Restitution du patrimoine : la Guinée et la France ouvrent une nouvelle séquence

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La Guinée et la France avancent vers l’examen des demandes guinéennes de restitution de biens culturels et de restes humains conservés dans des institutions françaises. Une commission bilatérale doit prochainement permettre d’étudier les dossiers et de retracer l’histoire des collections concernées.

Le processus de restitution du patrimoine guinéen conservé en France entre dans une nouvelle phase. Après une demande officielle adressée par le gouvernement guinéen en juillet 2026, les autorités françaises prévoient d’engager la procédure devant conduire à l’examen des biens concernés.

Jean-Luc Martinez, ambassadeur chargé de la coopération internationale dans le domaine du patrimoine, annonce notamment la mise en place d’une commission bilatérale composée de chercheurs guinéens et de représentants des institutions françaises détentrices des collections.

Le travail portera notamment sur des objets conservés au musée de l’Armée, à la Bibliothèque nationale de France, au musée du Quai Branly et au Musée de l’Homme. Les chercheurs devront établir l’origine des pièces, retracer leur parcours et documenter les conditions dans lesquelles elles ont quitté la Guinée.

« La dernière loi a été votée le 9 mai 2026 », précise Jean-Luc Martinez, en référence au nouveau cadre juridique français encadrant ces restitutions. La procédure doit d’abord passer par une réponse officielle de la France à la demande guinéenne, avant l’installation de la commission.

Pour les restes humains dont l’identification est clairement établie, le processus pourrait être plus direct. Jean-Luc Martinez évoque une durée pouvant aller de trois à six mois selon la complexité des dossiers, tout en précisant qu’aucun calendrier définitif n’est encore fixé pour la Guinée.

En Guinée, le Centre d’Innovation, de Recherche et de Développement (CIRD) accompagne le processus. Sa directrice, l’historienne Safiatou Diallo, insiste sur la nécessité de documenter rigoureusement l’histoire des biens concernés.

« Notre engagement repose sur la vérité historique », souligne-t-elle, appelant à établir les circonstances du départ des objets et des restes humains, leur parcours jusqu’en France et leurs conditions actuelles de conservation.

Pour l’historienne, cette démarche dépasse la seule restitution matérielle. Elle doit également permettre à la Guinée de retrouver et transmettre une partie de son histoire, aujourd’hui conservée à l’étranger.

La prochaine étape sera donc la réponse officielle de la France, suivie de l’installation de la commission bilatérale. Son travail devra permettre d’établir les faits et de formuler des recommandations avant les éventuelles décisions de restitution.

 

Thierno Seydou Diallo pour Planete7.info

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