Sonfonia Gare : l’occupation anarchique de la route du marché asphyxie la circulation

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À Sonfonia Gare, l’axe routier reliant le rond-point T7 au marché central est devenu, au fil des jours, le symbole d’un désordre urbain chronique. Dès l’aube, cette voie stratégique, censée faciliter la mobilité dans l’une des zones les plus fréquentées de la capitale, se transforme en un véritable parcours du combattant. En cause : l’occupation anarchique de la chaussée par des étals de fortune, installés par des femmes vendeuses à la recherche de visibilité et de clients.

Sur plusieurs dizaines de mètres, la route disparaît progressivement sous les légumes, fruits, poissons fumés, condiments et autres produits de première nécessité. L’espace de circulation se réduit dangereusement, obligeant véhicules et piétons à se frayer un passage au milieu d’un enchevêtrement d’étals, de clients et de marchandises. Aux heures de pointe, la situation vire au chaos : embouteillages interminables, klaxons stridents et tensions permanentes, plongeant de nombreux travailleurs dans des retards répétés pour rejoindre leurs lieux de service.

Sur place, les femmes commerçantes ne nient pas l’occupation de la voie publique, mais invoquent une réalité économique implacable. Pour elles, vendre sur la route n’est pas un choix, mais une nécessité.

« À l’intérieur du marché, il n’y a plus de place. Et même quand on en trouve, les clients ne viennent pas. Ici, au bord de la route, on peut au moins vendre quelque chose », explique Mariama Camara, vendeuse de légumes.

Une autre commerçante renchérit, le regard inquiet : « Nous savons que c’est dangereux, mais nous n’avons pas d’alternative. C’est grâce à ces ventes que nous nourrissons nos familles. »

Faute d’une organisation efficace du marché et de solutions concrètes proposées par les autorités locales, la rue s’est progressivement imposée comme un espace de survie économique pour ces femmes.

Cette occupation anarchique n’est pas sans conséquences pour les usagers de la route. Chauffeurs de taxi, conducteurs de motos et piétons dénoncent une situation devenue intenable.

« Il suffit de quelques vendeuses pour bloquer toute la circulation. On peut rester ici plus de 30 minutes pour parcourir à peine 100 mètres », s’indigne Ibrahima Telly Diallo, chauffeur de taxi.

Les motards, particulièrement nombreux dans la zone, se disent les plus exposés aux risques d’accidents. « On slalome entre les étals, les piétons et les voitures. Un faux mouvement et c’est l’accident assuré », confie un conducteur de taxi-moto.

Les riverains, quant à eux, pointent du doigt l’insalubrité et les nuisances quotidiennes. « La route est sale, jonchée de déchets. Il y a souvent des disputes entre vendeuses et chauffeurs, sans parler du bruit », témoigne un habitant du quartier.

Interrogé sous couvert d’anonymat, un agent communal reconnaît l’ampleur du problème et les limites de l’action publique. « La situation est connue. Mais déguerpir ces femmes sans leur proposer de solutions alternatives ne ferait que déplacer le problème ailleurs. Il faut une réponse durable et concertée. »

Au-delà des désagréments quotidiens, l’occupation anarchique de cette route constitue un danger réel et permanent. Femmes vendeuses, enfants, piétons et conducteurs évoluent dans un espace non sécurisé, exposé aux accidents à tout moment.

À Sonfonia Gare, la route du marché illustre ainsi un défi urbain majeur : concilier droit à la mobilité, sécurité routière et survie économique des populations les plus vulnérables. Une équation complexe qui appelle des solutions urgentes et structurées, au risque de voir le désordre s’installer durablement.

Antoine Neima pour Planete7.info 

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