Sommet de la CEDEAO à Freetown : Mamadi Doumbouya appelle à une intégration plus forte et à une refondation de la gouvernance régionale

Au sommet des chefs d’État et de gouvernement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), le président de la République de Guinée, le Général Mamadi Doumbouya, a livré un discours axé sur l’avenir de l’intégration régionale. Face à ses homologues réunis dans la capitale sierra-léonaise, il a plaidé pour une organisation davantage tournée vers le dialogue, la solidarité et les aspirations des peuples ouest-africains.
Dès l’entame de son intervention, le chef de l’État guinéen a replacé le débat dans une perspective historique, rappelant l’idéal qui avait présidé à la création de la CEDEAO en 1975. Citant l’ancien président togolais Gnassingbé Eyadéma – « L’intégration africaine est la seule voie pour le développement et pour éviter les guerres entre nous » –, il a estimé que cette vision reste aujourd’hui une nécessité stratégique face aux multiples défis sécuritaires, économiques et politiques auxquels la sous-région est confrontée.
Pour Mamadi Doumbouya, l’avenir de l’Afrique de l’Ouest dépend avant tout de sa capacité à préserver son unité. « Notre survie et notre prospérité dépendent de notre capacité à rester ensemble, unis, car la division n’arrange que celui qui divise. Il n’y a donc pas de place pour la division », a-t-il déclaré, appelant les États membres à privilégier la cohésion et la confiance mutuelle.
Le président guinéen s’est ensuite attardé sur la gestion des crises régionales, en remettant en question le recours récurrent aux sanctions. Selon lui, ces mesures, bien qu’elles puissent avoir une portée politique, produisent avant tout des conséquences directes sur les populations.
« Les sanctions frappent d’abord les enfants dans les salles de classe, les femmes dans les marchés, les hommes dans les champs et les ateliers. Elles privent les hôpitaux de médicaments essentiels, vident les marchés des denrées indispensables, alimentent les trafics en tous genres et pénalisent avant tout les fils et filles de notre terre », a-t-il affirmé, estimant que les sanctions devraient demeurer un ultime recours et non un mécanisme privilégié de règlement des différends.
Dans cette dynamique, le Général Mamadi Doumbouya a invité la CEDEAO à renouer avec l’esprit de ses pères fondateurs, qui avaient imaginé une communauté bâtie sur la prospérité partagée, la libre circulation des personnes, des biens et des idées, ainsi que sur une coopération renforcée entre les États, plutôt que sur une logique de confrontation.
Au-delà du diagnostic, le président guinéen a formulé une proposition de fond : engager une réforme de la gouvernance de l’organisation régionale afin de la rendre plus inclusive et plus proche des réalités des citoyens. Il a plaidé pour une implication accrue de la jeunesse, des acteurs économiques, des organisations de la société civile et des populations dans les grandes orientations de la CEDEAO, convaincu que l’avenir de l’intégration ouest-africaine ne peut être construit uniquement au niveau des institutions.
Par cette prise de parole à Freetown, Mamadi Doumbouya a réaffirmé la position de la Guinée en faveur d’une CEDEAO rénovée, privilégiant le dialogue, la concertation et la solidarité entre les États membres. Un plaidoyer qui s’inscrit dans le débat sur l’évolution de l’organisation régionale, à un moment où celle-ci est appelée à relever des défis majeurs liés à la sécurité, à la stabilité politique et à l’intégration économique de l’Afrique de l’Ouest.
Thierno Seydou Diallo pour Planete7.info
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