Université de Sonfonia : entre réorganisation des cours et difficultés matérielles, une rentrée sous tension

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La rentrée universitaire 2026-2027 a débuté le lundi 19 octobre à l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia. Au cours de cette première semaine, la mobilisation progressive des étudiants s’accompagne de difficultés d’orientation, de changements de salles et d’inquiétudes liées à la nouvelle programmation des cours. Entre contraintes infrastructurelles et préoccupations financières, étudiants et responsables pédagogiques appellent à une meilleure adaptation de l’organisation universitaire aux réalités du campus.

Dans les couloirs et les espaces de l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia, les étudiants reprennent progressivement leurs habitudes. Mais cette rentrée universitaire ne se déroule pas sans difficultés. Pour les nouveaux inscrits, il faut découvrir les lieux et retrouver les salles de cours. Pour les anciens, il faut s’adapter aux changements intervenus pendant les vacances, dans un campus encore marqué par des travaux.

Au département des lettres et sciences du langage, les responsables pédagogiques sont particulièrement mobilisés pour orienter les étudiants. Une mission qui s’avère délicate, notamment pour les nouveaux venus, encore peu familiers avec l’organisation des lieux.

« Notre problème d’abord, ce sont les étudiants de première année, parce qu’ils ne connaissent pas encore l’Université de Sonfonia, c’est-à-dire l’enceinte même de l’université. Même les anciens, qui sont en licence 2 et 3, ont trouvé l’université en chantier », explique Pathé Netchetaye, chef du département des lettres et sciences du langage.

À cette difficulté d’adaptation s’ajoutent les changements d’affectation de certaines salles. Des espaces utilisés avant les vacances ne sont plus nécessairement destinés aux mêmes enseignements. Résultat : les responsables doivent intervenir directement sur le terrain pour guider les étudiants vers leurs nouvelles salles.

« Les salles de classe qu’ils ont laissées ici pour aller en grandes vacances ont changé. Au moment où nous parlons, certains sont déjà installés dans leurs salles respectives et, avec ce changement, nous sommes à la porte pour pouvoir orienter certains vers leur salle », précise-t-il.

Au-delà des problèmes d’orientation, l’état des infrastructures constitue une autre préoccupation en ce début d’année universitaire. Alors que les enseignements reprennent progressivement, certaines salles ne disposent pas encore des équipements nécessaires pour accueillir les étudiants dans de bonnes conditions.

Une situation qui inquiète les responsables pédagogiques, confrontés à la nécessité d’assurer la continuité des cours malgré les contraintes matérielles.

« Vraiment, nous avons un peu d’inquiétude par rapport aux travaux ici, parce qu’il y a des salles qui ne sont pas équipées pour installer certains étudiants », confie Pathé Netchetaye.

Face à ces difficultés, le chef de département recommande aux étudiants, anciens comme nouveaux, de privilégier la ponctualité. Au-delà d’une simple question de discipline, cette habitude leur permettrait de mieux s’orienter et de comprendre progressivement le fonctionnement de l’établissement.

« Moi, je dis aux nouveaux et aux anciens de venir à temps pour pouvoir s’adapter au mouvement de l’université. Ici, nous ne sommes pas au lycée, nous sommes maintenant dans l’enseignement supérieur. S’ils viennent à temps, ils auront suffisamment de temps pour comprendre comment fonctionne l’université », conseille-t-il.

Un appel d’autant plus important que les changements de salles et l’organisation du campus peuvent compliquer l’accès aux enseignements pour les étudiants qui arrivent en retard.

Sur le campus, la présence des étudiants augmente progressivement depuis le début de la semaine. Malgré les difficultés d’adaptation, l’envie de reprendre les cours est perceptible. Mais derrière cette mobilisation se dessinent d’autres inquiétudes, notamment autour de la nouvelle programmation des enseignements.

Étudiant en troisième année de licence en histoire, Sylla Ibrahima Sory observe une reprise progressive des activités académiques.

« L’engouement est là. Les étudiants commencent à venir petit à petit depuis le lundi 19 octobre 2026 », constate-t-il.

Toutefois, l’enthousiasme de la rentrée est tempéré par un changement d’emploi du temps qui suscite des interrogations chez certains apprenants. Selon cet étudiant, les cours, auparavant concentrés sur trois jours par semaine, sont désormais programmés sur une période plus longue.

« Depuis lundi, nous sommes confrontés à un grand problème lié au changement du programme des cours. Avant, nous n’avions que trois jours de cours par semaine, de 8 heures à 18 heures. Mais, à notre grand étonnement, nous avons trouvé un programme prolongé jusqu’au vendredi, voire même au samedi », déplore-t-il.

Cette nouvelle organisation soulève des préoccupations particulières chez les étudiants originaires de l’intérieur du pays, venus poursuivre leurs études à Conakry. Pour ceux qui rencontrent déjà des difficultés à financer leur logement, leur alimentation et leurs déplacements, l’augmentation du nombre de jours de cours pourrait entraîner des dépenses supplémentaires.

Sylla Ibrahima Sory estime que cette situation risque de fragiliser davantage les étudiants les plus démunis, notamment ceux qui ne disposent pas d’un soutien financier régulier.

« Vous savez, il y a certains qui ont quitté l’intérieur du pays et qui ont été orientés ici à Conakry. Certains ont difficilement accès à la nourriture, et l’accès au logement est très compliqué. Comment peut-on envoyer ces étudiants suivre les cours pendant cinq à six jours, surtout lorsqu’ils n’ont pas de source de revenus ? Le problème de transport pourrait également peser économiquement sur eux », alerte-t-il.

Pour cet étudiant, les autorités universitaires devraient réexaminer la programmation des enseignements afin de mieux prendre en compte les conditions de vie des apprenants. L’objectif, selon ses préoccupations, est de concilier les exigences académiques avec les réalités sociales et économiques auxquelles sont confrontés de nombreux étudiants.

Au terme de cette première semaine, la rentrée universitaire à Sonfonia révèle des défis qui dépassent la seule reprise des cours. L’orientation des nouveaux étudiants, les changements de salles, l’équipement des infrastructures et les contraintes liées au nouvel emploi du temps figurent parmi les principales difficultés soulevées sur le campus.

Si la mobilisation progressive des étudiants témoigne d’une volonté de renouer avec les apprentissages, les témoignages recueillis mettent également en lumière la nécessité d’améliorer les conditions d’accueil et d’organisation des enseignements.

Pour les responsables pédagogiques, il s’agit d’accompagner les étudiants dans leur adaptation à l’environnement universitaire. Pour les apprenants, l’enjeu consiste aussi à pouvoir suivre les cours sans que les contraintes matérielles et financières ne deviennent un obstacle supplémentaire à leur parcours.

À Sonfonia, cette rentrée universitaire commence donc sous le signe de l’adaptation. Sa réussite dépendra notamment de la capacité des différents acteurs à trouver des réponses aux difficultés exprimées, afin de garantir aux étudiants des conditions d’apprentissage plus favorables.

Antoine Neima pour Planete7.info

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