Guinée : le MATD lance le recrutement des préfets et gouverneurs, 94 candidats présélectionnés

Le processus de sélection des futurs préfets et gouverneurs est officiellement enclenché en Guinée. Le ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation (MATD) a lancé les épreuves de recrutement destinées à identifier les cadres appelés à occuper ces fonctions stratégiques de l’administration territoriale. Une démarche qui ambitionne de renforcer les compétences, le professionnalisme et l’efficacité de la gouvernance locale.
À l’occasion du lancement des épreuves, la ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, Dienabou Touré, a justifié cette initiative par la nécessité de placer le capital humain au cœur des politiques de développement et de modernisation de l’administration publique. Elle s’inscrit notamment dans les orientations de sa lettre de mission, axée sur le développement local, la gouvernance participative et la valorisation des ressources humaines.
« Les ressources humaines, c’est le capital humain qui peut rapidement nous permettre d’aller vers un développement à la base », a-t-elle déclaré.

Pour la ministre, le choix des responsables territoriaux revêt un enjeu particulier. Représentants de l’État et du chef de l’État dans leurs juridictions respectives, les préfets et les gouverneurs sont appelés à jouer un rôle déterminant dans la coordination de l’action gouvernementale et l’application des politiques publiques sur l’ensemble du territoire national.
D’où, selon elle, l’importance de retenir des profils disposant des qualifications et des aptitudes nécessaires à l’exercice de ces responsabilités.
« On a besoin de qualifier les hommes et les femmes qui doivent être à ces postes, parce qu’il faut que ce soient des personnes hautement qualifiées, professionnelles et capables de parler de toutes les questions », a expliqué Dienabou Touré.
Les chiffres communiqués par la ministre donnent une idée de l’ampleur de la sélection. Pour les postes de préfets, plus de 700 fonctionnaires ont manifesté leur intérêt. À l’issue de l’examen des dossiers, 92 candidats ont été présélectionnés pour 41 postes à pourvoir.

La sélection est encore plus restreinte pour les fonctions de gouverneur : sur les 28 candidatures enregistrées, seuls deux dossiers ont été retenus.
La ministre a également précisé que cet appel à candidatures était exclusivement réservé aux fonctionnaires de l’administration du territoire. Le dispositif visait ainsi à ouvrir la compétition aux cadres exerçant aussi bien dans les services centraux que dans les structures déconcentrées à l’intérieur du pays.
« Ils ont candidaté, c’était un appel interne. Donc, ce n’était que les fonctionnaires de l’administration du territoire qui étaient concernés », a-t-elle précisé.
Les candidats présélectionnés sont soumis à des épreuves destinées à évaluer leur connaissance des grandes problématiques nationales, leur capacité à coordonner l’action gouvernementale ainsi que leur maîtrise des questions liées à la gestion des territoires.
À l’issue de cette première phase, les candidats qui auront obtenu les meilleurs résultats seront convoqués à des entretiens. Les copies doivent être corrigées dans la soirée, tandis que les résultats de cette étape sont attendus dès demain.
Toutefois, la réussite à ce processus de sélection ne signifie pas une nomination automatique. Dienabou Touré a tenu à rappeler que le pouvoir de nomination des préfets et des gouverneurs relève exclusivement du président de la République, sur proposition de son département.
« Ce n’est pas Madame la ministre qui nomme. La nomination au poste de préfet et de gouverneur est du pouvoir discrétionnaire du président de la République, sur proposition de la ministre de l’Administration du territoire », a-t-elle rappelé.
Au terme des différentes étapes, le ministère entend soumettre à la présidence des profils jugés suffisamment qualifiés pour assurer la conduite de l’administration territoriale. Pour Dienabou Touré, l’objectif est de mettre à la disposition du chef de l’État des responsables capables de traduire concrètement les orientations nationales dans les collectivités et les circonscriptions administratives.
« Nous voulons proposer au chef de l’État des personnes qualifiées, des personnes compétentes », a-t-elle insisté.
À travers ce processus, les autorités entendent notamment renforcer la présence et l’efficacité de l’État sur le terrain, tout en facilitant le déploiement de la vision présidentielle et du programme Simandou 2040 jusque dans les territoires.
Oumar Sylla Bah pour planète7.info
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