Kindia : l’interdiction des sachets d’eau ravive le débat sur le coût de l’accès à l’eau

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À Kindia, la disparition progressive des sachets d’eau dans les rues et les marchés ne passe pas inaperçue. Depuis l’entrée en vigueur de l’interdiction de certains emballages plastiques à usage unique, commerçants et consommateurs tentent de s’adapter à de nouveaux modes de conditionnement. Si la mesure est saluée pour son objectif de lutte contre la pollution plastique, elle suscite également des inquiétudes liées au coût de l’eau et au pouvoir d’achat des ménages.

Dans le centre-ville comme dans les marchés, les sachets d’eau, longtemps privilégiés pour leur faible coût et leur accessibilité, se font désormais rares. Pour les vendeurs ambulants, cette situation bouleverse les habitudes commerciales et complique la vente de boissons.

Adama Hawa, qui commercialisait notamment de l’eau et des jus dans le centre-ville, dit faire face à des difficultés depuis la disparition des sachets.

« Nous ne vendons plus les sachets d’eau. Maintenant, on nous propose des bidons, mais cela nous crée beaucoup de difficultés. Les clients trouvent que c’est cher et achètent moins. Nous demandons donc aux autorités de trouver une solution accessible pour les citoyens », témoigne-t-elle.

Dans les restaurants et les marchés, les vendeuses affirment respecter la nouvelle réglementation, tout en redoutant ses répercussions sur leurs activités et sur les dépenses quotidiennes de leurs clients.

Au quartier Manquepas, Dianatou Diallo, vendeuse de riz, estime que la question dépasse désormais le seul cadre du commerce. Pour elle, c’est l’accès à une eau à un prix abordable qui devient une préoccupation pour de nombreuses familles.

« Nous sommes des mères de famille et cette situation nous met en difficulté. Nous souhaitons que des solutions soient trouvées pour permettre aux populations d’avoir accès à l’eau à un prix abordable, surtout à l’approche de la rentrée scolaire », explique-t-elle.

Chez les consommateurs, la question du prix revient également dans les témoignages. Aboubacar Yansané, rencontré dans un restaurant, dit comprendre la nécessité de réduire l’usage du plastique, mais estime que la mesure doit être accompagnée de solutions accessibles.

« Avant, après avoir mangé, on pouvait avoir de l’eau à moindre coût. Aujourd’hui, si le repas coûte 5 000 francs guinéens et que la bouteille d’eau coûte encore plusieurs milliers de francs, certaines personnes sont obligées de repartir chez elles pour boire », déplore-t-il.

Pour ce consommateur, la disponibilité d’un format d’eau vendu à très bas prix pourrait faciliter l’adaptation des populations, tout en tenant compte de leurs réalités économiques.

À Kindia, le débat ne porte donc pas uniquement sur la disparition des sachets d’eau. Il met en lumière une difficulté plus large : comment concilier la lutte contre la pollution plastique avec l’accès quotidien des populations à une eau potable abordable ?

Commerçants et consommateurs semblent partager une même préoccupation : la nécessité de disposer d’alternatives accessibles. Si la réduction des emballages plastiques à usage unique apparaît comme un enjeu environnemental, son application soulève également la question de l’accompagnement des populations face aux changements de prix et de conditionnement.

Dans la cité des agrumes, la transition est désormais engagée. Reste à savoir comment elle pourra s’opérer sans que l’accès à l’eau potable ne devienne davantage une charge pour les ménages les plus modestes.

Sylla Ama, correspondant à Kindia pour Planete7.info

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