Kindia : les autorités passent à la sensibilisation avant les contrôles contre la chicha

À Kindia, les autorités préfectorales veulent mettre fin à la vente et à la consommation de la chicha dans les espaces de loisirs. Une première étape a été franchie ce vendredi 18 septembre 2026 avec une rencontre de sensibilisation réunissant les tenanciers de lounges, les responsables de boîtes de nuit et les forces de sécurité.
La chicha pourrait progressivement disparaître des lounges et autres espaces de loisirs de Kindia. Réunis à l’initiative de la Direction préfectorale de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, les opérateurs du secteur ont été invités à prendre connaissance des dispositions interdisant la vente et la consommation de ce produit en République de Guinée.
L’objectif affiché par les autorités est d’abord de rappeler la réglementation et de permettre aux acteurs concernés de se mettre en conformité avant le passage à une phase de contrôle.

Pour Mamaïssata Camara, Directrice préfectorale de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat de Kindia, cette rencontre répond à la nécessité d’informer les tenanciers sur les dispositions en vigueur.
« L’objectif de cette rencontre, c’est de parler de la consommation abusive de la chicha et surtout de l’arrêt de sa vente et de sa consommation sur le territoire national », explique-t-elle.
Selon elle, les autorités ont reçu l’arrêté conjoint numéro 002 portant interdiction de la vente et de la consommation de la chicha en Guinée. Elle dit également constater une exposition croissante des jeunes, notamment des mineurs, à cette pratique.
« Nous avons jugé nécessaire d’appeler les tenanciers pour les informer et leur demander d’arrêter la vente et la consommation de la chicha à Kindia », poursuit-elle.

Cette démarche de sensibilisation ne constitue toutefois qu’une première étape. Des opérations de contrôle sont annoncées dans les prochains jours.
Après la rencontre, les forces de sécurité devraient intervenir dans les différents espaces concernés afin de vérifier l’application de l’interdiction.
« Ce qui est prévu maintenant, c’est que les forces de sécurité puissent effectuer des contrôles dans les lounges afin de vérifier la présence éventuelle d’appareils de chicha », indique Mamaïssata Camara.
Les équipements qui seraient retrouvés pourraient être confisqués, tandis que des sanctions sont prévues contre les personnes qui refuseraient de se conformer aux dispositions en vigueur.
« Nous ne sommes pas les décideurs, notre rôle est d’informer et de sensibiliser afin que chacun puisse comprendre le contenu des textes et se conformer à la loi », précise la responsable préfectorale.
Elle appelle ainsi les tenanciers à prendre les dispositions nécessaires pour respecter la réglementation.
« Mon appel est donc que tous les tenanciers se mettent en règle et se conforment à la loi. Si la vente et la consommation de chicha sont interdites ailleurs en Guinée, Kindia ne doit pas faire exception », insiste-t-elle.
Face à cette interdiction, les professionnels du secteur disent comprendre la nécessité de respecter la décision de l’État, mais redoutent ses conséquences sur leurs activités.

Ismaël Camara, gérant d’un lounge, évoque une situation économique devenue difficile pour les établissements concernés.
« C’est une nouvelle qui nous a fait très mal, parce qu’on n’arrive plus à vivre comme avant. Mais puisque cette décision vient de l’État, nous sommes obligés de la respecter », témoigne-t-il.
Le responsable affirme que l’interdiction affecte directement les revenus des lounges et demande aux autorités de prendre en compte la situation des opérateurs et de leurs employés.
« Beaucoup de gérants de lounges vivent de cette activité et, avec cette interdiction, nous avons des difficultés à payer les dettes, les loyers et les travailleurs », souligne-t-il.

Même son de cloche chez Jean Moussa Millimouno, directeur général d’une boîte de nuit. Son établissement regroupe notamment une boîte de nuit, un lounge, un espace plein air et un restaurant. Pour lui, la mesure risque d’avoir des répercussions sur les recettes et l’emploi.
« La décision de l’État est lourde, parce que beaucoup d’employés risquent de perdre leur travail. Nos recettes vont forcément baisser, mais nous devons nous adapter aux réalités et à la décision de l’État », reconnaît-il.
Malgré ces inquiétudes, il assure que les professionnels concernés entendent respecter la décision.
« La loi est là et nous devons la respecter », affirme-t-il, tout en appelant les clients et les autres tenanciers à comprendre la situation.

À Kindia, la phase de sensibilisation laisse donc progressivement place à celle du contrôle. Après avoir été informés de l’interdiction, les tenanciers de lounges et responsables d’établissements de loisirs sont désormais appelés à s’y conformer, alors que les forces de sécurité devraient procéder à des vérifications sur le terrain.
Sylla Ama,correspondant à Kindia pour Planete7.info
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