Sans eau, sans routes, sans aide : le cri d’alarme des femmes maraîchères de Coba Falléssadé

Dans le secteur de Falléssadé, situé dans le district de Coba Pastoria (préfecture de Kindia), les femmes maraîchères luttent au quotidien pour maintenir en vie une activité agricole pourtant vitale. Malgré leur détermination, elles font face à une précarité structurelle alarmante qui met en péril leur survie économique et celle de leurs familles.
Sous un soleil accablant, Fatoumata Sylla, les mains couvertes de terre, tente tant bien que mal de sauver ce qu’elle peut de ses cultures. Elle résume, avec une amertume palpable, les défis qui minent leur activité :
« Le maraîchage est notre seul moyen de subsistance, mais c’est devenu un véritable parcours du combattant. L’engrais coûte excessivement cher et nous n’avons pas les moyens d’en acheter suffisamment. Nous manquons aussi de produits phytosanitaires. »

Le manque d’eau constitue l’une des principales entraves à leur rendement. En l’absence d’un forage ou d’une source d’approvisionnement pérenne, ces femmes parcourent des kilomètres à pied pour trouver de l’eau, à la fois pour la consommation et pour irriguer leurs jardins :
« Une fois la saison des pluies terminée, c’est la galère. Sans eau, nos cultures dépérissent. Pourtant, il n’existe aucune infrastructure hydraulique ici. Nous demandons un forage, c’est une question de survie », implore Fatoumata Sylla.

Outre les difficultés liées à la production, l’évacuation des produits agricoles vers les centres de vente constitue un casse-tête. Le mauvais état des pistes rurales isole davantage cette localité et renforce l’asphyxie économique des familles : « Aucun véhicule ne peut accéder à notre zone. Pour faire sortir nos produits, nous payons jusqu’à 10 000 GNF par tronçon. Cela réduit considérablement nos bénéfices, voire nous met en perte », déplore-t-elle.

L’histoire de ces maraîchères de Falléssadé est loin d’être un cas isolé. Elle met en lumière l’abandon criant de pans entiers de l’agriculture rurale en Guinée, pourtant considérée comme un levier stratégique pour l’autosuffisance alimentaire. Dans un pays à fort potentiel agricole, l’absence d’investissements ciblés dans les infrastructures de base eau, routes, intrants empêche les femmes rurales, pourtant en première ligne, de sortir de la pauvreté.
Ces femmes appellent aujourd’hui à un engagement concret des autorités, au-delà des discours de soutien à l’agriculture familiale. Leur message est clair : sans eau, sans intrants, sans routes, leur combat quotidien risque de se solder par un abandon de leurs terres. Une perspective lourde de conséquences pour la sécurité alimentaire du pays.
Sylla Ama, correspondant à Kindia pour Planete7.info
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