Simandou Mining Summit : « La Guinée ne cherche pas des acheteurs de passage », prévient Djiba Diakité

À quelques jours du Simandou Mining Summit, annoncé pour le 11 novembre 2026 sur l’île de Kassa, le ministre directeur de cabinet de la présidence et président du comité stratégique de Simandou, Djiba Diakité, précise les ambitions de ce rendez-vous économique. Au-delà du mégaprojet minier, les autorités guinéennes veulent attirer des investissements durables, accélérer la transformation locale et faire du contenu local un levier de développement.
La Guinée veut changer de dimension économique et entend le faire savoir aux investisseurs internationaux. Avec le Simandou Mining Summit, prévu le 11 novembre 2026 sur l’île de Kassa, les autorités affichent une ambition qui dépasse la promotion du secteur minier : faire émerger de nouveaux partenariats industriels, diversifier l’économie et renforcer les retombées des grands projets sur les entreprises et les populations guinéennes.

Pour Djiba Diakité, ministre directeur de cabinet de la présidence et président du comité stratégique de Simandou, ce rendez-vous ne doit pas être une conférence supplémentaire consacrée aux ressources naturelles. Il doit constituer un cadre de rencontres directes entre les investisseurs, les décideurs publics, les opérateurs économiques, les institutions financières et les porteurs de projets.
« Simandou Mining Summit n’est pas une conférence de plus dans le calendrier minier international. C’est le rendez-vous officiel de l’État guinéen avec celles et ceux qui veulent investir sérieusement dans notre pays », affirme-t-il.
L’objectif affiché est de transformer les échanges en engagements concrets. Présentations de projets, rencontres d’affaires préprogrammées, expositions, visites d’infrastructures et dialogues stratégiques doivent permettre aux participants d’identifier des partenaires et de préparer de nouvelles opérations d’investissement.
Le message du ministre est sans ambiguïté : « On ne vient pas à Conakry pour écouter des promesses. Ce temps est révolu. Désormais, on vient à Conakry pour voir ce qui fonctionne et décider ce que l’on construit ensemble. »

Dans la vision défendue par Djiba Diakité, le véritable enjeu du mégaprojet Simandou réside dans sa capacité à entraîner une transformation économique plus large. Le chemin de fer, les infrastructures portuaires et les activités minières sont appelés à soutenir l’émergence d’un ensemble de nouvelles activités industrielles et commerciales.
« Simandou n’est pas seulement une mine, c’est un corridor de prospérité, c’est un corridor de développement. Autour de ce rail, de ce port, une économie entière est à bâtir », souligne-t-il.
Parmi les priorités évoquées figure la transformation locale des ressources naturelles. La sidérurgie, le raffinage de l’aluminium et le développement de nouvelles chaînes de valeur industrielles sont présentés comme des secteurs susceptibles d’élargir les perspectives économiques du pays.

L’ambition est de ne plus limiter les retombées de l’exploitation minière à l’extraction et à l’exportation des matières premières. Pour les autorités, l’enjeu consiste à attirer des investisseurs capables de contribuer à la transformation des ressources sur place, à la création d’emplois et au développement d’un tissu industriel national.
Cette orientation suppose toutefois des investissements importants dans les infrastructures, notamment l’énergie, le transport et la logistique. Djiba Diakité cite également les zones économiques spéciales, l’agro-industrie, les services numériques, la santé et la formation parmi les domaines offrant des perspectives aux investisseurs.
La diversification économique apparaît ainsi comme l’un des objectifs majeurs du sommet. L’enjeu est de faire du dynamisme attendu autour de Simandou un moteur de croissance pour plusieurs secteurs, au-delà de l’industrie extractive.

Attirer les capitaux étrangers ne suffit pas. Encore faut-il que les investissements contribuent à développer les compétences nationales, à soutenir les entreprises guinéennes et à créer des emplois accessibles aux populations.
Sur ce point, Djiba Diakité insiste sur trois priorités : l’emploi des Guinéens, les opportunités d’affaires pour les entreprises nationales et la formation en vue d’un transfert de compétences et de technologies.
« Le contenu local n’est pas, de notre point de vue, une contrainte imposée à l’investisseur, c’est la garantie de la durabilité de son investissement », soutient-il.
Cette position traduit une volonté de faire du contenu local un élément central des partenariats économiques. L’objectif est notamment de permettre aux entreprises guinéennes de prendre part aux chaînes de sous-traitance, aux prestations de services et aux activités qui se développeront autour des grands projets.

