Mines et environnement : l’OGCE plaide pour une meilleure valorisation des ressources minières guinéennes

Réunis à Conakry autour des enjeux miniers et environnementaux, des experts, des responsables publics et des acteurs du secteur privé ont débattu des moyens de mieux valoriser les richesses du sous-sol guinéen. Au cœur des échanges : la transformation locale des minerais, la gouvernance du secteur et la nécessité de préparer l’économie nationale à l’après-mine.
Comment faire des ressources minières un véritable moteur de développement durable pour la Guinée ? C’est autour de cette question que l’Observatoire guinéen des conjonctures économiques (OGCE) a organisé, ce vendredi 16 octobre, une table ronde à Conakry. La rencontre a mobilisé des experts nationaux et internationaux, des membres du gouvernement ainsi que des représentants des secteurs minier et environnemental.

L’objectif était de confronter les analyses et les expériences afin d’identifier des pistes concrètes pour renforcer les retombées économiques de l’exploitation minière, tout en préservant les ressources naturelles. Les discussions ont notamment porté sur la transformation locale des minerais, les politiques publiques, la gouvernance minière, la protection de l’environnement et le développement des corridors économiques.
Parmi les panélistes figuraient Fadi Wazni, Amara Somparé, Fassou Théa, le Dr Ibrahima Diogo Diallo, Ismaël Diakité et Aboubacar Sidiki Koulibaly. Leurs interventions ont permis d’aborder les défis liés à la valorisation des ressources minières et les possibilités de renforcer leur contribution au développement économique du pays.

Pour Abdoulaye Guirassy, membre fondateur de l’OGCE, l’un des principaux défis consiste à dépasser le modèle fondé sur l’extraction des ressources pour accorder une place plus importante à leur transformation sur le territoire national. Une orientation qui suppose également d’anticiper les conséquences de l’épuisement progressif des ressources minières.
« Aujourd’hui, on s’est réunis pour discuter de comment transformer nos mines et augmenter la valeur ajoutée de nos mines pour notre économie nationale. Les mines sont des ressources épuisables. Donc, il est important de réfléchir à des alternatives de l’après-mine », a-t-il déclaré.
Au-delà de l’exploitation minière, cette réflexion renvoie à la capacité de la Guinée à diversifier son économie et à construire des activités susceptibles de soutenir sa croissance sur le long terme.

Dans cette perspective, Abdoulaye Guirassy a également mis en avant le programme Simandou 2040, présenté comme une opportunité de transformation économique. Il a réaffirmé la volonté de l’OGCE de mettre son expertise au service des pouvoirs publics et du secteur privé, notamment pour contribuer à l’élaboration de politiques publiques adaptées aux ambitions de développement du pays.
Si la valorisation des ressources minières constitue un enjeu économique majeur, elle ne saurait, selon les participants, se faire au détriment de l’environnement. La prise en compte des impératifs écologiques dans les politiques de développement a ainsi occupé une place importante dans les échanges.

Présent à la rencontre, Fassou Théa, ministre de l’Environnement et du Développement durable, a souligné l’importance de ce cadre de concertation pour sensibiliser les acteurs et favoriser l’intégration des principes de durabilité dans les projets économiques.
« Ce genre de table ronde contribue non seulement à informer, mais également à amener le public, les décideurs, les opérateurs et le secteur privé à se munir d’outils favorables pour intégrer les actions de développement dans la durabilité », a-t-il indiqué.

Le ministre a également précisé que son département ne se limite pas à exercer une fonction de contrôle. Il intervient aussi dans l’accompagnement des acteurs et la supervision de leurs activités, dans le respect des exigences environnementales.
« L’environnement n’est pas un frein. L’environnement conseille, accompagne, supervise, mais contrôle également le comportement des usagers des ressources naturelles », a-t-il rappelé.

Un positionnement qui souligne la nécessité de concilier les ambitions économiques de la Guinée avec la préservation de son patrimoine naturel, dans un contexte où l’exploitation des ressources minières occupe une place importante dans les perspectives de développement national.
Les discussions ont également porté sur les infrastructures et les mécanismes susceptibles de favoriser les investissements et de renforcer les retombées économiques des projets miniers. À ce titre, Aboubacar Sidiki Koulibaly, directeur général de Rio Tinto en Guinée, est intervenu sur les corridors économiques et les zones économiques spéciales, en évoquant des expériences internationales susceptibles d’inspirer la Guinée.

À l’issue des échanges, il a salué la qualité des débats et la diversité des profils réunis autour de la table.
« Je suis très satisfait des débats. Nous sommes un groupe d’experts avec des parcours variés. Les questions étaient très intéressantes, surtout les questions environnementales et comment les mines peuvent être un levier essentiel au développement socio-économique de notre pays », a-t-il souligné.
Ces échanges mettent en lumière plusieurs défis auxquels la Guinée reste confrontée : accroître la valeur ajoutée issue de ses ressources naturelles, renforcer la gouvernance du secteur minier et développer des activités économiques capables de prendre le relais lorsque les gisements arriveront à épuisement.

À travers cette table ronde, l’OGCE entend ainsi contribuer à la réflexion sur les orientations économiques du pays. L’enjeu ne se limite plus à l’exploitation des richesses du sous-sol, mais réside aussi dans la capacité à les transformer en opportunités durables pour l’économie nationale, tout en veillant à la préservation de l’environnement.
Salif Camara pour Planete7.info
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