Mandia Koné plaide pour une meilleure orientation des jeunes et la valorisation des activités extrascolaires en Guinée

Face au journaliste Pathé Diallo dans l’émission « Face à Pathé » diffusée sur Planete7, Mandia Koné a livré une réflexion approfondie sur les défis qui freinent l’épanouissement de la jeunesse guinéenne. Entre manque d’activités extrascolaires, orientation professionnelle inadaptée et faible reconnaissance des métiers techniques, l’entrepreneure estime qu’une transformation des mentalités et des politiques éducatives est devenue indispensable.
Pour elle, le premier constat est celui du manque d’espaces d’apprentissage et de développement personnel en dehors du cadre scolaire. Selon Mandia Koné, de nombreux enfants se retrouvent sans activités constructives après les cours, une situation qui limite leur épanouissement et leur confiance en eux.
« Alors, ce qui m’a frappée en premier, aujourd’hui, c’est qu’en Guinée il n’y a pas énormément d’activités pour les enfants à la sortie de l’école. Donc « L’Étoile d’Afrique », en premier, c’est ce besoin que j’ai voulu combler : je veux que lorsque les enfants sortent de l’école, ils puissent avoir des choses à faire qui participent à leur construction, à leur autonomisation, à leur confiance en eux et à leur développement personnel. Donc j’aimerais qu’il y ait une panoplie d’activités extrascolaires, des sports aussi, pour les jeunes filles, pour qu’elles puissent avoir confiance en elles en Guinée », a-t-elle déclaré.
Au-delà des activités périscolaires, la fondatrice de Diamanco Consulting s’est inquiétée de l’inadéquation entre les formations suivies par de nombreux jeunes et leurs véritables aptitudes. À ses yeux, les choix d’orientation restent encore largement influencés par les considérations sociales, au détriment des talents et des passions de chacun.
« Beaucoup de jeunes ne sont pas dans les voies qui leur correspondent. On a beaucoup de jeunes aujourd’hui qui sont diplômés, par exemple, en communication, alors qu’ils sont doués en cuisine. J’essaie aujourd’hui d’expliquer qu’il est important d’aller vers ce que l’on aime faire. On a des jeunes dames que je reçois qui ont des facultés en coiffure, mais qui, pour le regard de la société, sont aujourd’hui diplômées en master de communication. Aujourd’hui, il faut que les jeunes aillent vers leurs compétences. La compétence peut être monétisée. Quand on a une facilité à parler, dans la couture ou dans la cuisine, ce don qu’on a tous à la naissance, il faut le fructifier », a-t-elle expliqué.
Mandia Koné estime que cette réflexion doit également s’inscrire dans une stratégie nationale d’orientation tenant compte des réalités économiques de la Guinée. Selon elle, les besoins du pays imposent une meilleure valorisation des formations techniques et professionnelles.
« C’est au niveau de la gouvernance, mais aussi des mœurs et de la culture. Lorsqu’on voit la réalité de la Guinée, qui détient deux tiers des réserves mondiales de bauxite, on ne peut pas orienter la plupart des étudiants uniquement vers des carrières d’avocats, de juges ou de médecins. On a besoin de main-d’œuvre, de logistique, de transport et de mécaniciens. Les parents considèrent encore ces professions comme des « sous-métiers » et n’orientent pas leurs enfants vers ces filières », a-t-elle affirmé.
À travers cette intervention, Mandia Koné plaide pour une réforme en profondeur de l’orientation scolaire et professionnelle en Guinée. Elle défend un modèle éducatif qui valorise les compétences, les talents individuels et les métiers techniques, tout en développant des activités extrascolaires capables de renforcer l’autonomie, la confiance en soi et l’employabilité des jeunes. Pour l’entrepreneure, c’est à cette condition que le système éducatif pourra répondre efficacement aux besoins du développement économique et social du pays.
Sylla Ama pour Planete7.info
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