Médias en Guinée : Boubacar Yacine Diallo dénonce le désordre et la prolifération des télés web

sonoco sites

Le président de la Haute Autorité de la communication (HAC), Boubacar Yacine Diallo, dénonce la multiplication des organes de presse créés sans moyens suffisants, notamment sur Internet. Il appelle à davantage de rigueur, de responsabilité et de professionnalisme dans un paysage médiatique guinéen en pleine mutation.

La facilité de création des médias à l’ère du numérique est-elle en train de fragiliser le paysage médiatique guinéen ? C’est l’une des préoccupations soulevées par Boubacar Yacine Diallo, président de la Haute Autorité de la communication (HAC). Le responsable de l’organe de régulation critique la prolifération des médias, particulièrement ceux lancés avec des moyens limités, et appelle à mettre fin aux pratiques qu’il considère comme un désordre dans le secteur.

Dans sa déclaration, Boubacar Yacine Diallo s’attaque notamment à la tendance de certains journalistes à devenir promoteurs de médias sans disposer des ressources nécessaires pour assurer leur fonctionnement. Il estime que cette situation soulève des interrogations sur la viabilité économique des organes de presse et les conditions d’exercice du métier.

« La Haute Autorité de la Communication fait un combat assidu, acharné et sans relâche contre les petits patrons très endettés, des petits patrons très embêtés et parfois sans ressources, qui veulent être des patrons », a-t-il déclaré.

Le président de la HAC pointe également la multiplication des médias numériques, dont la création et la diffusion des contenus sont facilitées par les téléphones portables et l’accès à Internet. À ses yeux, cette accessibilité ne doit pas conduire à banaliser la création et la gestion d’un organe de presse.

« Chaque journaliste est devenu aujourd’hui patron avec son téléphone simplement et sa connexion Internet. Ce désordre doit s’arrêter », a-t-il martelé.

Cette sortie met en lumière les préoccupations du président de la HAC concernant l’organisation du secteur médiatique guinéen. Elle pose notamment la question des moyens financiers, des capacités de gestion et des responsabilités qui accompagnent la création d’un média.

Si les technologies numériques ont considérablement facilité la production et la diffusion de l’information, la déclaration de Boubacar Yacine Diallo rappelle que l’exercice du journalisme ne se limite pas à la possession d’un équipement ou à la maîtrise des outils de communication. Il implique également des exigences professionnelles et déontologiques.

Le président de l’organe de régulation insiste ainsi sur les qualités humaines et professionnelles indispensables à l’exercice du métier. Selon lui, un journaliste doit savoir faire preuve de modestie et de discrétion, sans renoncer à la fermeté et à l’exigence lorsqu’il est confronté à l’actualité.

Pour illustrer cette conception du journalisme, il établit un parallèle avec la pratique médicale, en particulier la chirurgie, qui exige à la fois de la compassion et de la rigueur.

« Un journaliste doit être modeste, il doit être discret, mais il doit en même temps être exigeant et ferme quand il est face à l’actualité, comme un chirurgien quand il est en face d’un malade. Il a de la compassion, mais il déchire pour soigner. C’est ça le journaliste, ni plus ni moins », a-t-il expliqué.

À travers ces déclarations, Boubacar Yacine Diallo remet au centre du débat la structuration du paysage médiatique guinéen et les responsabilités des promoteurs d’organes de presse. Son intervention intervient dans un contexte où les plateformes numériques offrent de nouvelles possibilités de production et de diffusion de l’information, tout en transformant les pratiques journalistiques.

Toutefois, la question de la prolifération des médias ne se résume pas aux moyens techniques ou financiers de leurs promoteurs. Elle renvoie également aux conditions d’accès au secteur, à la qualité de l’information diffusée et au respect des règles professionnelles.

En dénonçant ce qu’il qualifie de « désordre », le président de la HAC défend une vision du journalisme fondée sur la rigueur, la responsabilité et l’exigence. Reste que l’encadrement de cette évolution du paysage médiatique pose une question essentielle : comment concilier la nécessité d’un secteur professionnel et responsable avec les possibilités d’expression offertes par le numérique ?

Oumar Sylla Bah pour Planete7.info

Contact Planete7.info : 624045895/625214852

Planete7guinee@gmail.com

Les commentaires sont fermés, mais trackbacks Et les pingbacks sont ouverts.

Accueil
Radio
Tv
Replays