Université de Labé : entre dortoirs limités et loyers élevés, le logement étudiant sous pression

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Avec près de 7 000 étudiants accueillis dans une localité d’environ 3 000 habitants, l’Université de Labé fait face à un défi majeur en matière d’hébergement. Alors que les dortoirs universitaires ne disposent que de 864 places, les difficultés d’accès aux logements privés persistent à Hafia, où les autorités locales tentent de sensibiliser les propriétaires.

Se loger à proximité de l’Université de Labé reste une préoccupation majeure pour de nombreux étudiants. Entre la promiscuité dans certains dortoirs, le coût des loyers et les exigences de paiement anticipé imposées par certains propriétaires, l’accès à un logement décent constitue un véritable défi. Face aux préoccupations exprimées par les étudiants, le recteur de l’établissement, Dr Mohamed Chérif Sow, apporte des précisions sur les capacités d’hébergement disponibles, tandis que le maire de la commune rurale de Hafia, Thierno Abou Diallo, revient sur les difficultés qui compliquent les relations entre bailleurs et locataires.

Pour le recteur de l’Université de Labé, l’ampleur des besoins en logement s’explique notamment par l’afflux important d’étudiants dans une localité dont les capacités d’accueil n’ont pas suffisamment été anticipées.

L’établissement compte environ 7 000 étudiants, alors que la commune rurale de Hafia abrite près de 3 000 habitants. Un déséquilibre démographique qui exerce une pression considérable sur l’offre de logements et les infrastructures d’accueil.

« Notre communauté estudiantine compte autour de 7 000 étudiants. La difficulté est réelle. Une commune qui compte environ 3 000 habitants accueille en son sein 7 000 étudiants d’un coup, sans que la commune ait été préparée », explique Dr Mohamed Chérif Sow.

Cette situation met en évidence les difficultés auxquelles sont confrontées les autorités universitaires et locales pour répondre à une demande croissante, dans un environnement où l’offre de logements demeure insuffisante.

Si les difficultés d’hébergement sont réelles, le recteur tient toutefois à préciser que des places restent disponibles dans les dortoirs universitaires. En attendant la livraison de nouveaux bâtiments, les capacités actuelles permettent d’accueillir une partie des étudiants à un tarif mensuel de 10 000 francs guinéens.

« Avant la livraison des nouveaux bâtiments, nous avons actuellement une capacité de 864 places disponibles, dont 483 sont occupées à ce jour. Le tarif mensuel est de 10 000 francs guinéens. Il y a donc des places disponibles au niveau des dortoirs », souligne-t-il.

Ces chiffres traduisent une situation contrastée : malgré les difficultés signalées par les étudiants, une partie des capacités d’hébergement existantes n’est pas encore occupée. Le renforcement de l’information sur les places disponibles pourrait ainsi contribuer à orienter certains étudiants vers les infrastructures universitaires, sans pour autant résoudre l’ensemble des besoins en logement.

Au-delà des dortoirs universitaires, le marché locatif privé constitue une autre source de préoccupation. Certains propriétaires exigent plusieurs mois de loyer, voire une année entière, avant l’installation des étudiants. Une pratique qui peut représenter un obstacle financier pour ceux qui disposent de ressources limitées.

Le maire de la commune rurale de Hafia, Thierno Abou Diallo, affirme que les autorités locales entreprennent des démarches de sensibilisation auprès des propriétaires afin de favoriser l’accès au logement et de les encourager à revoir leurs tarifs à la baisse.

Cependant, l’élu estime que les difficultés ne sont pas uniquement liées aux prix pratiqués. Il évoque également des comportements de certains locataires qui, selon lui, fragilisent les relations avec les bailleurs.

« Nous sommes en train de sensibiliser nos citoyens pour qu’ils acceptent de loger les étudiants et de diminuer les prix des logements. Mais les étudiants aussi doivent faire attention. Nous avons constaté plusieurs cas où des étudiants sont partis en emportant les clés des maisons ou les ont remises à leurs camarades sans demander l’autorisation des propriétaires », déplore-t-il.

Le maire fait également état de dégradations de maisons et de loyers impayés. Des situations qui, selon lui, alimentent la méfiance de certains propriétaires et les rendent moins enclins à louer leurs biens aux étudiants.

« Certains détériorent les maisons avant de partir, d’autres quittent les lieux sans payer les loyers. Lorsqu’un étudiant demande à payer à la fin de l’année et repart sans s’acquitter de sa dette, cela crée des problèmes de logement », ajoute Thierno Abou Diallo.

Entre une capacité d’hébergement universitaire limitée, une forte demande sur le marché locatif et des relations parfois difficiles entre propriétaires et étudiants, la question du logement demeure un enjeu important pour la communauté universitaire de Labé.

L’augmentation des capacités d’accueil, la sensibilisation des bailleurs et le respect des engagements locatifs apparaissent comme autant de pistes susceptibles d’améliorer la situation. La collaboration entre les autorités universitaires, les responsables communaux, les propriétaires et les étudiants sera déterminante pour favoriser un accès plus abordable au logement.

Au-delà de la disponibilité des places dans les dortoirs, l’enjeu reste de permettre aux étudiants de poursuivre leur formation dans des conditions de vie dignes, sans que les difficultés d’hébergement ne deviennent un obstacle supplémentaire à leur parcours universitaire.

Thierno Abdourahmane Diallo, correspondant à Labé pour Planete7.info

Contact Planete7.info : 624045895/625214852

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