Simandou et CBG : Ousmane Gaoual clarifie la participation de l’État et les enjeux économiques

Face aux interrogations persistantes autour des parts de l’État dans les projets miniers Simandou et CBG, le porte-parole du gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo, a livré de longues explications destinées, selon lui, à « remettre de la rigueur » dans le débat public. Au cours d’une conférence de presse dense et technique, il a détaillé les mécanismes de participation de l’État, les différences entre les deux modèles d’investissement et les impacts économiques attendus.
D’entrée, le porte-parole a rappelé l’envergure exceptionnelle du projet Simandou, qu’il qualifie de « moteur majeur de la transformation économique du pays ».
Selon lui, dès 2026, la Guinée pourrait atteindre :
- 120 millions de tonnes de minerai de fer exportées,
- 28 % de croissance du PIB,
- 670 milliards d’euros de revenus directs pour l’État.
Des prévisions qui, malgré leur ampleur, « reposent sur des bases réalistes », a-t-il assuré. Mais ces perspectives ont aussi nourri polémiques et incompréhensions, notamment sur la part réelle détenue par l’État dans l’ensemble du projet.
L’un des points les plus contestés concerne la comparaison entre les 49 % de participation de l’État dans la CBG, obtenus lors de la concession de 1963, et les 15 % du projet Simandou.

À ce sujet, Ousmane Gaoual a tenu à lever toute ambiguïté :
« On a souvent mis en parallèle les 15 % du Simandou et les 49 % de la CBG. Mais ces 49 %, ce n’est pas un cadeau : c’est une dette contractée pour financer les infrastructures. »
Il a détaillé que ces infrastructures port, cité minière, hôpital, voies ferrées avaient été réalisées grâce à un mécanisme assimilable à un remboursement long terme imputé à la part de l’État.
Résultat, selon lui :
- ces 49 % n’ont jamais généré de profits significatifs dans le budget national,
- l’État a longtemps remboursé des investissements dont la valeur réelle avait été transformée en parts de capital.
« La CBG nous a rapporté 5 millions d’euros en 63 ans d’exploitation », a-t-il chiffré, avant de comparer :
« Sur Simandou, la première année, ce sont 650 millions de dollars qui sont attendus. »
Pour éclairer davantage l’opinion, le ministre a rappelé la structure du gisement Simandou, divisé en quatre blocs :
- Blocs 1 et 2 (Winning Consortium) : application automatique du Code minier, qui attribue 15 % à l’État guinéen.
- Blocs 3 et 4 (Rio Tinto) : concessions octroyées avant le Code minier actuel, donc sans obligation de participation automatique.
La « performance », selon lui, a été d’obtenir les mêmes 15 % sur les blocs 3 et 4, mais cette fois par négociation.
« Obtenir que Rio Tinto s’aligne sur une loi qui n’était pas en vigueur au moment de leur concession, c’est un succès majeur. »
Il indique que ce point est souvent « mal compris ou volontairement caricaturé » par ceux qui comparent les chiffres « sans connaître les mécanismes ».
Autre distinction essentielle, selon le porte-parole : la différence entre les infrastructures héritées de la CBG financées par la dette et celles du projet Simandou.
Il affirme que :
- 650 km de chemin de fer ont été construits sans aucune dette de l’État,
- tout en maintenant les 15 % de participation gratuite,
- et que toutes les infrastructures reviendront intégralement à l’État après 30 ans.
« On n’a pas contracté de dette, mais on récupère 15 % et l’intégralité des actifs plus tard », a-t-il résumé, en opposition à ce qu’il qualifie de « mécanisme lourd » de la CBG.
Face aux critiques publiques, Ousmane Gaoual s’est montré direct : « Ceux qui prennent la parole ne sont pas toujours les plus avertis. On compare 15 % de milliards à 50 % de quelques millions. Ce n’est pas le même ordre de grandeur. »
Il appelle les citoyens à analyser les chiffres « avec rigueur » et à mesurer la portée d’un projet qui, selon lui, va « transformer radicalement l’économie guinéenne dès la première décennie ».
La conférence, riche en détails techniques, visait selon le gouvernement à renforcer la confiance autour d’un dossier stratégique pour la Guinée.
Ousmane Gaoual a conclu sur la nécessité d’expliquer davantage :
« Notre rôle est de clarifier, de rendre compréhensible. La crédibilité internationale de la Guinée repose aussi sur cette transparence. »
Mountaga Pandiara Diallo pour Planete7.info
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