
À l’approche des élections du 31 mai 2026, la Haute Autorité de la Communication (HAC) intensifie son dispositif de supervision médiatique dans la région administrative de Mamou. En première ligne, Hadja Oumoul Khairy Cherif, commissaire de l’institution et coordinatrice régionale de la campagne médiatique électorale, multiplie les appels à la responsabilité afin de préserver un climat électoral apaisé.
Dans une interview accordée ce samedi 16 mai 2026 à la Radio Rurale de Mamou, la commissaire a détaillé les missions confiées à la HAC dans le cadre de l’organisation et de la régulation des campagnes électorales sur l’ensemble du territoire national. Chargée de la coordination des activités médiatiques à Mamou, Dalaba et Pita, elle supervise, avec l’appui de deux délégués locaux, le respect des règles encadrant la communication des différents candidats engagés dans les élections législatives et communales.
Selon elle, la mobilisation de la HAC intervient à la suite du décret présidentiel ouvrant officiellement la période de campagne électorale. Une responsabilité que l’institution assume dans la continuité de son rôle historique dans les processus démocratiques guinéens.
« Depuis les premières élections pluralistes de 1993, les organes de régulation ont toujours accompagné les campagnes électorales. Aujourd’hui encore, la HAC est chargée de garantir l’équité dans l’accès aux médias publics et de veiller au respect des règles de communication électorale », a-t-elle rappelé.
Dans cette dynamique, la commissaire insiste particulièrement sur l’obligation d’assurer un traitement équitable à tous les candidats, notamment à travers les médias de service public, parmi lesquels la Radio Télévision Guinéenne (RTG), les radios rurales et les stations régionales.
À Mamou, plusieurs candidats ont déjà commencé l’enregistrement de leurs messages de campagne destinés à être diffusés sur les antennes publiques. Une démarche qui concerne aussi bien les prétendants aux sièges législatifs que les candidats aux élections communales.
Au-delà des médias d’État, la HAC a également adopté des mécanismes spécifiques pour encadrer les médias privés et les plateformes numériques. Hadja Oumoul Khairy Cherif explique que deux décisions majeures ont été prises : l’une relative aux médias publics, l’autre destinée aux médias privés. À cela s’ajoute une directive portant sur l’utilisation des outils numériques pendant la campagne.
À Conakry, où les radios rurales sont absentes, la HAC a conclu un partenariat avec treize radios privées afin d’assurer la couverture des quatorze circonscriptions électorales de la capitale. Dans les régions, les médias privés restent autorisés à vendre des espaces de campagne, à condition de respecter strictement les principes de neutralité et de responsabilité.
La commissaire avertit toutefois que tout contenu à caractère violent, haineux ou susceptible de troubler l’ordre public fera l’objet d’une surveillance rigoureuse.
« Nous monitorons quotidiennement les radios, les sites internet et les contenus diffusés sur les plateformes numériques. Dès qu’un dérapage est constaté, les médias concernés sont immédiatement interpellés », a-t-elle précisé.
Concernant les réseaux sociaux, la HAC reconnaît aux candidats la liberté de créer et d’animer leurs propres plateformes de communication. Cependant, dès lors qu’il s’agit de contenus de campagne, ces espaces tombent automatiquement sous le contrôle de l’organe de régulation.
Dans un contexte politique souvent marqué par les tensions, Hadja Oumoul Khairy Cherif a lancé un appel solennel aux acteurs politiques, aux médias et aux citoyens pour privilégier des discours responsables et rassembleurs.
Elle invite les candidats à éviter toute instrumentalisation de l’ethnie, de la religion ou des appartenances régionales dans leurs interventions publiques, rappelant que les échéances électorales restent temporaires, tandis que les liens sociaux demeurent.
« Après les élections, ce sont les mêmes familles, les mêmes voisins et les mêmes communautés qui continuent de vivre ensemble. Les candidats doivent tenir des discours d’unité et de paix afin de préserver la cohésion sociale », a-t-elle insisté.
À travers cette présence active sur le terrain, la HAC entend garantir un traitement médiatique équilibré des candidatures tout en prévenant les dérives verbales pouvant fragiliser la stabilité sociale. À Mamou comme ailleurs, l’institution veut faire de cette campagne électorale un exercice démocratique apaisé, fondé sur le respect des règles républicaines et du vivre-ensemble.
Ibrahima Molota Soumah, correspondant à Mamou pour Planete7.info
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