La Guinée change d’échelle à Montréal : Simandou 2040 à la conquête du capital et du savoir-faire canadien

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Et si la Guinée était en train de changer de dimension dans sa manière de penser et de conduire ses partenariats internationaux ? À Montréal, les 31 août et 1er septembre, la délégation guinéenne a voulu donner corps à cette nouvelle ambition à l’occasion de la 10ᵉ édition du Forum Afrique Expansion, organisée au Palais des congrès de Montréal.

Pays vedette de cette édition consacrée au renouvellement des relations économiques entre l’Afrique et le Canada, la Guinée n’y a pas seulement exposé ses potentialités. Elle a surtout présenté une vision, une trajectoire et une ambition : faire du partenariat international un véritable levier de transformation économique et sociale.

Au centre de cette stratégie figure SIMANDOU 2040, le programme national de développement porté par le président de la République, Mamadi Doumbouya, et présenté comme la boussole de la transformation du pays pour les quinze prochaines années.

De la coopération aux résultats

À Montréal, le discours guinéen s’est voulu clair : l’heure n’est plus seulement aux relations institutionnelles, aux rencontres de haut niveau ou à la présentation des opportunités. La priorité est désormais de transformer les échanges en investissements, les investissements en capacités productives et les capacités productives en emplois et en valeur ajoutée locale.

La délégation guinéenne, conduite par le ministre du Plan, de la Coopération internationale et du Développement, Ismaël Nabé, accompagné du ministre des Infrastructures, Facinet Sylla, a ainsi défendu une nouvelle approche de la coopération économique.

Le Forum Afrique Expansion 2026, consacré notamment aux stratégies gouvernementales, aux corridors économiques, à l’investissement, à l’agroalimentaire, à la transformation locale et à la coopération internationale, a constitué une tribune privilégiée pour porter ce message.

Une conférence dédiée à « Simandou 2040 : investir dans la transformation économique de la Guinée » a notamment permis de mettre en avant plusieurs secteurs considérés comme stratégiques pour l’avenir du pays : agritech, infrastructures, innovation, énergie, industrie et développement du capital humain.

« Une stratégie dans laquelle le Canada gagne de nouveaux marchés, de nouvelles chaînes de valeur et de nouveaux relais de croissance. Une stratégie dans laquelle l’Afrique attire davantage d’investissements, développe ses industries, crée des emplois et accélère sa transformation. Une stratégie où chacun apporte quelque chose et où chacun repart avec davantage », a déclaré Ismaël Nabé lors de son allocution d’ouverture.

Derrière cette vision se dessine une ambition : faire en sorte que les partenariats noués à l’étranger produisent leurs effets en Guinée, à travers la création de valeur, le développement des entreprises locales et le renforcement de la compétitivité de l’économie nationale.

Simandou 2040, au-delà de la mine

À Montréal, un autre message a été martelé : Simandou 2040 ne saurait être réduit au seul projet minier de Simandou.

Le gigantesque potentiel minier constitue certes une opportunité historique pour la Guinée. Mais pour les autorités, l’enjeu est surtout de profiter de cette fenêtre pour poser les fondations d’une économie plus diversifiée, industrialisée et créatrice d’emplois.

Le programme SIMANDOU 2040 se veut ainsi un cadre de référence pour le développement socio-économique du pays au cours des quinze prochaines années.

« Nous voulons transformer nos ressources en infrastructures, nos infrastructures en productivité, notre productivité en industries, nos industries en emplois, et nos emplois en prospérité pour notre population », a souligné le ministre Ismaël Nabé.

Cette ambition repose sur une logique de transformation en chaîne : faire des infrastructures des corridors économiques, de l’énergie un moteur de l’industrialisation, de l’agriculture une source de chaînes de valeur, des compétences un véritable capital humain et des investissements un vecteur d’emplois durables.

Pourquoi le Canada ?

Le choix de Montréal ne relève pas du hasard. Le Canada dispose d’une expertise reconnue dans plusieurs domaines susceptibles d’accompagner la prochaine phase de développement de la Guinée : mines responsables, ingénierie, infrastructures, technologies propres, finance, santé, éducation, agriculture, développement des compétences, gouvernance et développement durable.

Mais Conakry entend aller au-delà d’une simple recherche de financements.

La Guinée veut désormais attirer des partenaires de transformation, capables de contribuer à la construction d’entreprises, d’infrastructures, de chaînes de valeur, de compétences et de solutions technologiques adaptées aux besoins du pays.

Cette orientation traduit une évolution de la conception guinéenne de la coopération internationale. Celle-ci ne doit plus se limiter aux rencontres diplomatiques, aux protocoles d’accord ou aux annonces d’intention. Elle doit permettre de rapprocher les besoins du pays des capacités de ses partenaires, de mobiliser les capitaux, de faciliter l’accès aux marchés, de transférer les technologies et de renforcer les compétences nationales.

« La coopération n’a de véritable sens que lorsqu’elle renforce les capacités d’un pays à décider, produire et prospérer par lui-même », a réaffirmé Ismaël Nabé.

Transformer l’ouverture en souveraineté économique

À travers cette démarche, la Guinée cherche également à redéfinir le rapport entre ouverture internationale et souveraineté économique.

Pour les autorités, il ne s’agit pas de choisir entre les deux, mais de faire de l’ouverture au monde un moyen de renforcer les capacités nationales.

Le raisonnement est simple : attirer les investissements, oui, mais en veillant à ce qu’ils contribuent au développement des compétences locales, à la transformation des ressources sur place, à la création d’emplois et à l’émergence d’un tissu économique national plus solide.

C’est dans cette perspective que Conakry souhaite approfondir ses relations avec le Canada, tout en renforçant ses partenariats avec l’ensemble de ses partenaires internationaux.

De Montréal à Conakry, le pari de la transformation

Au terme de cette séquence montréalaise, le message porté par la Guinée dépasse donc largement le cadre d’un forum économique.

Le pays veut désormais entrer dans une nouvelle génération de partenariats : plus équilibrés, plus productifs, plus technologiques et davantage orientés vers la création de valeur et d’emplois en Guinée.

SIMANDOU 2040 en constitue la boussole. Les partenariats internationaux en sont le levier. L’investissement doit en être l’accélérateur.

Le véritable défi commence désormais à Conakry : transformer les intentions exprimées à Montréal en projets concrets, les projets en investissements, les investissements en emplois et les emplois en prospérité.

La Guinée ne veut plus seulement être perçue comme une terre de potentiel. Elle veut désormais s’imposer comme une terre de transformation.

Et, à en croire le message porté à Montréal, cette transformation n’est plus une perspective lointaine. Elle a déjà commencé.

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