Le responsable met également en avant le potentiel démographique du pays, en rappelant que plus de 70 % de la population a moins de 35 ans. Cette jeunesse représente, selon lui, une ressource stratégique à condition de bénéficier de formations adaptées aux besoins de l’économie.
C’est dans cette perspective qu’il évoque l’initiative Simandou Académie, destinée à contribuer au développement des compétences et au transfert de savoir-faire.
Pour illustrer cette ambition, Djiba Diakité cite le parcours de Fanta Bangoura, qu’il présente comme la première Guinéenne formée dans le cadre de cette initiative à conduire un train minéralier sur le corridor de plus de 600 kilomètres, comprenant notamment un tunnel d’environ 12 kilomètres.

« C’est le visage de cette génération, c’est le visage de cette nouvelle Guinée qui met le capital humain au centre de son développement », déclare-t-il.
Au-delà de cet exemple, la question demeure celle de la capacité des dispositifs de formation à préparer durablement les jeunes aux métiers de l’industrie, du transport, de la maintenance et de la logistique.

Pour convaincre les investisseurs de s’engager sur le long terme, les autorités guinéennes mettent également en avant les partenariats industriels mobilisés autour de Simandou.
Djiba Diakité cite notamment Rio Tinto et Baowu, deux acteurs majeurs associés au projet, dont les engagements témoignent, selon lui, de la capacité de la Guinée à porter des investissements de grande ampleur. Il évoque plus de 20 milliards de dollars d’investissements consacrés au projet Simandou.

Le ministre mentionne également Wabtec, entreprise spécialisée dans les équipements ferroviaires, à laquelle il attribue un engagement de financement de plus d’un milliard de dollars sur quatorze ans dans le cadre de ses relations avec la Compagnie du TransGuinéen. Cet exemple illustre, à ses yeux, la possibilité de bâtir des partenariats industriels durables autour des infrastructures du pays.
Mais Djiba Diakité insiste sur un principe : ces relations doivent reposer sur le respect des engagements de chaque partie. L’État entend poursuivre les réformes, sécuriser le cadre d’investissement et préparer des projets susceptibles d’être financés, tandis que les investisseurs sont appelés à apporter leurs capitaux, leurs technologies, leurs compétences et leur accès aux marchés.

« La condition essentielle pour nous, c’est surtout le respect mutuel des engagements, dans un esprit gagnant-gagnant », affirme-t-il.
Cette exigence sera déterminante pour transformer les annonces d’investissement en réalisations concrètes et pour garantir que les intérêts des partenaires internationaux puissent s’articuler avec les priorités de développement de la Guinée.
En choisissant le 11 novembre 2026 à 11 h 11 pour l’ouverture du Simandou Mining Summit, sur l’île de Kassa, les organisateurs entendent également établir un lien symbolique avec le premier train qui a sifflé au port de Moribaya un an auparavant.

Au-delà de cette dimension symbolique, le rendez-vous doit permettre de prolonger la dynamique engagée autour du mégaprojet en identifiant de nouvelles opportunités d’affaires et en rapprochant les porteurs de projets des partenaires financiers et industriels.
Pour la Guinée, l’enjeu est désormais de démontrer que les infrastructures minières peuvent servir de point d’appui à une transformation économique plus profonde. Cela implique de développer les chaînes de valeur locales, de renforcer les capacités des entreprises nationales et de faire de la formation un instrument concret d’insertion professionnelle.

L’ambition affichée est considérable. Sa réussite dépendra toutefois de la concrétisation des investissements, de la création effective d’emplois, de l’accès des entreprises guinéennes aux marchés et de la capacité des projets à produire des retombées durables pour les populations.
C’est précisément sur ce terrain que le Simandou Mining Summit sera attendu : non seulement comme une vitrine des ambitions économiques de la Guinée, mais aussi comme un cadre capable de faire émerger des partenariats solides et des projets mesurables.
Car, derrière l’appel aux investisseurs, une question centrale se dessine : comment faire de Simandou un levier de prospérité partagée, au bénéfice des entreprises, des travailleurs et de l’ensemble de l’économie guinéenne ?
Mountaga Pandiara Diallo pour planète7.info
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