Luc Briard, ambassadeur de France en Guinée : “Un partenariat d’égal à égal, au service des peuples”

Dans une interview exclusive accordée à notre rédaction Planète 7 TV, l’ambassadeur de France en République de Guinée, M. Luc Briard, a livré ce mercredi une analyse lucide et engagée sur les relations franco-guinéennes, dans un contexte de transition politique en Guinée et de bouleversements géopolitiques à l’échelle mondiale.
Nommé en août 2024 en remplacement de M. Marc Fombostier, le diplomate français effectue ainsi un retour sur le continent africain, porteur d’une mission qu’il qualifie lui-même de « belle responsabilité » et de « moment de gravité ». « J’ai été très honoré de cette nomination. C’est un temps charnière, aussi bien pour la Guinée que pour le monde. Il s’agit de représenter la France dans un esprit d’écoute, de respect et de coopération équilibrée », a déclaré M. Briard d’un ton à la fois solennel et déterminé.
Interrogé sur sa mission fondamentale à Conakry, le diplomate a précisé qu’il ne s’agit pas d’une démarche paternaliste ni d’une relation déséquilibrée, mais d’une représentation fidèle des intérêts français dans un esprit de multilatéralisme et de respect mutuel. « La colonisation est un chapitre clos depuis 1958. Aujourd’hui, nous sommes partenaires. Mon rôle est de défendre les intérêts de la France tout en dialoguant avec la Guinée, sur un pied d’égalité, qu’il s’agisse d’économie, de culture ou de principes fondamentaux. »
L’ambassadeur Briard a également décliné les priorités de la coopération franco-guinéenne, qu’il veut résolument tournée vers les besoins de la population. Si la France n’est pas présente dans les secteurs miniers, bauxite et fer, elle mise sur des projets d’impact direct : construction de quatre hôpitaux régionaux, mise en place de la Télévision Numérique Terrestre (TNT), installation d’un radar civilo-militaire pour renforcer la souveraineté aérienne, ou encore la construction de ponts pour désenclaver les zones rurales.
Ces projets sont financés par des prêts guinéens, mais portés par une expertise française. À cela s’ajoute une coopération de développement portée par l’Agence française de développement, France Volontaires, l’Institut Pasteur, l’IRD, ou encore le CIRAD, pour renforcer l’accès à l’éducation, la santé, l’eau, l’énergie et l’assainissement.
La culture occupe une place centrale dans cette relation bilatérale. « C’est un domaine où la France a un avantage comparatif », a insisté M. Briard, citant le rôle stratégique du Centre culturel franco-guinéen (CCFG) dans la valorisation et l’internationalisation des artistes guinéens. Il a salué le parcours du Circus Baobab, primé à Monaco, ou encore celui de Queen Rima, récemment récompensée dans le domaine de la musique.
L’ambassadeur a salué le retour de la Guinée dans certaines instances régionales et internationales, comme la CEDEAO ou l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), soulignant la volonté du pays de « parler à tout le monde ». Pour la France, la Guinée peut et doit être un acteur majeur du multilatéralisme en Afrique de l’Ouest.
Cet entretien accordé à Planète 7 TV révèle la posture d’un diplomate à l’écoute, porté par une vision claire d’une coopération respectueuse, inclusive et tournée vers l’avenir. Un message fort dans une période charnière, où chaque geste diplomatique compte.
Mountaga Pandiara Diallo pour Planete7.info
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