Lancement du Mois de l’Enfant Guinéen : un engagement renouvelé pour les droits et le bien-être des plus jeunes

La Bluezone de Sonfonia a vibré ce lundi au rythme d’une mobilisation nationale en faveur de l’enfance. Le lancement officiel du Mois de l’Enfant Guinéen y a été célébré en présence de la ministre de la Promotion Féminine, de l’Enfance et des Personnes Vulnérables, Charlotte Daffé, entourée de partenaires techniques et financiers, notamment l’UNICEF, ainsi que de nombreux enfants venus représenter leur génération.
Dans son allocution d’ouverture, la ministre a livré un constat alarmant sur la condition des enfants en Guinée. S’appuyant sur l’analyse issue de l’étude MODA 2018 actualisée en 2023, elle a révélé que 54,7 % des enfants guinéens vivent dans la pauvreté, avec un pic critique en milieu rural où près de 90 % des enfants souffrent de privations multiples, touchant des secteurs essentiels comme l’éducation, la santé, la nutrition, l’accès à l’eau potable, l’hygiène ou encore la protection.

« Cette pauvreté généralisée constitue un frein majeur à la jouissance des droits de l’enfant, malgré un cadre juridique renforcé avec le Code de l’Enfant révisé en 2019 », a reconnu Charlotte Daffé. Elle a néanmoins réaffirmé l’engagement de l’État à faire du mois de juin « le mois du sourire et de l’espérance pour chaque enfant guinéen ».
Le thème retenu cette année au niveau africain, « Planification et budgétisation des droits de l’enfant : progrès depuis 2010 », met en exergue la nécessité de stratégies ciblées et de financements durables pour garantir l’effectivité des droits de l’enfant.
Tout au long du mois, des activités à portée nationale seront déployées :
- Plaidoyer pour une meilleure allocation budgétaire en faveur de l’enfance,
- Soutien renforcé au Parlement des Enfants, instance d’expression et de représentation des jeunes,
- Actions concrètes de prévention et de réponse aux violences faites aux enfants,
- Programmes de réunification familiale et retrait progressif des enfants en situation de mendicité.
La ministre a insisté sur la nécessité d’un engagement multisectoriel et coordonné pour que ces mesures aient un impact réel et durable.

Prenant la parole à son tour, la représentante adjointe de l’UNICEF en Guinée a rappelé que l’enfance ne peut attendre. « Les droits de l’enfant ne se concrétisent que par une planification rigoureuse et des investissements conséquents. Investir dans l’enfance, ce n’est pas une charge budgétaire, c’est construire l’avenir du pays », a-t-elle souligné.

Figure emblématique de cette génération montante, Mariam Diallo, présidente du Parlement des Enfants, a livré un discours émouvant et lucide. Elle a pointé du doigt les inégalités d’accès aux services de base, souvent entravées par des barrières financières et géographiques. « Nous plaidons pour une hausse significative des ressources publiques consacrées à l’enfance. C’est une urgence nationale », a-t-elle martelé sous les applaudissements.

La cérémonie a aussi été l’occasion de célébrer l’excellence guinéenne. Mohamed Traoré et Fatoumata Barry, lauréats d’un concours international de dictée tenu au Canada, ont été chaleureusement félicités pour avoir brillamment représenté la Guinée à l’étranger. Leur succès incarne l’espoir d’une jeunesse talentueuse qui, avec les bons soutiens, peut relever tous les défis.
Le Mois de l’Enfant Guinéen 2025 s’annonce comme un tournant, entre lucidité sur les défis persistants et volonté ferme d’impulser une dynamique nouvelle en faveur des droits de l’enfant. Une démarche qui, au-delà des discours, attend désormais des actes à la hauteur des ambitions.
Hawa Mohamed Soumah pour Planete7.info
Contact Planete7.info : 624045895/625214852
Planete7guinee@gmail.com
Les commentaires sont fermés, mais trackbacks Et les pingbacks sont ouverts.