Guinée : les enseignants contractuels de Conakry dénoncent leur exclusion du processus de recrutement à la Fonction publique

Alors que des enseignants contractuels de l’intérieur du pays ont été retenus à l’issue du récent processus de recrutement, leurs collègues de la zone spéciale de Conakry affirment être toujours dans l’attente. Ils réclament l’application du protocole d’accord signé le 3 janvier 2026 entre le gouvernement et l’intersyndicale de l’éducation guinéenne, et n’excluent pas des actions de protestation.
Le sentiment d’abandon gagne les rangs des enseignants contractuels de la zone spéciale de Conakry. Réunis autour de leur coordination, ces enseignants dénoncent le non-respect des engagements pris par les autorités concernant leur intégration à la Fonction publique. Leur principale revendication : bénéficier du même traitement que leurs collègues de l’intérieur du pays, dans le cadre du processus d’engagement des enseignants contractuels.
Prenant la parole lors d’une mobilisation, Mohamed Saoud Sylla, coordinateur des enseignants contractuels de la région de Conakry, a appelé le gouvernement à respecter les dispositions du protocole d’accord conclu le 3 janvier 2026 avec l’intersyndicale de l’éducation guinéenne.

Selon lui, les enseignants contractuels de Conakry n’ont toujours pas bénéficié de l’évaluation pratique de classe annoncée dans le cadre de leur recrutement, contrairement à leurs collègues de l’intérieur du pays.
« À date, jusqu’à présent, ce qui a été dit n’a pas été respecté concernant la situation de Conakry », a-t-il déploré, estimant que les engagements pris à l’égard de sa coordination demeurent sans suite concrète.
Au cœur des préoccupations de la coordination figure le sort d’environ 2 000 enseignants contractuels dont la situation n’aurait toujours pas été prise en compte dans le processus de recrutement.
Mohamed Saoud Sylla affirme que leur liste n’a pas été intégrée aux travaux de la commission chargée du recensement des enseignants contractuels. Il déplore un traitement différent de celui réservé à leurs collègues de l’intérieur du pays, dont la liste aurait été transmise aux services compétents de la Fonction publique.
Si le coordinateur dit se réjouir de la sélection de ces derniers, il regrette que les enseignants contractuels de Conakry restent, selon lui, sans perspective claire quant à leur propre intégration.
« Nous informons l’opinion nationale et internationale que rien n’a été fait concernant la situation de Conakry. Et on ne compte pas baisser les bras », a-t-il averti, réaffirmant la détermination de sa coordination à poursuivre les démarches jusqu’à la régularisation de leur situation.
D’après lui, plusieurs initiatives ont déjà été engagées auprès de l’intersyndicale de l’éducation, du ministère de la Fonction publique et du Conseil national du dialogue social (CNDS). Toutefois, ces démarches n’auraient, à ce jour, permis d’obtenir aucune réponse satisfaisante.

Pour les enseignants contractuels de Conakry, la revendication porte avant tout sur l’application des engagements formalisés dans le protocole d’accord du 3 janvier 2026. Mohamed Saoud Sylla rappelle que cet accord prévoyait, selon lui, une priorité à l’engagement pour les enseignants concernés.
« Le respect du protocole d’accord, ce n’est pas un péché. Le protocole d’accord a été signé en disant que nous serons prioritaires à l’engagement », a-t-il déclaré, invitant les autorités à examiner leur dossier dans les meilleurs délais.
Au-delà des démarches administratives, la coordination souhaite désormais une mobilisation plus large des organisations syndicales du secteur éducatif. Le coordinateur a notamment interpellé le Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (SLECG), la Fédération syndicale professionnelle de l’éducation (FSPE) et le Syndicat national de l’éducation (SNE), les appelant à unir leurs efforts pour obtenir l’application intégrale de l’accord.
« Tous les syndicats doivent se donner corps et âme pour que le protocole d’accord du 3 janvier soit respecté », a-t-il insisté.
La coordination envisage également différentes options pour faire entendre ses revendications. Interrogé sur la poursuite des cours dans les établissements publics, Mohamed Saoud Sylla a indiqué que des réflexions étaient en cours au sein de sa structure.
Une réunion doit permettre aux responsables de définir la conduite à tenir, notamment sur la question du maintien ou non des enseignements. À ce stade, aucune décision définitive concernant une éventuelle interruption des cours n’a été annoncée dans ses déclarations.
En attendant, les enseignants contractuels de Conakry continuent de réclamer une réponse concrète des autorités. Ils demandent que leur situation soit examinée dans les mêmes conditions que celle de leurs collègues de l’intérieur du pays, conformément aux engagements qu’ils estiment avoir obtenus.
L’issue de ce dossier dépendra désormais des suites que les autorités et les organisations signataires donneront à leurs revendications.
Oumar Sylla Bah pour Planete7.info
Les commentaires sont fermés, mais trackbacks Et les pingbacks sont ouverts.