Simandou 2040 : Ismaël NABÉ plaide pour une Guinée qui transforme ses ressources en richesses et en emplois

À l’ouverture du WCAF V, le ministre du Plan, de la Coopération internationale et du Développement, Ismaël NABÉ, a présenté le programme Simandou 2040 comme un levier majeur de la transformation économique de la Guinée. Avec 122 mégaprojets et 36 réformes structurantes répartis sur cinq piliers, cette stratégie ambitionne de dépasser une économie principalement tournée vers l’exportation des ressources naturelles pour développer les infrastructures, l’industrie, les chaînes de valeur locales et les opportunités d’emploi.
Faire des ressources naturelles un moteur de développement durable plutôt qu’une simple source d’exportation : telle est l’ambition mise en avant par le ministre du Plan, de la Coopération internationale et du Développement, Ismaël NABÉ, lors du lancement officiel de la cinquième édition du Forum sur le commerce et l’investissement entre le Royaume-Uni et l’Afrique de l’Ouest et du Centre francophone, le 20 octobre 2026 à Conakry.
Dans son discours, le ministre a placé le programme de développement socio-économique durable et responsable Simandou 2040 au cœur de cette ambition. Présenté comme le nouveau référentiel des politiques nationales de développement pour les quinze prochaines années, ce programme comprend 122 mégaprojets et 36 réformes structurantes organisés autour de cinq piliers : l’agriculture, l’industrie alimentaire et le commerce ; l’éducation et la culture ; les infrastructures, les transports et les technologies ; l’économie, la finance et l’assurance ; ainsi que la santé et le bien-être.
Pour Ismaël NABÉ, ces différents axes doivent être considérés comme les composantes d’une même transformation. L’objectif est de mieux articuler les investissements dans les infrastructures, le développement des capacités productives et la création de nouvelles opportunités économiques, afin que les retombées du développement profitent plus largement aux populations.
Le ministre a notamment souligné le rôle attendu des infrastructures ferroviaires et portuaires dans le désenclavement des territoires, la connexion des producteurs aux marchés et le rapprochement des entreprises guinéennes des chaînes de valeur régionales et mondiales.
À cet égard, il a évoqué une étape symbolique franchie le 12 octobre 2026, avec le voyage inaugural du train de voyageurs de la Compagnie du TransGuinéen, au départ de Morébaya, effectué par le président de la République, Mamadi Doumbouya. Pour le ministre, cette initiative illustre la possibilité de concevoir les infrastructures associées au projet minier Simandou comme des outils pouvant également contribuer à la mobilité des populations et à une meilleure connectivité du territoire.
« Le train a commencé son voyage. À nous de faire en sorte que les opportunités économiques, les emplois et la prospérité voyagent avec lui », a-t-il déclaré dans son allocution, résumant ainsi l’enjeu de la transformation attendue.
Au-delà du secteur minier, Ismaël NABÉ a insisté sur la diversité des perspectives économiques offertes par la Guinée. L’énergie, les infrastructures, la logistique, l’agriculture, l’agro-industrie, le numérique, la formation professionnelle et le développement urbain figurent parmi les secteurs dans lesquels le pays souhaite attirer des partenaires internationaux.
Cette diversification constitue un enjeu important pour développer la transformation locale des matières premières, renforcer les entreprises guinéennes et favoriser l’émergence de chaînes de production plus solides. Le ministre a appelé les partenaires à contribuer à cette dynamique par des investissements, des transferts de technologies, le partage de compétences et l’adoption de standards de qualité.
La dimension régionale occupe également une place dans cette vision. Selon le ministre, les opportunités d’investissement en Guinée doivent être envisagées en lien avec les besoins de l’Afrique de l’Ouest et du Centre francophone, notamment en matière d’infrastructures intégrées, de connectivité des marchés et de développement des capacités de production.
Toutefois, la concrétisation de cette ambition dépendra de la capacité à transformer les orientations stratégiques en projets effectivement réalisés. Ismaël NABÉ a ainsi invité les participants au WCAF V à privilégier des échanges débouchant sur des solutions concrètes, des partenariats opérationnels et des mécanismes de suivi.
Le défi de Simandou 2040 ne se limite donc pas à la mobilisation des investissements. Il consiste également à faire en sorte que les infrastructures et les ressources du pays contribuent au développement des activités productives, à la création d’emplois et à l’accroissement de la valeur ajoutée locale.
À travers ce programme, les autorités guinéennes affichent leur volonté d’inscrire le développement du pays dans une trajectoire de transformation structurelle. Reste désormais à traduire cette ambition en résultats mesurables pour les entreprises, les travailleurs et les populations.
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