Télimélé à l’arrêt : quand le soutien au CNRD met l’économie locale en veille

Après Boké et Mamou, c’est au tour de Télimélé de vibrer au rythme des mouvements de soutien au Comité National du Rassemblement pour le Développement (CNRD). Les 2 et 3 mai 2025, la préfecture a accueilli en grande pompe des délégations venues de Conakry et d’autres villes du pays pour célébrer, selon les organisateurs, « les acquis de la transition ». Mais cette démonstration de ferveur politique a paralysé la quasi-totalité des activités économiques locales.
Dès les premières heures de la journée du vendredi, les artères principales de la commune urbaine, de la rentrée du centre jusqu’à Samankou, présentaient un visage inhabituel : boutiques closes, magasins verrouillés, rues désertées par les commerçants. Une fermeture généralisée confirmée par plusieurs témoins, dont un citoyen rencontré sur place, qui affirme que « l’ordre de fermeture est venu de la mairie« .

La présence policière était fortement renforcée pour encadrer l’accueil des autorités venues spécialement de la capitale et d’autres préfectures. L’ambiance festive s’est étendue bien au-delà du centre urbain. De Kollet à Gougoudjé, en passant par Sinta et Kambayah, les populations se sont massivement mobilisées, drapeaux en main, slogans à la bouche, pour exprimer leur soutien au président de la transition, le Général Mamadi Doumbouya.

Mais derrière cette démonstration de loyauté politique, certains acteurs économiques tirent la sonnette d’alarme. « Chaque jour de fermeture, c’est une perte sèche pour les petits commerçants« , nous confie un boutiquier de Samankou, visiblement préoccupé.
À Télimélé, comme dans d’autres villes précédemment touchées par cette vague de manifestations pro-CNRD, la question reste posée : jusqu’où peut-on aller dans le soutien politique sans compromettre la vitalité économique locale ?
Mohamed Diallo pour Planete7.info
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