Kindia : les vendeuses du Grand Marché manifestent contre la mise en bail des espaces commerciaux

Privées de leurs anciens emplacements et contraintes de vendre au bord des routes, des femmes vendeuses du Grand Marché de Kindia sont descendues dans la rue ce lundi 2 novembre 2026. Elles dénoncent la mise en bail de plusieurs espaces commerciaux et interpellent le président de la République, Mamadi Doumbouya, pour obtenir des places leur permettant de reprendre leurs activités dans des conditions dignes et sécurisées.
La colère est palpable au Grand Marché de Kindia. Ce lundi 2 novembre, des femmes vendeuses ont manifesté pour dénoncer les conséquences de la mise en bail de plusieurs espaces commerciaux. Selon elles, cette politique les prive de leurs anciens emplacements, fragilise leurs activités et compromet leur capacité à subvenir aux besoins de leurs familles.
Désormais contraintes d’exposer leurs marchandises au bord des routes, ces commerçantes disent vivre dans une situation précaire, entre difficultés économiques et risques liés à la circulation. Elles dénoncent également le non-respect des engagements qui leur auraient été pris par les autorités et réclament une intervention urgente pour trouver une issue à cette crise.

Présidente des femmes vendeuses de Kindia, Hadja Marie Bangoura, connue sous le surnom de « Marie Avarie », exprime son exaspération face à ce qu’elle considère comme une succession de promesses non tenues.
« Trop, c’est trop ! On nous a tellement amadouées avec les fausses promesses dans le marché de Kindia. Chaque maire qui vient ici nous trompe. Tout le marché est mis en bail au détriment des femmes. Aujourd’hui, nous n’avons plus de places et nous sommes obligées de vendre sur la route, au risque de nos vies. Pourtant, nous continuons à payer les taxes chaque jour », déplore-t-elle.

Au-delà de la dénonciation, la responsable des vendeuses réclame une intervention directe du chef de l’État pour permettre aux commerçantes de récupérer leurs anciens emplacements. Elle s’interroge notamment sur la différence de traitement qu’elle estime subir par rapport à d’autres catégories de commerçants.
« Nous demandons au président Mamadi Doumbouya, père des orphelins, de nous aider à récupérer nos anciennes places, aujourd’hui mises en bail et déjà construites, pour que nous puissions exercer librement nos activités. Lorsque les bouchers ont été déguerpis, des places leur ont été attribuées. Pourquoi pas nous ? », interroge-t-elle.

Le témoignage de Bountouraby Camara traduit également le désarroi des commerçantes. Selon elle, les vendeuses avaient accepté de libérer leurs anciens emplacements à la suite d’engagements des autorités concernant la construction d’un marché et l’attribution de hangars. Mais la réalité serait tout autre.
« Vraiment, nous souffrons énormément ici. Les autorités nous avaient demandé de libérer les lieux en promettant de construire le marché et de nous attribuer des hangars. Mais, à la place, nous voyons des bâtiments à étages avec des boutiques. Aujourd’hui, nous n’avons plus d’endroit où étaler nos marchandises. Nous sommes installées au bord de la route et on nous demande également de quitter ces lieux. Si le président ne vient pas à notre secours, nous ne savons plus quoi faire », témoigne-t-elle.

Pour ces femmes, l’absence d’emplacements adaptés constitue un obstacle majeur à la poursuite de leurs activités commerciales. Au-delà de la perte de leurs places habituelles, elles redoutent de voir leurs revenus diminuer davantage, alors que la vente de marchandises représente pour beaucoup leur principale source de subsistance.
Fatoumata Sylla, également vendeuse au Grand Marché de Kindia, souligne les conséquences sociales de cette situation. Elle attire particulièrement l’attention sur le sort des veuves et des femmes qui assument seules les charges de leur foyer.
« Aujourd’hui, nous sommes dans le regret total face à cette situation préoccupante. Parmi nous, il y a beaucoup de femmes veuves. Nous n’avons plus de places au marché et, même là où nous étions installées, on vient nous déplacer. Nous sommes des pauvres et nous demandons au président de nous aider à obtenir des places pour nourrir nos enfants. Si nos enfants ne deviennent ni bandits ni prostituées, c’est parce que leurs mamans se battent pour leur avenir », affirme-t-elle.

À travers cette manifestation, les vendeuses du Grand Marché de Kindia réclament des solutions concrètes à leurs difficultés. Elles souhaitent retrouver des emplacements appropriés afin de poursuivre leurs activités commerciales dans des conditions plus sûres et préserver les moyens de subsistance de leurs familles.
En attendant une éventuelle réponse à leurs revendications, elles misent sur une intervention du président de la République pour sortir de cette impasse. Au moment de la rédaction de cet article, les autorités locales ne s’étaient pas encore exprimées sur cette manifestation.

Sylla Ama, correspondant à Kindia pour planète7.info
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