Kindia : les vendeuses du marché central EBT dénoncent leur déguerpissement et interpellent les autorités

À Kindia, la tension est de nouveau montée d’un cran au marché central EBT. Depuis le début de la semaine, plusieurs femmes vendeuses ont été contraintes de quitter les espaces situés devant les boutiques où elles exerçaient leurs activités, faute d’infrastructures adaptées pour les accueillir. Une situation qui ravive leur colère et relance le bras de fer avec les autorités locales.
Pour se faire entendre, ces commerçantes ont érigé des barricades et suspendu leurs activités, dénonçant ce qu’elles considèrent comme un non-respect des engagements pris avant la construction d’un immeuble R+3 dans l’enceinte du marché. Selon elles, il avait été convenu que l’ensemble du rez-de-chaussée serait transformé en hangars afin de reloger les femmes occupant initialement ces espaces.

Rencontrées ce jeudi 22 janvier 2026, plusieurs responsables du collectif des vendeuses ont détaillé les démarches entreprises auprès des autorités.
« Nous avions reçu l’assurance que des hangars seraient construits pour nous. Aujourd’hui, nous souffrons énormément parce que nous n’avons nulle part où nous installer. Le seul hangar réalisé est trop petit. Pourtant, tout le rez-de-chaussée devait nous être réservé », déplore Fatoumata Camara, plus connue sous le nom de Fatou Kobèkobè.
À la place des hangars promis, des boutiques ont été construites et mises en location à des prix jugés inaccessibles pour ces femmes. « Les boutiques coûtent jusqu’à trois millions de francs guinéens. C’est impossible pour nous », poursuit-elle.

Faute de solutions, plusieurs vendeuses se retrouvent contraintes de s’installer en bordure de route ou devant des commerces, au risque de nouvelles expulsions. « Avant-hier, le propriétaire de l’immeuble devant lequel nous étions installées a appelé la gendarmerie pour nous chasser. Jusqu’à présent, aucune place ne nous a été officiellement proposée », confie-t-elle.
Les conséquences économiques sont déjà perceptibles. Depuis trois jours, les activités sont quasiment à l’arrêt. « Nous ne vendons plus. Hier, nous avons été reçues par le préfet de Kindia. Il nous a demandé de patienter et nous a promis une solution dans les prochains jours », explique Fatoumata Camara.

Mais sur le terrain, la frustration demeure. Les femmes accusent à la fois le propriétaire de l’immeuble et la commune urbaine de manque d’accompagnement et de dialogue. « Les autorités communales viennent seulement pour nous demander de quitter les lieux. Une fois, elles ont même saisi nos tables pour les déposer à la place des Martyrs. Le lendemain, on nous a encore demandé de partir. Même l’administratrice du marché reste silencieuse », regrette-t-elle.
Face à l’impasse, les vendeuses lancent un appel direct au président de la transition, le général Mamadi Doumbouya.
« Nous demandons au président de nous venir en aide afin que le problème de places soit définitivement réglé. Nous voulons simplement travailler dignement, vendre nos marchandises et subvenir aux besoins de nos familles », plaident-elles.
En attendant une solution concrète, ces femmes, pilier de l’économie informelle locale, continuent de payer le prix d’un aménagement urbain qu’elles estiment fait sans elles.
Sylla Ama, correspondant à Kindia pour Planète7.info
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