Tayaki : face au manque d’eau et au recul des terres, les habitants interpellent les autorités

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À Tayaki, dans la commune urbaine de Sonfonia, le quotidien des habitants est marqué par un déficit criant d’infrastructures et de services essentiels. Eau potable, électricité, éducation, santé, accès routier : dans cette localité côtière, les besoins s’accumulent. À ces difficultés s’ajoute l’avancée des eaux, qui grignote progressivement les terres et fragilise les activités agricoles. Face à cette situation, les habitants appellent les autorités à agir.

Dans ce secteur situé à proximité de l’océan, trouver de l’eau potable relève du parcours du combattant. La progression des eaux de mer affecte les ressources disponibles sur place, rendant leur consommation difficile. Pour Alseny Cissé, chef de secteur de Tayaki, la question de l’eau est devenue une préoccupation majeure.

« Nous ici, c’est un souci d’eau potable qui nous inquiète gravement. L’océan nous menace et la marée nous envahit également. Nous ne pouvons donc pas consommer cette eau », témoigne-t-il.

Pour s’approvisionner, les habitants doivent se déplacer jusqu’à Kobayah et acheter de l’eau à leurs propres frais.

« Nous sommes obligés de nous diriger vers le quartier Kobayah pour nous approvisionner en eau potable, en achetant des sachets d’eau dans les usines », explique-t-il.

Le manque d’infrastructures touche également le secteur éducatif. Selon le chef de secteur, Tayaki n’a jamais disposé d’un établissement scolaire moderne permettant aux enfants de poursuivre normalement leur cursus.

« Aujourd’hui, l’éducation de nos enfants est entre les mains de Dieu Tout-Puissant. Depuis la création de Tayaki, nous n’avons jamais eu une école moderne ici. Ce sont les volontaires qui donnaient quelques cours à nos enfants », déplore Alseny Cissé.

Une ONG a toutefois contribué à la construction d’un bâtiment scolaire. Une avancée, mais qui reste insuffisante au regard des besoins. L’établissement ne permet pas aux élèves de poursuivre leur scolarité au-delà de la sixième année.

« L’établissement ne se limite qu’à la sixième année. Si nos enfants réussissent à décrocher l’examen d’entrée en 7e année, il faut les envoyer à Kobayah pour poursuivre leurs études. Et si les parents n’ont pas les moyens, l’enfant risque de ne pas pouvoir continuer sa scolarité », souligne-t-il.

À Tayaki, l’avancée des eaux ne menace pas seulement les habitations et les conditions de vie. Elle affecte également les activités qui faisaient vivre de nombreuses familles.

Autrefois, les habitants exploitaient les terres agricoles pour produire plusieurs denrées destinées notamment au marché de Kobayah. Aujourd’hui, cette activité est fortement compromise par la progression des eaux.

« À cause de l’avancée des eaux, beaucoup de nos citoyens sont partis s’installer ailleurs parce qu’il est vraiment difficile de vivre ici », raconte le chef de secteur.

Il se souvient d’une époque où les habitants produisaient notamment du riz, du piment et des légumes, tandis que le poisson issu de la pêche complétait les ressources disponibles.

« Nous cultivions divers produits que nos femmes envoyaient au marché de Kobayah pour les vendre. Cela permettait aux citoyens d’avoir des produits naturels tels que le riz, le piment, le poisson, les tomates, les aubergines… Aujourd’hui, l’eau nous a attaqués et nous ne pouvons plus produire comme avant », regrette-t-il.

Avec le recul des terres agricoles, la pêche demeure l’une des principales activités économiques sur laquelle peuvent encore compter les habitants. Mais les pêcheurs évoluent eux aussi avec des moyens limités.

« La seule chose dont nous bénéficions ici, c’est la pêche. Mais même dans ce domaine, nous avons des difficultés : nos pirogues n’ont pas de moteur. Nous naviguons manuellement », explique Alseny Cissé.

L’absence de motorisation réduit notamment la capacité des pêcheurs à s’éloigner des côtes et à augmenter leurs prises.

« Quand tu es sur l’eau avec une pirogue sans moteur, tu ne peux pas pêcher suffisamment de poissons. Avec une pirogue motorisée, tu peux aller plus loin et bénéficier davantage de la pêche », ajoute-t-il.

Malgré ces nombreuses difficultés, Tayaki dispose d’un potentiel que ses habitants considèrent comme un véritable atout : son littoral. Pendant la saison sèche, la plage attire des visiteurs en quête de détente.

« Malgré nos multiples difficultés, pendant la saison sèche, nous recevons des personnes qui viennent ici pour passer des moments agréables à la plage. C’est le seul privilège que nous avons ici », indique le chef de secteur.

Mais là encore, l’état des infrastructures limite les possibilités de développement. L’accès routier constitue l’un des principaux obstacles.

« C’est justement le manque de route qui nous fatigue le plus », déplore-t-il.

Pour Alseny Cissé, l’absence d’une voie d’accès praticable complique non seulement les déplacements des habitants, mais aussi l’accès aux services essentiels et la valorisation du potentiel économique et touristique de la localité.

À Tayaki, les difficultés sont nombreuses et se répondent les unes aux autres. L’absence d’eau potable, d’électricité et de centre de santé s’ajoute aux problèmes liés à l’éducation, à la dégradation de l’accès routier et au recul des terres sous l’effet de l’avancée des eaux.

« Nous n’avons pas d’eau, nous n’avons pas d’électricité, nous n’avons pas de centre de santé. Tous ces besoins ne peuvent être satisfaits que si nous avons un accès possible », affirme Alseny Cissé.

Le chef de secteur appelle ainsi les autorités à accorder davantage d’attention à cette partie de la commune urbaine de Sonfonia.

« Nous demandons aux autorités de venir nous aider. Il ne faut pas oublier que Tayaki relève de la commune urbaine de Sonfonia. Mais nous sommes les oubliés de cette commune », lance-t-il.

Entre difficultés d’accès à l’eau potable, recul des terres agricoles, manque d’infrastructures et insuffisance des moyens de production, Tayaki fait face à des défis qui pèsent lourdement sur le quotidien de ses habitants. Dans cette localité côtière, l’espoir repose désormais sur une intervention concrète des pouvoirs publics pour améliorer les conditions de vie et préserver les activités qui permettent encore à la population de subsister.

Antoine Neima pour Planete7.info 

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