Suspension au RPG Arc-en-ciel : Babou Chérif dénonce une trahison et appelle à une refondation par les militants

Le fossé se creuse davantage au sein du RPG Arc-en-ciel. Dans la foulée des suspensions au sein de la coordination régionale de la Haute-Guinée, l’une des figures emblématiques du parti, Babou Chérif, hausse le ton. Dans une déclaration percutante, il fustige la gouvernance actuelle qu’il qualifie d’autoritaire, évoque une « trahison » et exige la tenue d’un congrès pour redonner la parole à la base militante.
Suspendu comme plusieurs de ses camarades, Babou Chérif ne mâche pas ses mots. Pour lui, la crise actuelle est le reflet d’un dysfonctionnement profond de l’appareil dirigeant : « Aujourd’hui, si le ministère de l’Administration du territoire examine les textes fondateurs, le RPG devrait être dissous. Il faut repartir sur des bases saines. Organisons un congrès transparent où chacun pourra démontrer s’il bénéficie réellement de la confiance des militants. »
S’appuyant sur le poids électoral de la Haute-Guinée dans l’histoire du parti, il rappelle : « Le RPG, c’est nous. De Faranah à Kankan, en passant par Kouroussa, Mandiana, Dabola ou Kerouané, c’est nous qui avons toujours mobilisé les voix. Ce parti ne repose pas sur l’argent, mais sur la légitimité populaire. Et cette légitimité, nous l’avons. »
Dans une tentative de repositionner le débat sur l’héritage historique du parti, Babou Chérif replonge dans les origines : « En 1992, le RPG appartenait à feu Bayo, décédé à Paris et inhumé à Banankoroda. Il était l’oncle d’Ampaire, un policier communal. Après sa disparition, le parti a été confié au professeur Alpha Condé. Nous avons été témoins et acteurs de cette histoire. On ne peut pas nous effacer comme si nous n’avions jamais existé. »
Ces propos s’inscrivent dans un contexte de turbulences internes où la grogne monte au sein des structures locales du parti. De plus en plus de militants et cadres réclament un retour à la légitimité militante à travers la convocation d’un congrès national.
Alors que le RPG Arc-en-ciel traverse l’une des phases les plus critiques de son histoire post-transition, la sortie de Babou Chérif sonne comme un ultimatum lancé à la direction actuelle : tourner la page de la gestion verticale et renouer avec les bases populaires, au risque d’un éclatement irréversible.
Saliou Fatou Cissé, correspondant à Kankan pour Planete7.info
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