Ibrahima Kalil Kaba « Lilou » : pourquoi son profil coche les cases d’une FGF à reconstruire

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Le 27 octobre 2026, les acteurs du football guinéen seront appelés aux urnes pour élire le nouveau président de la Fédération guinéenne de football. À l’heure de ce rendez-vous, une évidence s’impose : le football guinéen a besoin d’un bon profil. Un profil capable de rassembler, de structurer et surtout de lui ouvrir de nouvelles perspectives.

Dans cette équation, Ibrahima Kalil Kaba, dit « Lilou », présente un parcours qui mérite d’être regardé de près. Il y a d’abord l’homme d’État.

Ancien directeur de cabinet à la Présidence de la République, puis ministre des Affaires étrangères, Lilou a évolué au cœur des institutions guinéennes et dans les arcanes de la diplomatie. Des responsabilités qui lui ont appris la négociation, la gestion des hommes, le dialogue avec des interlocuteurs différents et la recherche de compromis.

Cette trajectoire lui a permis d’évoluer dans tous ces environnements où le management et la prise de  décision constituent le quotidien.

C’est évident, diriger une fédération nationale de football ne consiste pas seulement à aimer le football. C’est aussi gérer une institution, négocier avec des partenaires, dialoguer avec la FIFA et la CAF, travailler avec l’État, administrer des ressources, structurer des compétitions et coordonner des acteurs aux intérêts parfois divergents.

Sur ce terrain, Lilou possède une expérience que peu de profils peuvent revendiquer.

Autant d’atouts qui peuvent servir une fédération appelée à rassembler plutôt qu’à opposer. Mais son parcours ne s’arrête pas aux bureaux de l’administration ou aux salons diplomatiques.

Mais il fallait aussi connaître le football de l’intérieur

C’est là que son histoire avec Karfamoriah FC prend tout son sens. L’aventure ne commence pas avec la Ligue 1.

Elle remonte à 2006, lorsque de jeunes passionnés du village de Karfamoriah entreprennent de structurer leur équipe. Au fil des années, le club gravit les échelons avec des moyens limités.

Lorsque les difficultés deviennent trop importantes, Lilou accepte d’apporter son soutien au projet. Il s’implique progressivement dans la structuration et la professionnalisation du club.

Cette expérience lui a permis de toucher du doigt les réalités quotidiennes du football guinéen : les difficultés des clubs, les questions d’infrastructures, la formation, les déplacements, l’encadrement, les ressources et la nécessité de construire dans la durée.

C’est cette double connaissance qui donne du relief à son profil. Il connaît les institutions, mais connaît aussi le terrain. Il sait ce que représente la gestion d’un club et mesure, par expérience, les obstacles qui empêchent encore le football guinéen de franchir certains paliers. Et surtout, il y a le carnet d’adresses

Le football guinéen dispose de talents. Il dispose d’une jeunesse passionnée, d’une diaspora importante, d’entreprises, de dirigeants et d’un public capable de porter ses équipes. Ce qui lui manque encore, c’est en partie la capacité à transformer ce potentiel en ressources et en opportunités.

Une fédération ambitieuse ne peut pas attendre indéfiniment que l’État finance ses besoins ou que les mécanismes de la FIFA et de la CAF suffisent à son développement. Ces soutiens sont nécessaires, mais ils ne sauraient constituer à eux seuls une stratégie.

Le football moderne se construit aussi avec des sponsors, des partenaires privés, des investisseurs, des marques et des réseaux économiques. Et sur ce terrain, le parcours de Lilou constitue un avantage difficile à négliger.

Ses années passées au sommet de l’État et dans la diplomatie lui ont permis de tisser des relations en Guinée comme à l’extérieur. Ce réseau, s’il est intelligemment mobilisé au profit du football, peut ouvrir des portes : attirer des partenaires, convaincre des entreprises d’investir, développer de nouveaux accords et donner davantage de valeur à l’image du football guinéen.

Il ne s’agit donc pas seulement de chercher des financements. Il s’agit de savoir les provoquer.

Ce que Lilou pourrait apporter à la FGF

Lilou président, le principal défi serait de transformer son expérience personnelle en projet collectif. Et plusieurs chantiers semblent naturellement correspondre à son profil.

  1. Une gouvernance plus professionnelle

Une fédération moderne doit fonctionner comme une véritable institution sportive : administration structurée, procédures claires, responsabilités définies, contrôle, exigence,  transparence et reddition de comptes.

Son expérience de gestion pourrait être un atout pour cette transformation.

  1. Une fédération davantage tournée vers les clubs

L’expérience Karfamoriah lui donne une connaissance directe des contraintes auxquelles sont confrontés les clubs : financement, déplacements, infrastructures, encadrement, formation et compétitivité.

Il pourrait donc défendre une approche dans laquelle les clubs ne sont plus seulement des membres de la Fédération, mais deviennent des partenaires de sa construction.

  1. Une politique forte de formation

Le développement du football guinéen ne pourra pas reposer éternellement sur quelques talents exceptionnels.

Il faut des académies, des centres de formation, des éducateurs mieux formés, des compétitions de jeunes régulières et une meilleure détection.

La professionnalisation du football commence à la base.

  1. Un football féminin mieux structuré

Le football féminin dispose d’un potentiel considérable mais reste encore confronté à d’importantes contraintes.

Une FGF nouvelle génération devra lui donner une place beaucoup plus importante dans sa stratégie de développement.

  1. Des infrastructures pensées comme un système

L’expérience vécue à Kankan est révélatrice : lorsqu’une seule infrastructure concentre trop de compétitions et d’équipes, tout le système finit par être fragilisé.

Il faudra donc penser les infrastructures non pas seulement comme des stades à construire, mais comme un véritable réseau national de terrains, centres techniques, académies et installations adaptées aux différentes catégories.

  1. Une meilleure relation avec les partenaires

Le football moderne est aussi une économie. FIFA, CAF, sponsors, entreprises, collectivités, État, médias : la Fédération doit être capable de parler à chacun avec un langage professionnel et de construire des partenariats durables.

Son parcours institutionnel et diplomatique pourrait ici constituer un avantage.

Il ne serait évidemment pas question de tout résoudre par un carnet d’adresses. Un réseau ne vaut que par la capacité à le transformer en résultats.

Mais encore faut-il avoir les portes auxquelles frapper et savoir les ouvrir.

À quelques semaines de l’élection du 27 octobre 2026, la candidature d’Ibrahima Kalil Kaba pose ainsi une question de fond : quel profil faut-il aujourd’hui pour donner au football guinéen les moyens de ses ambitions ? Un président qui administre les acquis ?

Ou un dirigeant capable de rassembler les forces du football, d’aller chercher de nouvelles ressources, de créer des partenariats et de construire une véritable économie autour de notre football ?

Le parcours de Lilou offre des raisons sérieuses de considérer cette seconde voie.

Car le football guinéen n’a pas seulement besoin d’un président. Il a besoin d’un bâtisseur, d’un rassembleur et d’un homme capable d’ouvrir des portes. Et, Kalil Kaba est l’incarnation de tout cela.

Alpha Diallo

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