LES CORRESPONDANCES DE THIÂ’NGUEL (Chronique)

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Très cher Président de la République, M. Mamadi Doumbouya,
C’est avec un cœur rempli de joie que je vous écris cette nouvelle missive. Permettez-moi tout d’abord, au corps à corps, de vous adresser mes plus sincères et fraternelles salutations.
Prési, j’ai laissé traîner ces derniers temps mes grandes oreilles de lapinou dans le pays. Elles ont capté une petite affaire qui s’est jouée du côté de chez les blanc-becs bouffeurs de fromage et de baguette. Apparemment, c’est vous qui avez géré le machin le doigt dans le nez. Pardon, prési, c’est ça l’expression. Etant un cool colosse, je sais que vous allez laisser couler pour le gringalet que je suis. Pardonnez les imprudentes conneries qui sommeillent dans le crâne d’oiseau qui me sert de tête.Bon, revenons à nos moutons avant qu’ils s’égarent, alors que la Tabaski approche.
M. le Président, on m’a dit que notre bled, dans le cadre du gbangan qui l’a opposé aux sociétés Guinea Alumina Corporation (GAC) et Emirates Global Aluminium (EGA), on est parvenu à fumet le calumet de la paix. Mais sans champagne. Parce que nous, en vrai vrai musulman qu’on est, qui fout toujours un coup de pieds aux fesses de Cheytan, nous, c’est bissap, djindjan… et Kossan qu’on boit, surtout si un foulèdi traîne dans les parages.
En tout cas, devant le touli gbéélii croqueur de baguettes, il parâit qu’on a bu des gorgées fraîches pour des gosiers qui étaient plutôt bien enflammés. Il y a eu des négocia-chions sous la conduite du Bâtonnier de l’Ordre des avocats de Paris. Le mec avait une mission: Pas mission impossible à la Tom Cruise. Les gauches, les droites et les uppercuts sur le ring devaient cesser définitivement. Et amicalement. Avec des bisous, suçons et câlins, et du zook love. A maama gnoye. On pose les gants et on boit du djindjan pour CBG aussi. Et voilà! sucre ba, sel ba, miel ba, tout dans la même calebasse, remplie on dirait un collant dongaafèlè sur une go patapouf. Tout ça pour le plaisir des langues, des papilles et des palais des deux côtés.
Prési, puisque je traîne partout et pour tout, dans tous les coins du bled, j’ai appris par ailleurs qu’il y a quelques âmes déconnectées de ce kibaro. Des âmes perdues comme celles du fin fond de mon Thiâ’nguel. Ils me cassent les tympans pour savoir quel filou spermatozoide ou fayotte ovule a procréé de ce gamin. Comment tout ça a commencé.

M. le Président, wallaye, j’avais décidé de rien dire. Ils n’avaient qu’ouvrir les oreilles pour savoir. Et dans dans mon crâne, il y avait un ronronnement de magbana qui disait: Mi Sali, n’tondi, n’të, etc… s’ils veulent, ils n’ont qu’à marcher sur la tête à choper une calvitie précoce. Ça m’a fout. J’avais décidé de ne broncher aucun mot, à plus forte cracher une phrase. Mais je me suis dit, mon Président est cool, et puisque vous êtes transparent, que vous n’avez jamais rien à cacher, j’ai expliqué qu’en fait votre cœur est monté, a bondi, parce que les enturbanés du désert avaient juré, sur le feu de Satan dans la bouche, qu’ils allaient contruire dans notre bled des foyers pour fabriquer baafataa, piléetii, gobelet et tous les gnimignama d’alumine. Mais non, eux, ils ont regardé ailleurs, tranquilles, pendant que nous, on attendait notre gnimignama de baafataa.

Eux-aussi, ils on dit qu’ils ont dit que, que ouais, que nous aussi on n’a pas été très gentil, qu’on a mis cadenas sur leurs affaires, qu’on on a pris de grosses cravaches pour carersser leur popotin. Voilà donc chacun qui crache dans le maafée de l’autre. Voilà que tout le monde met poussière et sable dans le lait caillé de l’autre. Et quand c’est comme ça, faut causer, Prési. Pour jeter le börè et le kossan poussiéreux. Sinon, c’est chacun pour soi, Dieu pour les cons. Donc, ç’a causé, ç’a papoté, ç’a bavardé, ç’a sué. Mais à la fin de la fin, l’affaire est bouclée.

M. le Président, voilà moi ce que j’ai entendu. Tout ça là, j’ai entendu que c’est le Comité du grand Djiba, en bon entraîneur, qui a protégé le ring. J’ai entendu que quand le mangeur de camenbert a sifflé le coup de sifflet final, tout le monde, enturbanés de désert et bledards de notre bled, il paraît que ç’a souri jusqu’aux oreilles. Voilà mon kibaro, prési, que j’ai envoyé à tous nos cons patriotes. Pardon, compatriotes, j’allais dire.

En espérant que je n’ai pas éructé trop de conneries, et souhaitant avoir bientôt de vos nouvelles de colosse, transmettez mes plus fèlèkè fèlèkè foulèdi salutations à votre famille et à l’ensemble de vos collaborateurs.

Souleymane Thiâ’nguel BAH

À : M. Mamadi Doumbouya, PRG
Palais Mohamed V, Commune de Kaloum
Conakry, RÉPUBLIQUE DE GUINÉE

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