Tayaki : sur la route du calvaire, les eaux gagnent du terrain et les engins lourds aggravent la souffrance des habitants

À Tayaki, sur l’axe Kobayah-Tayaki, la dégradation de la route transforme chaque déplacement en épreuve. Entre chaussée éventrée, eaux stagnantes et passage répété des gros porteurs, les populations dénoncent une situation devenue invivable et interpellent les autorités.
À Tayaki, la route ne se contente plus de relier les habitants à leurs activités. Elle est devenue le théâtre d’un quotidien difficile, où chaque déplacement se négocie avec les trous, les flaques d’eau et les portions de chaussée presque impraticables. Sur l’axe reliant Kobayah à Tayaki, les usagers font face à une dégradation qui, selon eux, s’aggrave au fil des jours.

Dans cette localité, la saison des pluies ne fait qu’accentuer les difficultés. Les eaux occupent certaines portions de la voie, tandis que le passage répété des engins lourds des sociétés opérant dans la zone est pointé du doigt par plusieurs habitants. Pour les conducteurs de taxi-moto, les conséquences se mesurent aussi bien en risques sur la route qu’en dépenses au garage.
Au bord de cet axe devenu particulièrement difficile à pratiquer, Mohamed Cissé, conducteur de taxi-moto à Tayaki, décrit une situation qui pèse directement sur son activité. Pour lui, la route est devenue une difficulté permanente, particulièrement pendant la saison des pluies.

« Vraiment, nous souffrons. Nous avons assez de difficultés ici sur la route de Tayaki, notamment sur l’axe reliant Kobayah à Tayaki. Pendant la saison pluvieuse, nous souffrons beaucoup », témoigne-t-il.
Le conducteur estime que l’ampleur des dégradations dépasse désormais les capacités des habitants à y remédier seuls.
« La façon dont cette route est délabrée, si ce n’est pas l’État, personne ne peut nous aider ici », déplore Mohamed Cissé.
Derrière les difficultés de circulation se cache une autre réalité : celle des réparations à répétition. Les motos, fortement sollicitées sur une chaussée en mauvais état, nécessitent régulièrement des interventions mécaniques. Une charge supplémentaire pour des conducteurs dont les revenus dépendent directement du nombre de trajets effectués.
« Ici, à chaque fois, tu es au garage pour réparer ta moto. Si tu dépannes aujourd’hui et que tu travailles, tu es obligé de te retourner encore demain pour réparer d’autres pannes. C’est devenu notre quotidien maintenant », explique-t-il.

Pour ces conducteurs, la route ne représente donc pas seulement un obstacle à la mobilité. Elle affecte aussi leur outil de travail et leurs revenus.
À Tayaki, la dégradation de la route se conjugue avec la présence croissante de l’eau sur certaines portions. Une situation qui inquiète les usagers et alimente les craintes des riverains.
Mohamed Cissé décrit un environnement où la circulation des engins devient de plus en plus difficile.
« L’océan et la mer se sont rencontrés et cela n’est pas bon pour nos engins », affirme-t-il.
Une expression qui traduit, à ses yeux, l’ampleur du problème auquel les habitants sont confrontés. Pour lui, l’eau prend une place de plus en plus importante sur les voies de circulation, compliquant davantage les déplacements.

Mais au-delà des motos et des difficultés de circulation, c’est l’avenir des habitants dans cette zone qui suscite des inquiétudes.
« Ici, la seule chose qui reste, c’est que l’eau va nous chasser ici », lance le conducteur de taxi-moto, visiblement préoccupé par l’évolution de la situation.
À Tayaki, plusieurs habitants mettent en cause les activités des entreprises présentes dans la zone. Ils estiment que le passage répété des camions et autres engins lourds utilisés pour le transport des agrégats contribue à accélérer la dégradation de la route.

Salifou Doumbouya, citoyen de Tayaki et extracteur de vin de palme, partage cette inquiétude. Selon lui, les gros porteurs empruntent régulièrement cet axe pour transporter des agrégats, avec des conséquences importantes sur l’état de la chaussée.
« Ici, ce sont les gros porteurs des sociétés qui se trouvent ici qui gâtent complètement nos routes. À chaque fois, leurs engins lourds ne font que faire des voyages pour transporter les agrégats. Vu leur poids, ils nous plongent dans une situation chaotique », dénonce-t-il.
Pour cet habitant, le problème ne réside pas uniquement dans la circulation des engins lourds. Il déplore également l’absence, selon lui, d’un accompagnement des entreprises pour la remise en état de la voie.
« Pourtant, ils ne nous aident pas à réparer la route ni rien, car pour eux, ce qui les concerne, ce sont leurs travaux. Tout le reste ne les regarde pas », regrette Salifou Doumbouya.
Des accusations qui traduisent le sentiment d’abandon exprimé par plusieurs riverains. Toutefois, les entreprises mises en cause n’ont pas été entendues dans les témoignages recueillis pour ce reportage.

À la question de la dégradation de la route s’ajoute celle de l’écoulement des eaux. Mohamed Cissé estime que certains travaux de remblai réalisés dans la zone pourraient contribuer à aggraver la situation.
Pour lui, lorsque les remblais entravent le passage naturel des eaux, les conséquences peuvent rapidement se faire sentir sur les voies de circulation et les habitations.
« Surtout, ce sont les entreprises qui sont ici qui sont à la cause de notre souffrance par leur mauvais travail, en faisant des remblais. Dès que tu fais des remblais, l’eau ne trouve plus son chemin. Tout le monde sait très bien qu’on ne peut pas bloquer l’eau, sinon elle risque de déborder et de créer des dégâts », soutient-il.
Une inquiétude qui renvoie à une question essentielle pour les habitants : comment assurer la circulation des eaux dans une zone déjà confrontée à une route fortement dégradée ?

Face à cette situation, les populations de Tayaki demandent une intervention des autorités. Pour elles, la réhabilitation de la route Kobayah-Tayaki ne peut plus être repoussée, alors que les difficultés de déplacement et les risques liés à l’eau continuent de peser sur le quotidien.
Salifou Doumbouya appelle à une action rapide du gouvernement.
« Donc, nous sollicitons vraiment l’appui du gouvernement pour venir nous sauver ici. Sinon, on risque d’être envahis par les eaux », alerte-t-il.
À Tayaki, la route Kobayah-Tayaki est ainsi devenue bien plus qu’un simple axe de circulation. Elle concentre les inquiétudes des conducteurs de taxi-moto, les préoccupations des habitants et les interrogations sur l’impact des activités économiques dans la zone.

Entre les nids-de-poule, les eaux stagnantes et le passage des engins lourds, les populations décrivent un quotidien marqué par les difficultés. Elles attendent désormais des mesures concrètes pour réhabiliter la voie, améliorer l’écoulement des eaux et préserver leurs conditions de vie.
Dans cette localité, l’urgence n’est plus seulement de pouvoir circuler. C’est aussi de pouvoir continuer à vivre et à travailler sans craindre que la route et les eaux ne viennent davantage bouleverser le quotidien.
Antoine Neima pour Planete7.info
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