restent impunis. Et dans les situations de conflit, le taux d’impunité avoisine les 100 % », a-t-il souligné.
Ces données mettent en évidence les difficultés persistantes à identifier, poursuivre et sanctionner les responsables de crimes commis contre les journalistes. Lorsque ces actes restent impunis, ils fragilisent davantage la liberté de la presse et peuvent favoriser la répétition des violences.
Pour les professionnels des médias, la menace ne se limite donc pas aux attaques physiques. Les intimidations, les pressions et la crainte de représailles peuvent également entraver le travail journalistique, notamment lorsqu’il s’agit de couvrir des sujets sensibles ou de révéler des faits d’intérêt public.
Pour António Guterres, la sécurité des journalistes est indissociable de la défense des droits humains, de la démocratie et de l’État de droit. Leur permettre d’exercer leur métier sans subir de menaces constitue une condition essentielle au fonctionnement d’une société informée et démocratique.
« Rien ne devrait empêcher les journalistes d’exercer leur métier, qui est une condition indispensable du respect des droits humains, de la démocratie et de l’état de droit », a-t-il insisté.
À travers cet appel, le chef de l’ONU exhorte les États et la communauté internationale à prendre des mesures concrètes pour garantir la sécurité des professionnels des médias, lutter contre les violences et faire en sorte que les auteurs de crimes répondent de leurs actes devant la justice.
La Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes rappelle ainsi une exigence fondamentale : la protection de ceux qui informent ne peut se limiter aux déclarations de principe. Elle doit se traduire par des mécanismes efficaces de prévention, des enquêtes sérieuses et des sanctions contre les responsables.
Car lorsque les crimes contre les journalistes restent impunis, c’est aussi la liberté d’informer et le droit du public à connaître la vérité qui sont mis en danger.
Thierno Seydou Diallo pour planète7.info
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