Nigeria : à Kano, 1 500 couples se marient aux frais de l’État

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À Kano, dans le nord du Nigeria, le mariage collectif prend des allures de véritable politique sociale. Du 7 au 9 août 2026, 1 500 couples issus de milieux modestes ont été unis dans le cadre d’un programme entièrement pris en charge par le gouvernement de l’État. Lancée en 2012, l’initiative vise à alléger le coût du mariage et à donner aux nouveaux foyers les moyens de démarrer leur vie commune.

Pendant trois jours, Kano a vibré au rythme des mariages. Dans cette ville du nord du Nigeria, où les traditions religieuses et sociales occupent une place centrale, 1 500 couples ont franchi ensemble le pas du mariage dans le cadre d’une vaste opération soutenue et financée par les autorités de l’État.

La cérémonie officielle, organisée le vendredi 7 août au palais de l’émir, a donné le coup d’envoi des festivités. Dans leurs hijabs rouges, les futures mariées ont rejoint le palais aux côtés de leurs futurs époux, vêtus de robes blanches et coiffés de chapeaux rouges. Sous l’autorité de l’émir, les unions ont été officiellement célébrées dans une atmosphère mêlant solennité religieuse et ferveur populaire.

Au-delà de la cérémonie, le dispositif repose sur un important soutien financier public. Pour cette édition, le gouvernement de l’État de Kano a mobilisé 1,5 milliard de nairas, soit environ un million de dollars, afin de prendre en charge l’organisation des mariages et d’accompagner les couples dans leur installation.

Le lendemain de la cérémonie officielle, les nouveaux mariés ont été conviés à un petit-déjeuner offert par le gouverneur de Kano, Abba Kabir Yusuf. À cette occasion, le gouverneur leur a adressé ses félicitations et formulé des vœux de bonheur pour leur nouvelle vie.

Pour les autorités, l’objectif est avant tout de réduire le poids financier du mariage, souvent difficile à supporter pour les familles à faibles revenus. Le programme entend également faciliter l’installation des jeunes foyers en leur fournissant une première base matérielle.

L’aide publique ne s’arrête pas à la célébration du mariage. Les couples bénéficiaires repartent également avec un ensemble d’équipements destinés à leur permettre de s’installer.

Selon la Hisbah, l’institution islamique chargée notamment de superviser le programme, chaque couple reçoit entre autres un lit, un matelas, des draps, des oreillers et du mobilier, ainsi que des provisions alimentaires.

Chaque mariée bénéficie par ailleurs d’une dot de 100 000 nairas. À cela s’ajoute une enveloppe supplémentaire de 100 000 nairas par couple, destinée à constituer un capital de départ pour lancer une petite activité génératrice de revenus.

Une manière, pour les autorités, de ne pas seulement financer le jour du mariage, mais aussi de soutenir les premiers pas de la vie conjugale.

L’initiative n’est pas nouvelle. Le programme de mariages collectifs de Kano a été lancé en 2012, avec une première cérémonie réunissant une centaine de couples, principalement des veuves et des femmes divorcées, au palais de l’émir.

Depuis, le dispositif a pris de l’ampleur au fil des années et des gouvernements successifs. Le nombre de bénéficiaires s’est progressivement accru, parallèlement à la demande d’un soutien permettant aux personnes disposant de faibles revenus d’accéder au mariage.

Pour les autorités locales, le programme répond ainsi à un double objectif : alléger les contraintes économiques liées au mariage et encourager des unions considérées comme conformes aux valeurs religieuses et sociales de la région.

Derrière les festivités, le processus de sélection est particulièrement encadré. La Hisbah joue un rôle central dans l’examen des candidatures et procède notamment à des vérifications sur les antécédents des futurs époux.

Les candidats doivent également se soumettre à plusieurs examens médicaux avant leur admission au programme. Ceux-ci comprennent notamment des tests de dépistage du VIH et de l’hépatite, ainsi que des examens liés à la grossesse et à la compatibilité génotypique.

À Kano, le mariage collectif dépasse donc largement le cadre d’une simple cérémonie. Il s’inscrit dans un dispositif mêlant aide sociale, accompagnement économique, contrôle médical et encadrement religieux.

Pour les 1 500 couples réunis cette année, les trois jours de célébration auront ainsi marqué bien plus qu’un passage devant l’émir : ils représentent le début d’une vie commune accompagnée, dès ses premiers pas, par la puissance publique.

 

Thierno Seydou Diallo pour Planete7.info

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