Mamou : la réouverture des usines d’eau minérale vire à la flambée des prix

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À Mamou, la réouverture des usines de production d’eau minérale, longtemps attendue après plusieurs semaines de fermeture, devait apporter un souffle de soulagement à la population durement éprouvée par une pénurie. Mais cet espoir s’est vite transformé en inquiétude : les prix de l’eau minérale connaissent une hausse vertigineuse, plaçant ce produit vital hors de portée de nombreux foyers.

Jusqu’alors, un paquet d’eau s’achetait à 5.000 francs guinéens. Aujourd’hui, il faut débourser entre 7.000 et 8.000 francs dans certains points de vente, soit une augmentation de plus de 50 %. Une flambée qui tombe au pire moment, dans un contexte économique déjà marqué par la cherté de la vie et l’érosion du pouvoir d’achat.

L’eau minérale, indispensable pour compenser la qualité souvent incertaine de l’eau potable dans la ville, devient désormais un luxe. Dans les rues de Mamou, les habitants ne cachent ni leur frustration ni leur désarroi.

Adama Hawa Baldé, ménagère et consommatrice régulière, témoigne :
« Personnellement, le montant est trop élevé. D’habitude, on achetait à 5.000 francs, maintenant c’est à 6.000 ou plus. C’est trop cher. Nous demandons que les prix soient diminués et que les autorités fassent respecter les mesures annoncées, afin que les consommateurs puissent avoir un accès équitable à l’eau. »

Même inquiétude chez Mohamed Lamine Bah, diplômé sans emploi, reconverti en conducteur de taxi-moto pour subvenir aux besoins de sa famille :
« Nous comprenons que les usines doivent fonctionner pour survivre. Mais comment les familles modestes peuvent-elles s’hydrater correctement avec des prix qui augmentent presque chaque jour ? L’eau est un besoin vital, pas un luxe. Nous appelons les autorités à réguler d’urgence ces tarifs, sinon beaucoup de citoyens seront contraints de recourir à des alternatives dangereuses pour leur santé. »

Ces témoignages traduisent un malaise grandissant : entre la nécessité économique des industriels et le droit fondamental des citoyens à l’eau potable, l’équilibre semble rompu. La hausse brutale des prix soulève une question urgente de régulation.

Face à cette crise, les attentes sont claires : un encadrement rigoureux des prix, un contrôle renforcé de la qualité de l’eau et un approvisionnement stable. Sans une action immédiate, la réouverture des usines d’eau minérale, censée incarner un retour à la normale, risque de provoquer une véritable crise sociale à Mamou.

La flambée des prix de l’eau n’est pas seulement un problème économique : c’est un signal d’alarme pour la santé publique et la cohésion sociale. Dans une région où l’accès à l’eau saine est vital, les autorités sont désormais interpellées.

Ibrahima Molota Soumah, correspondant à Mamou pour Planete7.info 

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