
Le concours de recrutement des agents de santé à la Fonction publique a débuté ce mercredi 21 octobre 2026 à Kindia. Au total, 1 667 candidats sont répartis dans trois centres de la région administrative, avec l’ambition de décrocher l’une des 4 500 places ouvertes à l’échelle nationale. Particularité de cette édition : les épreuves se déroulent sur des tablettes numériques, un dispositif présenté par les autorités comme un moyen de renforcer la transparence et de garantir un recrutement fondé sur le mérite.
À Kindia, le recrutement des futurs agents de santé a pris une dimension numérique. Dès 9 heures, ce mercredi, les premiers candidats aux formations de brevet de technicien supérieur (BTS) et de brevet de technicien (BT) ont entamé les épreuves dans l’unique centre de la préfecture. Dans les salles, les compositions se sont déroulées dans le calme, sous la supervision des équipes chargées d’assurer le bon déroulement du concours.
Répartis entre Kindia, Coyah et Dubréka, les candidats de la région administrative se disputent une partie des 4 500 places disponibles au niveau national. Pour les responsables de l’organisation, l’objectif est de sélectionner les profils les plus aptes à intégrer les formations préparant aux métiers de la santé.

Inspecteur régional de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation et de l’Enseignement technique de Kindia, Seydou Condé insiste sur la nécessité de faire prévaloir le mérite dans le processus de sélection.
« Nous avons eu des milliers de candidats au compte de la région, répartis dans trois préfectures, à savoir Kindia, Coyah et Dubréka. Pour le moment, les statistiques ne sont pas encore disponibles. Toutefois, nous espérons sélectionner les meilleurs, car un concours repose sur le principe du mérite », explique-t-il.
Au-delà de la sélection, cette édition se distingue par la dématérialisation des épreuves et de leur correction. Pour les autorités éducatives, le recours aux tablettes doit contribuer à limiter les risques de manipulation et à renforcer la crédibilité du processus.
« Cette année, le concours est marqué par la digitalisation. Vous savez que la santé ne s’improvise pas. Nous voulons de la qualité, et qui parle de qualité parle forcément de personnes qualifiées. C’est pourquoi nous avons digitalisé tout le système, depuis les tablettes qui contiennent les épreuves jusqu’à la correction. Tout est dématérialisé afin de garantir la transparence », précise Seydou Condé.
Pour cette première journée, les candidats sont évalués en français, en mathématiques et en biologie. Les compositions se déroulent de 9 heures à 16 heures, selon le calendrier présenté par les responsables du concours.

Coordinateur régional des concours d’accès, Sékou Joe Sylla souligne que la sélection repose également sur les exigences propres aux professions de santé. Selon lui, la réduction du nombre de candidats présents dans les centres s’inscrit dans une volonté de privilégier les compétences nécessaires à ces métiers.
« La particularité de ce concours, comme vous avez pu le constater, est qu’il y a moins de candidats présents sur les sites. Le nombre de candidats a été réduit, car les métiers de la santé exigent des compétences particulières. Il s’agit de sélectionner les meilleurs parmi les postulants », indique-t-il.
Le passage aux épreuves numériques nécessite toutefois une procédure précise. Avant de commencer, chaque candidat doit saisir son numéro d’identification nationale (INA) et les références de son procès-verbal (PV), puis vérifier et valider ses informations personnelles. Ce n’est qu’après ces étapes qu’il peut accéder aux sujets.
Afin de prévenir les éventuelles difficultés techniques, des dispositions d’assistance ont été prévues. L’Institut national de la statistique (INS) apporte notamment son appui au dispositif mis en place pour le déroulement des épreuves.
Le concours se poursuit sur deux jours. Après les candidats aux formations de BTS et de BT, qui composent ce mercredi, ceux des ATS, les agents techniciens de santé, sont attendus dans les centres le jeudi 22 octobre.

Présent à la cérémonie de lancement au nom du gouverneur de la région administrative de Kindia, Mamadi Manténin, chef de cabinet du gouvernorat, a rappelé l’importance de ce recrutement pour répondre aux besoins en personnel des structures sanitaires.
Il a notamment évoqué le manque de professionnels qualifiés dans plusieurs localités, où les besoins concernent aussi bien les aides-infirmiers et les sages-femmes que les laborantins, les infirmiers et les médecins.
« Cette initiative répond aux besoins exprimés par nos communautés en aides-infirmiers, en sages-femmes et surtout en laborantins dans nos centres et postes de santé. Dans nos préfectures et sous-préfectures, nous avons besoin de médecins, d’infirmiers et de laborantins. C’est une politique que ce département accompagne conformément à la vision du chef de l’État », a-t-il déclaré.
Le représentant du gouverneur a également insisté sur l’impartialité attendue dans le traitement des candidatures. À ses yeux, le recours aux outils numériques doit permettre de renforcer la confiance dans les résultats et d’écarter les soupçons de favoritisme ou de corruption.
« Les jeunes qui seront retenus sont ceux qui le méritent réellement. Les candidats ne doivent s’en prendre à personne en cas d’échec. Les candidatures ont été traitées par une application, et les résultats suivront le même principe. Personne ne devrait accuser un chef de service d’avoir favorisé un candidat ou d’avoir reçu de l’argent pour permettre une admission », a-t-il martelé.
Il a, par ailleurs, encouragé les candidats à faire preuve de courage et de détermination, tout en saluant l’implication des responsables éducatifs et techniques mobilisés pour l’organisation du concours.

Au-delà des épreuves, ce recrutement représente un enjeu important pour le système de santé guinéen. Il s’agit, d’une part, d’identifier des candidats disposant des compétences requises pour exercer dans les différentes filières et, d’autre part, de contribuer au renforcement des ressources humaines des structures sanitaires.
À Kindia, Coyah et Dubréka, les candidats attendent désormais l’issue de cette sélection, qui doit les départager sur la base de leurs performances. Pour les autorités, la digitalisation constitue un levier destiné à renforcer la transparence du processus. Reste que la crédibilité du dispositif se mesurera aussi à la régularité de son application et à la publication de résultats conformes au mérite des candidats.
Sylla Ama, correspondant à Kindia pour Planete7.info
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