Renforcer le protocole d’Etat pour préserver l’image de la Nation.

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L’image d’un État ne se façonne pas sur les plateaux de télé, encore moins au gré des publications flatteuses sur les réseaux sociaux. Elle est le fruit d’une gouvernance rigoureuse, d’une diplomatie maîtrisée, et d’un protocole exigeant. Une image de marque nationale s’élabore avec constance, discernement et responsabilité.

Or, depuis un certain temps, la Guinée semble offrir une accessibilité déconcertante à son sommet de l’État. Des figures controversées, parfois sans crédibilité ni légitimité reconnue, se retrouvent à s’afficher publiquement aux côtés de nos plus hautes autorités. Elles se présentent comme des « promoteurs » du pays, vantent de prétendus projets futuristes tels que Simandou 2040, et multiplient les éloges à l’endroit du Chef de l’État — souvent sans réelle compréhension des enjeux géopolitiques et économiques en jeu.

Derrière ces scènes se cachent souvent des agendas personnels, sinon opportunistes. Ces visiteurs éphémères, en quête de visibilité ou de faveur, s’appuient sur une forme de diplomatie parallèle où le symbolique prime sur le stratégique. Laisser libre cours à ce type de fréquentation met en danger la réputation de la Nation, la crédibilité de ses engagements, et la solidité de ses relations internationales.

Il devient alors urgent de réhabiliter et renforcer le protocole républicain. Celui-ci ne doit pas seulement organiser les rencontres officielles, mais surtout en être le filtre. Tout accès à un représentant de l’État, en particulier au Chef de l’État, doit être fondé sur des critères précis : sérieux du profil, antécédents connus, intérêt stratégique pour la Nation, cohérence avec les priorités nationales.

Ce n’est pas refuser le dialogue ou s’enfermer dans une tour d’ivoire, mais bien affirmer que l’État n’est pas une scène de spectacle, et qu’une audience présidentielle est un acte politique fort, porteur de sens, d’engagement et de message pour l’opinion publique.

La gouvernance n’exclut pas l’usage stratégique de certains profils. Tous les soutiens ne s’affichent pas. Certains interlocuteurs, bien que polémiques, peuvent être utiles dans certaines négociations ou dynamiques d’influence. Mais cela doit se faire avec discrétion, sans donner à voir une Guinée accessible à tous les flatteurs, au détriment de son image institutionnelle.

Gouverner, c’est arbitrer. Utiliser sans s’exposer. Écouter sans cautionner. Progresser sans compromettre la dignité de l’État.

La Présidence, les services du protocole, et les ministères stratégiques doivent se doter de mécanismes clairs de sélection et de validation. Cela contribuera à bâtir une diplomatie crédible, un storytelling cohérent, et surtout, un respect renouvelé pour la République.

En un mot, renforcer le protocole, c’est renforcer la souveraineté. C’est rappeler que notre pays est une maison sérieuse, un État debout, qui sait qui il reçoit, pourquoi, et à quelles conditions.

Protéger l’image de la Guinée, c’est protéger son avenir.

 

 

Par Abdourahamane Nabé – Responsable RSE drastone70@gmail.com

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