NaturaGuinée : trois ans de résultats et de nouveaux défis pour la préservation des aires protégées

Financé par l’Union européenne et mis en œuvre par la Wild Chimpanzee Foundation (WCF), le projet NaturaGuinée a tenu, ce mercredi 4 novembre 2026 à Conakry, la quatrième session de son comité de pilotage. Cette rencontre a permis aux acteurs d’examiner le bilan des activités et les résultats obtenus entre janvier 2024 et juin 2026, mais aussi d’aborder les défis liés à la création de nouvelles aires protégées, au suivi des impacts du chemin de fer du TransGuinéen et à la préparation de la prochaine phase du programme.

La session a réuni l’équipe de mise en œuvre, les partenaires techniques et financiers ainsi que les représentants des institutions nationales concernées. Pour l’Office guinéen des parcs nationaux et réserves de faune (OGPNRF), les actions soutenues par NaturaGuinée contribuent directement à la mise en place de deux espaces de conservation majeurs.
Représentant le directeur général de l’OGPNRF, le lieutenant Mamady Tounkara a notamment cité la future aire protégée de Pinselly-Soyah-Sabouyah et le parc national de Badiar.
« Pour l’OGPNRF, ce projet est déterminant. Il soutient le processus d’achèvement de la création de deux grandes aires protégées majeures », a-t-il souligné.
Il a également insisté sur la nécessité de suivre les conséquences des grands projets d’infrastructures sur les espaces naturels. « Notre rencontre de ce jour revêt une dimension particulière. Au-delà du bilan cumulatif des activités menées de janvier 2024 à juin 2026, nous examinerons le suivi des impacts du chemin de fer du TransGuinéen dans le paysage du futur parc national PSS », a-t-il précisé.

Directeur pays de la WCF, Pacifique Wanama Kizila a exprimé sa satisfaction à l’issue des travaux. Il a expliqué que cette session devait permettre de confronter les observations recueillies sur le terrain aux résultats consignés dans les rapports du projet.
« Je suis totalement satisfait au sortir de ce COPIL 4 parce que les résultats reflètent exactement ce qui a été fait sur le terrain. Nous avons toute une équipe, toute une armée sur le terrain et cela ne vient que confirmer tous les efforts qui ont été consentis entre l’OGPNRF, la WCF ainsi que tous les autres partenaires », a-t-il déclaré.
Il a rappelé que la mise en œuvre de NaturaGuinée repose sur une collaboration entre la WCF, l’OGPNRF, la Brigade nationale de lutte contre la criminalité faunique et floristique et les services décentralisés de l’État. La première phase entre dans sa troisième année et doit s’achever l’année prochaine. Cette échéance ne signifie toutefois pas la fin du programme.

« L’année prochaine sera la clôture de cette première phase et non la clôture du projet », a précisé Pacifique Wanama Kizila. Des discussions ont déjà porté sur la possibilité de poursuivre les activités pendant trois ou cinq années supplémentaires, avec un recentrage sur le massif du Fouta Djallon, conformément à la volonté du gouvernement guinéen.
La représentante de la Délégation de l’Union européenne, Marie Shand, chargée des questions environnementales, a également salué les résultats du programme. Elle a toutefois rappelé que les enjeux de conservation doivent accompagner le rythme du développement économique guinéen.
« Le temps n’attend pas pour les questions environnementales. Tandis que la Guinée se développe à une cadence, on le voit, très rapide. Les chiffres qui annoncent aujourd’hui une croissance à deux chiffres sont très prometteurs. C’est très prometteur pour les activités économiques, pour les miniers, pour le développement de la Guinée. Mais attention ! Il faut préserver ce paradis qu’est la Guinée : ses territoires, ses terres, ses futurs parcs nationaux », a-t-elle averti.

Pour elle, la croissance économique ne doit pas se faire au détriment des écosystèmes. Elle a notamment insisté sur la nécessité de prendre en compte les conséquences environnementales et sociales des activités de développement. La présence de sociétés minières à cette rencontre illustre, selon elle, l’importance d’une concertation entre les différents acteurs.
« La collaboration, la gouvernance sont le ciment de tout projet, de tout programme. Donc il est vraiment important de discuter, de s’accorder dans un esprit constructif avec une rigueur scientifique », a-t-elle soutenu.
Clôturant les interventions, le secrétaire général du ministère de l’Environnement et du Développement durable, Dr Karim Samoura, a appelé les partenaires à préparer l’après-NaturaGuinée 1.
Pour lui, la fin de cette première phase doit conduire à repenser les mécanismes d’intervention, alors que les infrastructures construites dans le cadre du programme doivent progressivement entrer en exploitation et que les futurs parcs seront confrontés à leurs propres défis de gestion.
Ensemble, « nous devons nous réinventer. Nous réinventer parce qu’on va vers la fin de NaturaGuinée 1. Nous réinventer parce qu’on a fini de construire les infrastructures, on va vers leur exploitation. Nous réinventer parce que le parc va exister et il sera confronté à des défis réels », a-t-il déclaré.

Le responsable du ministère a également insisté sur la nécessité de laisser des dispositifs capables de fonctionner au-delà de la durée du financement actuel.
« Nous sommes tous en transit et nous devons laisser des instruments, des outils, des cadres qui pourraient résister au temps et favoriser un développement durable dans notre beau pays, la Guinée », a-t-il ajouté.
À l’approche de la clôture de NaturaGuinée 1, les partenaires sont donc confrontés à un double enjeu : consolider les acquis de cette première phase et préparer les conditions de leur pérennisation. La création des aires protégées, leur future gestion et la prise en compte des impacts des infrastructures et des activités économiques resteront au centre des prochaines interventions.
Cellule de communication de la WCF
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