Tayaki : entre eaux, enclavement et manque d’infrastructures, les habitants tirent la sonnette d’alarme

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À Tayaki, le quotidien des habitants reste marqué par l’enclavement, les inondations récurrentes et l’absence de plusieurs infrastructures essentielles. À l’approche ou pendant la saison des pluies, les voies d’accès deviennent particulièrement difficiles, tandis que l’électricité, les services de santé et les équipements destinés à la jeunesse font toujours défaut. Face à cette situation, la population appelle les autorités et les personnes de bonne volonté à agir.

À Tayaki, l’accès à la localité se mérite. Les voies fortement dégradées, auxquelles s’ajoute la présence des eaux, compliquent considérablement les déplacements des habitants. Pendant la saison des pluies, certains trajets deviennent particulièrement pénibles, voire difficiles à pratiquer.

Cultivateur et résident de la localité, Alhassane Bissiri Soumah connaît de près ces réalités. S’il commence par saluer les efforts du président de la République en faveur du développement du pays, il décrit ensuite les difficultés auxquelles les populations restent confrontées au quotidien.

« Nous rendons grâce à Dieu pour sa bénédiction et prions pour qu’Il accorde une longue vie à notre président. Nous saluons également son engagement en faveur du développement de notre pays. »

Mais pour les habitants de Tayaki, les attentes demeurent nombreuses. La dégradation des routes figure parmi leurs principales préoccupations.

« Ici, nous rencontrons énormément de difficultés. Vous avez vous-même constaté l’état de la route que vous avez empruntée. Elle est complètement envahie par les eaux, ce qui rend les déplacements particulièrement difficiles, surtout pendant la saison des pluies. »

À l’enclavement s’ajoute une autre difficulté : l’absence d’électricité. À la tombée de la nuit, Tayaki se retrouve plongée dans l’obscurité, une situation qui, selon les habitants, affecte particulièrement les jeunes et les enfants.

« Toute la localité est plongée dans le noir. Jusqu’à présent, nous ne disposons pas d’électricité. C’est une situation qui pénalise fortement les habitants, notamment les jeunes et les enfants. »

Cette absence d’éclairage constitue également un frein aux activités économiques et sociales, alors que la localité manque déjà de plusieurs équipements de base.

À Tayaki, l’eau ne constitue pas seulement un problème de déplacement. Elle représente également une menace pour les habitations et les biens des familles.

Selon Alhassane Bissiri Soumah, la localité, exposée aux effets de la mer et des marées, est régulièrement confrontée à la montée des eaux durant la saison des pluies.

« Nous sommes constamment menacés par les eaux de la mer et les marées. Nous nous retrouvons pratiquement entre deux eaux. À chaque saison des pluies, le niveau de l’eau monte jusqu’à nos habitations. Cette situation nous fatigue énormément et représente une véritable menace pour nos familles et nos biens. »

Cette situation renforce le sentiment de vulnérabilité des habitants, qui souhaitent notamment des mesures permettant de mieux protéger la localité contre les effets des eaux.

Les difficultés ne s’arrêtent pas aux infrastructures routières et à l’électricité. Dans le domaine sanitaire, les habitants déplorent l’absence d’un centre de santé ou d’un hôpital.

« Depuis la création de Tayaki, nous n’avons toujours pas d’hôpital. Nous n’avons même pas de cimetière. Lorsqu’un décès survient, nous sommes obligés de transporter les corps jusqu’au cimetière de Kobayah. C’est une situation très difficile pour les familles. »

Pour les populations, l’éloignement des structures sanitaires complique davantage la prise en charge des malades, particulièrement lorsqu’il s’agit d’enfants nécessitant rapidement des soins ou des médicaments.

La jeunesse de Tayaki fait également face à un déficit d’infrastructures. La seule maison des jeunes construite dans la localité aurait été fortement endommagée par les eaux.

« Lorsqu’on parle de la jeunesse, il faut aussi penser aux espaces de loisirs et d’épanouissement. Malheureusement, nous n’avons pratiquement rien ici. La seule maison des jeunes qui avait été construite a déjà été fortement endommagée par les eaux. »

À cela s’ajoute l’absence d’un véritable marché, obligeant les habitants à composer avec une offre commerciale jugée insuffisante pour répondre aux besoins de la population.

Face à l’accumulation de ces difficultés, les habitants de Tayaki souhaitent que leur situation soit davantage prise en compte. Alhassane Bissiri Soumah appelle notamment les autorités communales, les personnes de bonne volonté et les éventuels partenaires à venir constater directement les réalités de la localité.

« Nous sollicitons vraiment l’appui des personnes de bonne volonté pour venir nous aider. Nous avons parfois le sentiment d’être oubliés. Les autorités communales doivent venir constater directement les réalités que nous vivons ici. »

Il insiste particulièrement sur les difficultés rencontrées par les familles lorsqu’un enfant tombe malade.

« Nous avons beaucoup d’enfants dans la localité et, lorsqu’ils tombent malades, nous rencontrons d’énormes difficultés pour accéder aux médicaments et aux soins. »

À Tayaki, le constat dressé par les habitants est donc celui d’une localité confrontée à plusieurs défis simultanés : accès routier difficile, absence d’électricité, déficit de services sanitaires, exposition aux eaux, manque d’infrastructures pour la jeunesse et insuffisance des équipements commerciaux.

Pour les populations, l’urgence est désormais de voir ces préoccupations transformées en actions concrètes. Leur souhait est simple : pouvoir vivre, se déplacer, se soigner et faire évoluer leurs enfants dans des conditions plus dignes et plus sûres.

 

Antoine Neima pour Planete7.info 

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