Retrait de l’UMP de l’AFP : Boubacar Siddighy dénonce une gouvernance « inversée » et un déficit de transparence

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L’Union pour un Mouvement Populaire (UMP) a officiellement acté son retrait de l’Alliance des Forces Patriotiques (AFP), marquant ainsi une rupture majeure au sein de cette plateforme politique. Dans un entretien exclusif accordé à notre rédaction, son président, l’Honorable Boubacar Siddighy, a livré une analyse sans concession des dysfonctionnements internes qui, selon lui, ont rendu cette séparation inévitable.

D’après le leader de l’UMP, les difficultés de l’AFP remontent à sa genèse. Il rappelle que plusieurs membres fondateurs ont quitté l’Alliance dès les premiers mois, signe avant-coureur d’un malaise structurel profond. « Depuis la création de l’AFP, aucune réunion formelle des leaders n’a été convoquée par le coordinateur, en violation flagrante des textes fondateurs », affirme-t-il.

L’Honorable Siddighy soutient avoir multiplié les démarches de médiation pour tenter de restaurer un fonctionnement conforme aux règles d’une alliance politique moderne. Mais ses efforts se seraient heurtés à ce qu’il qualifie de dérive organisationnelle.

« Nous avons assisté à une confusion totale des rôles : des conseillers se comportaient comme des décideurs, des vice-coordinateurs étaient marginalisés, et le secrétaire général s’érigeait en coordinateur par intérim. L’AFP n’était plus une alliance politique, mais une juxtaposition de mouvements et d’associations », déplore-t-il.

Selon lui, cette configuration a progressivement vidé l’Alliance de sa substance politique, au profit d’un fonctionnement informel et centralisé, loin des standards démocratiques.

Le président de l’UMP pointe également une gestion qu’il estime « amateur et opaque », notamment lors de la dernière campagne électorale. Il révèle que le candidat soutenu par l’AFP aurait mobilisé d’importants moyens logistiques et financiers, dont une dizaine de véhicules et une enveloppe avoisinant 750 millions de francs guinéens.

« Aucun mécanisme de transparence n’a été mis en place. Aucun parti membre n’a été associé à l’élaboration d’un schéma de répartition des ressources. Les véhicules sont restés entre les mains d’un cercle restreint à la coordination nationale, sans véritable stratégie de déploiement sur le terrain », explique-t-il.

Pour l’Honorable Siddighy, cette manière de gérer les ressources est incompatible avec toute ambition de gouvernance nationale. « On ne peut pas prétendre diriger un pays quand on est incapable de gérer, avec rigueur et transparence, une alliance politique », martèle-t-il.

Fort de plus de deux décennies d’engagement politique, le président de l’UMP se dit profondément choqué par ce qu’il considère comme une dérive inédite. « En vingt ans de vie politique, je n’ai jamais été confronté à une alliance aussi désorganisée et renversée dans sa gouvernance », confie-t-il.

Estimant avoir épuisé toutes les tentatives de réforme interne, la direction nationale de l’UMP a donc formellement décidé de mettre un terme à sa participation au sein de l’AFP. Une instruction claire a été transmise à l’ensemble des structures du parti, en Guinée comme à l’étranger, leur enjoignant de suspendre immédiatement toute collaboration avec l’Alliance.

« À compter de ce jour, l’UMP n’est plus membre de l’AFP », a déclaré l’Honorable Siddighy, annonçant que des directives opérationnelles seront diffusées dans les prochains jours afin d’assurer l’exécution effective de cette décision.

Pour le leader de l’UMP, cette rupture marque un nouveau départ : « Sortir de cette alliance est un soulagement. On ne peut pas évoluer durablement dans un cadre où l’on ne se reconnaît plus, ni dans les pratiques, ni dans la vision ».

Salif Camara pour Planete7.info 

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