Mamou : dix mois après la démolition, la clôture de la Maison des Jeunes toujours en attente de reconstruction

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Dix mois après la démolition de sa clôture, la Maison des Jeunes de Mamou offre un visage qui interroge et inquiète. À l’entrée du site, le doute s’installe immédiatement : s’agit-il réellement d’un espace dédié à la jeunesse ou d’une gare routière à l’abandon ? L’image est saisissante. Ce bâtiment public, autrefois symbole de rassemblement et d’encadrement des jeunes, semble aujourd’hui livré à lui-même, sans protection ni perspectives claires de réhabilitation.

La clôture de la Maison des Jeunes avait été démantelée en avril 2025, en prélude à la grande marche de soutien à la candidature du général Mamadi Doumbouya, organisée les 25 et 26 avril dans la ville de Mamou. Présentée à l’époque comme une mesure de sécurité et de fluidification de l’accès au site, cette décision devait être suivie, selon plusieurs responsables, d’une reconstruction immédiate après l’événement. Or, près d’une année plus tard, rien n’a été fait.

Face à cette situation, de nombreuses interrogations persistent au sein de la population : un projet de reconstruction avait-il réellement été prévu ? Pourquoi aucune action concrète n’a-t-elle été engagée depuis ? Les autorités locales ont-elles failli à leurs responsabilités ? Et surtout, cette démolition était-elle indispensable et urgente au point de laisser aujourd’hui un équipement public dans un état aussi préoccupant ?

Conscient de la sensibilité du dossier, le président de la délégation spéciale de la commune urbaine de Mamou, Nouhou Djogo Bah, est revenu sur cette affaire lors de la quatrième session ordinaire de la mairie, tenue le mardi 6 janvier 2026. Il a tenu à justifier la décision prise en avril dernier, invoquant des impératifs sécuritaires.

« Nous étions obligés de démanteler la clôture de la Maison des Jeunes de Mamou afin de permettre un accès libre à la foule, d’éviter les heurts, les bousculades et d’éventuelles pertes en vies humaines. Il fallait renforcer la sécurité. La commune a agi avec l’aval des autorités compétentes. Cette décision a été utile, car la foule accueillie ne pouvait pas être contenue à l’intérieur de l’enceinte », a-t-il expliqué.

S’agissant de la reconstruction de la clôture après la manifestation, le responsable communal reconnaît un échec dans la suite du processus. Selon lui, les démarches ont bien été entamées, mais la communication avec les autorités concernées n’a pas abouti comme prévu.

« Après l’événement, il était entendu que la clôture serait reconstruite. Les contacts ont commencé, les discussions aussi. Mais le mouvement était coordonné par le ministère de la Sécurité. Un message devait être porté par un sage de Mamou. Malheureusement, cela n’a pas été fait comme convenu. Celui qui a pris la parole s’est limité aux remerciements, sans rappeler la nécessité de reconstruire ce qui avait été démoli », a-t-il déploré.

Dans la recherche de solutions, la commune s’est également tournée vers le ministère de la Jeunesse, tutelle de la Maison des Jeunes. Une démarche restée sans suite favorable.

« Nous avons sollicité le ministère de la Jeunesse pour voir s’il pouvait prendre en charge la reconstruction de la clôture. Il nous a été répondu qu’aucune ressource n’était prévue à cet effet. Aujourd’hui, la situation est tout simplement décevante. On ne distingue plus la Maison des Jeunes de la gare routière. Ce qui s’y passe nuit gravement à l’image et à la vocation de ce lieu », a regretté le président de la municipalité.

Selon Nouhou Djogo Bah, certaines autorités ont même évoqué une reprise en main du site par un autre département, laissant planer le flou sur la gestion future de cette infrastructure dédiée à la jeunesse.

Pour de nombreux observateurs, ce dossier met en lumière les failles dans la gestion et la protection des infrastructures publiques en Guinée, en particulier celles destinées à la jeunesse. À Mamou, l’attente se prolonge et l’impatience grandit.

Au-delà des discours et des justifications, les citoyens réclament désormais des actes concrets : la reconstruction rapide de la clôture, des engagements clairs et un véritable plan de prise en charge de la Maison des Jeunes. À défaut, l’espoir risque de céder la place à une défiance durable, au détriment du développement local et de l’avenir des jeunes. Il est temps que les responsabilités soient assumées et que la Maison des Jeunes de Mamou retrouve son rôle de cadre d’épanouissement, plutôt que de demeurer le symbole d’un abandon prolongé.

Ibrahima Molota Soumah, correspondant à Mamou pour Planete7.info 

Contact Planete7.info : 624045895/625214852

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