ORGANISER ET CONTROLER LE METIER DE CAMBISTE OU CONTINUER A SUBIR LA CRISE MALGRÉ LES RÉFORMES ANNONCÉES PAR LES AUTORITÉS DU PAYS

Par ALPHA BACAR MANSARÉ (Économiste / Expert en développement national)

sonoco sites

Je tiens, à exprimer ma profonde reconnaissance à Son Excellence le Président de la République son excellence Mamadi DOUMBOUYA pour son écoute attentive et son ouverture à l’essentiel de mes premières propositions formulées face à la crise de liquidité que traverse notre pays sans oublier le site Planete7.info pour la publication.

-la démonétisation ciblée,

-l’allègement des contraintes liées à la conformité, en particulier celles relevant de la CENTIF et de ORDEF

-ainsi que la promotion de la digitalisation des opérations financières à travers la venue de la société WAVE en Guinée.

constituent des décisions importantes et courageuses, qui vont dans le sens d’un assainissement progressif de notre système financier.

Ces orientations témoignent d’une volonté claire de réforme et méritent d’être saluées.

Il ne s’agit plus de simples cambistes isolés.
Nous sommes face à un véritable système :
implanté dans les marchés, les quartiers et les centres économiques connecté entre les villes et les régions capable de mobiliser rapidement des volumes importants de francs guinéens, de dollars et d’euros.
Chaque jour, ce réseau manipule d’importantes quantités de liquidité, sans cadre légal, sans contrôle et sans traçabilité.
Un risque majeur pour la souveraineté économique.

Ce phénomène dépasse le simple déséquilibre financier.
Il remet en cause un principe fondamental :

la maîtrise de la masse monétaire par la BCRG.
Comment piloter efficacement une économie lorsque :
une partie du cash circule en dehors du système bancaire ?
des volumes significatifs de devises échappent à tout suivi ?
les autorités ne disposent pas de données fiables sur les flux réels ?
Un État qui ne maîtrise pas la circulation de sa monnaie affaiblit sa capacité de décision.
Le cœur du problème : la manipulation du cash hors cadre formel.

Aujourd’hui en Guinée, des milliards de francs guinéens, d’euros et de dollars sont manipulés quotidiennement par des acteurs non formalisés.
-Sans obligation de déclaration.
-Sans supervision.
-Sans intégration au système financier.

Cette situation n’est pas seulement anormale.
Elle est dangereuse.
Bancariser ne suffit pas : il faut encadrer et contrôler.

Dans tous les pays organisés, les activités de change sont strictement encadrées. Les opérateurs sont agréés, les transactions sont plafonnées, les clients identifiés, et surtout, les encaisses sont déclarées régulièrement aux autorités. Ce dispositif permet à l’État de suivre, en temps réel, la circulation de la monnaie et de prendre des décisions éclairées.
La Guinée doit s’inscrire dans cette logique.
Il est impératif de mettre en place une réforme structurante reposant sur trois piliers :

1-La formalisation obligatoire de tous les cambistes, avec agrément délivré par la Banque Centrale ;

2-La déclaration journalière des encaisses en GNF, USD et EUR et CFA afin de reconstituer la masse monétaire réelle ;

3-L’intégration de ces acteurs dans un système digital connecté aux banques et aux opérateurs de mobile money.

Il ne s’agit pas de combattre les cambistes parce que il rapporte beaucoup à l’économie, mais de les intégrer dans un cadre légal, transparent et bénéfique pour tous.

La formalisation des cambistes est une étape nécessaire. Mais elle ne sera efficace que si elle s’accompagne d’un véritable dispositif de contrôle.
Les structures formalisées doivent être placées sous la supervision effective de la Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG).
Des obligations claires pour les cambistes formalisés.
Une fois intégrés dans le système, les cambistes doivent respecter des règles strictes.
Ils doivent notamment :
être soumis au contrôle de la BCRG
disposer d’un compte bancaire professionnel
tenir une comptabilité minimale de leurs opérations.
Mais surtout, ils doivent être soumis à une exigence essentielle :

👉 la déclaration journalière de leurs encaisses.

Chaque cambiste agréé doit déclarer quotidiennement :

-son encaisse en francs guinéens (GNF)

-son encaisse en dollars (USD)
-son encaisse en euros (EUR)
-son encaisse en (CFA)

Comme le font déjà les banques.

Des données stratégiques pour la décision publique.
Ces informations ne sont pas secondaires. Elles sont au cœur de la gouvernance économique.

Elles permettent à la BCRG :
-d’avoir une vision réelle de la liquidité disponible

-de suivre les flux en devises

-d’anticiper les tensions sur le marché

-d’ajuster efficacement la politique monétaire
Reprendre le contrôle de la masse monétaire globale :
Il est impératif que l’État retrouve une maîtrise complète de la masse monétaire.

Cela signifie une vision globale de :
la monnaie détenue par les banques,celle circulant dans le mobile money, celle détenue par les institutions financières et désormais… celle manipulée par les cambistes.

👉 Toutes les devises, tous les circuits, tous les acteurs doivent être intégrés dans un même système de suivi.
Des décisions courageuses s’imposent
Face à un système informel structuré, la réponse ne peut être timide.
L’État doit :
reconnaître et intégrer les cambistes,imposer la bancarisation obligatoire,exiger la transparence des flux,instaurer des obligations de déclaration
et sanctionner les activités non conformes.
une question de souveraineté.

La Guinée est à un moment décisif.
Elle doit continuer à reprendre le contrôle de son économie.
Bancariser les cambistes est une première étape.
Les encadrer et les contrôler efficacement est la condition de réussite.

Ce débat dépasse la technique.
C’est une question de souveraineté économique.

Il est temps d’agir.

Ensemble pour une Guinée prospère et une économie dynamique.

Planete7.info 

Contact Planete7.info : 624045895/625214852

Planete7guinee@gmail.com

Les commentaires sont fermés, mais trackbacks Et les pingbacks sont ouverts.

Accueil
Radio
Tv
Replays