Liberté de la presse : Cellou Dalein Diallo dénonce une “stratégie délibérée de musellement” en Guinée

À l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, le président de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG), Cellou Dalein Diallo, a publié un message au ton ferme et engagé sur sa page Facebook. Une sortie publique dans laquelle il dénonce fermement les atteintes répétées à la liberté de la presse sous la junte au pouvoir.
Placée cette année sous le thème évocateur « Informer dans un monde nouveau – L’impact de l’intelligence artificielle sur la liberté de la presse et les médias », la Journée mondiale de la liberté de la presse ne résonne pas de la même manière pour les journalistes guinéens. Pour beaucoup d’entre eux, la fête a un goût amer. Cellou Dalein Diallo, figure politique majeure et fervent défenseur des droits humains, s’en est fait l’écho dans une déclaration marquante.
« Les journalistes n’ont pas le cœur à la fête », écrit-il d’emblée, avant de dresser un tableau sombre de la situation des médias en Guinée. L’ancien Premier ministre s’appuie notamment sur le dernier rapport de Reporters sans frontières (RSF), qui fait état d’un net recul de la liberté de la presse dans le pays. Selon lui, les pratiques actuelles – allant du harcèlement aux enlèvements de journalistes, en passant par les coupures d’internet et la destruction de matériels de diffusion traduisent une politique délibérée d’étouffement des voix critiques.
« Ces pratiques liberticides ne relèvent pas du hasard, mais s’inscrivent dans un vaste programme ouvertement assumé par la junte de faire taire toutes les voix dissonantes », dénonce-t-il, accusant les autorités de vouloir « confisquer le pouvoir » en bâillonnant la presse indépendante.
Cellou Dalein va plus loin en mettant en cause le rôle des institutions censées protéger la presse. Il accuse les tribunaux et la Haute Autorité de la Communication (HAC) de se comporter en « bras armés d’un pouvoir d’exception », en usant de leurs prérogatives pour intimider, sanctionner, voire fermer les médias qui osent critiquer la junte. Dans ce contexte, il cite explicitement le retrait des agréments de radios et télévisions de grande audience telles que Espace TV, Djoma FM et FIM FM, des décisions qui auraient, selon lui, « détruit un millier d’emplois ».
Face à ce qu’il qualifie de « dérive autoritaire », le leader de l’UFDG appelle les journalistes, les citoyens et les défenseurs des libertés à se lever. « J’exhorte les journalistes, les nombreux amis de la presse ainsi que tous les citoyens attachés à la liberté d’expression à sortir de leur silence », écrit-il. Il invite à une mobilisation pour exiger la réouverture des médias fermés et le respect de l’indépendance de la presse.
Cellou Dalein conclut son message en réaffirmant son engagement personnel dans ce combat, qu’il estime « nécessaire à la vitalité de notre démocratie et au bon fonctionnement de l’État de droit ».
En ce 3 mai, la voix de l’opposant résonne comme un appel à la résistance face aux dérives autoritaires et à la défense d’un pilier fondamental de toute société démocratique : la liberté de la presse. Dans un contexte de répression croissante, son message vient rappeler que la bataille pour une information libre, plurielle et indépendante reste plus que jamais d’actualité en Guinée.
Mountaga Pandiara Diallo pour Planete7.info
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