TRIBUNE : Chicha en Guinée, de loisir tendance à menace silencieuse pour la jeunesse

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Dans plusieurs villes guinéennes, notamment à Conakry et Labé, la consommation de la chicha connaît une progression préoccupante. Autrefois cantonnée à un cadre festif ou occasionnel, elle s’impose désormais comme une pratique courante dans les espaces de divertissement, au point de s’ancrer dans les habitudes d’une partie de la jeunesse.

Ce qui retient particulièrement l’attention, c’est l’adhésion croissante des jeunes femmes à cette pratique. Longtemps marginale dans certains cercles, la chicha s’est progressivement banalisée, jusqu’à être associée à une certaine image de modernité, de liberté ou d’intégration sociale. Une perception trompeuse qui masque pourtant des risques bien réels.

Contrairement à une idée largement répandue, la chicha est loin d’être inoffensive. Les données issues du domaine de la santé publique mettent en évidence des effets nocifs significatifs : atteintes respiratoires, maladies cardiovasculaires et dépendance à la nicotine. Une seule séance de chicha peut exposer l’organisme à un volume de fumée équivalant à celui de plusieurs cigarettes, voire davantage. Un danger souvent sous-estimé par les consommateurs.

Mais au-delà des risques sanitaires déjà connus, une évolution encore plus alarmante se dessine. Dans certains milieux, la chicha est détournée de son usage initial pour devenir un support de consommation de substances psychoactives, notamment des drogues. Cette pratique, parfois ignorée par les utilisateurs eux-mêmes, amplifie considérablement les risques, tant sur le plan de la santé que sur celui de la sécurité sociale.

Face à cette situation, l’absence de réponse forte interpelle. La régulation de la chicha en Guinée demeure insuffisante, laissant proliférer des espaces de consommation peu ou pas contrôlés. Pourtant, l’urgence est réelle : encadrer la distribution, renforcer les contrôles et mener des campagnes de sensibilisation efficaces apparaissent aujourd’hui comme des priorités incontournables.

Cependant, la responsabilité ne saurait incomber uniquement aux autorités publiques. Les familles, les acteurs éducatifs et la jeunesse elle-même ont un rôle déterminant à jouer. Il s’agit avant tout d’un enjeu de prise de conscience collective. Ce qui est perçu comme un simple moment de détente peut rapidement évoluer vers une dépendance insidieuse, aux conséquences durables.

La jeunesse guinéenne constitue un pilier essentiel pour l’avenir du pays. La voir s’exposer à des pratiques à risque, sous couvert de loisir, est une dérive qui appelle à une mobilisation immédiate. Il est encore temps d’agir  mais le temps, lui, presse.

Thierno Abdourahmane Diallo, correspondant à Labé pour Planete7.info 

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