Kindia : à Pastoria, l’IRBAG au cœur de la recherche scientifique et de la lutte contre les épidémies

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Créé pendant la période coloniale, l’Institut de Recherche en Biologie Appliquée de Guinée (IRBAG), installé à Pastoria, dans la préfecture de Kindia, occupe une place importante dans le dispositif national de recherche scientifique et de lutte contre les maladies infectieuses. De l’épidémie d’Ebola à la pandémie de COVID-19, cette institution a contribué à la réponse sanitaire du pays. Son directeur général, le Pr Mohamed Sahar Traoré, revient sur son histoire, ses missions et ses perspectives de recherche.

À Pastoria, dans la préfecture de Kindia, la recherche scientifique constitue l’une des missions historiques de l’Institut de Recherche en Biologie Appliquée de Guinée (IRBAG). Héritière de l’ancien Institut Pasteur de Guinée, cette institution figure parmi les premières structures de recherche scientifique établies dans le pays. Au fil des décennies, elle a évolué pour s’adapter aux besoins sanitaires de la Guinée, notamment face aux maladies infectieuses et aux urgences épidémiques.

En 2017, l’institution change de dénomination et devient officiellement l’IRBAG. Ce changement s’inscrit dans la continuité de ses activités scientifiques, articulées autour de plusieurs disciplines, dont la bactériologie, la virologie et l’entomologie. Ses domaines d’intervention comprennent également l’herpétologie, notamment dans le cadre des travaux liés aux serpents, ainsi que la prise en charge des envenimations.

« IRBAG est la première institution de recherche créée en République de Guinée pendant la période coloniale. À partir de 2017, il y a eu un changement d’appellation. C’est devenu l’Institut de Recherche en Biologie Appliquée de Guinée. C’est une institution qui a dans son cœur de métier la recherche dans les domaines de la bactériologie, de la virologie, mais également de l’entomologie », explique son directeur général, le Pr Mohamed Sahar Traoré.

Au-delà de ses missions de recherche, l’IRBAG a pris part à la réponse nationale face à plusieurs crises sanitaires. Son implication s’est notamment illustrée lors de l’épidémie d’Ebola et de la pandémie de COVID-19, deux épisodes qui ont fortement mobilisé le système de santé guinéen.

À ces occasions, le Centre guinéen-russe abrité par l’institution a participé au diagnostic et à la prise en charge des patients. Une contribution qui témoigne de l’importance des structures de recherche dans le dispositif de réponse aux urgences sanitaires.

« Chaque fois que le pays connaît des épisodes épidémiques, notre institution contribue à la lutte contre les différentes épidémies. Pendant Ebola, le Centre guinéen-russe a servi de site d’hospitalisation et de diagnostic. La même chose a été faite pendant la pandémie de COVID-19, où nous avons accueilli et hospitalisé des malades, tout en contribuant au diagnostic des cas », souligne le directeur général.

Cette expérience illustre la complémentarité entre recherche scientifique, diagnostic biologique et prise en charge médicale, particulièrement lorsque le pays est confronté à des maladies infectieuses nécessitant une réponse rapide.

L’évolution de l’IRBAG ne concerne pas uniquement ses activités scientifiques. L’institution a également connu une réorganisation dans le cadre de la restructuration du système national de recherche scientifique.

Cette dynamique s’est traduite par son rapprochement avec deux autres structures : le SERPA, situé à Coyah, et le SIRIP, basé à N’Zérékoré. Cette réorganisation lui permet désormais de s’appuyer sur plusieurs sites, notamment à Wonkifong et à N’Zérékoré.

L’élargissement de son implantation constitue un élément important de son organisation. Il permet à l’institution de disposer de plusieurs points d’intervention sur le territoire national, dans le cadre de ses missions de recherche.

Pour soutenir ses activités et développer de nouvelles perspectives, l’IRBAG s’appuie également sur des collaborations avec des institutions nationales et étrangères. Les partenariats avec les équipes russes occupent une place importante dans son dispositif de coopération, aux côtés d’échanges avec d’autres partenaires internationaux, notamment européens.

Ces collaborations représentent un levier pour le développement des travaux scientifiques et le renforcement des capacités de recherche en Guinée.

Dans cette perspective, une nouvelle étude consacrée au paludisme est annoncée. Elle sera menée avec l’Institut de recherche pour le développement (IRD), une institution française, en collaboration avec des partenaires guinéens, dont le Centre de recherche et de formation en infectiologie de Guinée (CERFIG).

« Nous nous apprêtons à lancer une étude dans le domaine du paludisme avec l’IRD, en collaboration avec des institutions guinéennes telles que le CERFIG », annonce le Pr Mohamed Sahar Traoré.

Cette initiative ouvre de nouvelles perspectives pour les activités scientifiques de l’institution, dans un contexte où le paludisme demeure un enjeu majeur de santé publique en Guinée.

De son héritage historique à sa participation aux réponses contre Ebola et la COVID-19, l’IRBAG poursuit ses activités à la croisée de la recherche scientifique et des enjeux de santé publique.

Son évolution organisationnelle, ses partenariats avec des institutions guinéennes et étrangères ainsi que les nouvelles études annoncées témoignent de sa volonté de maintenir ses activités et de contribuer au développement de la recherche biomédicale dans le pays.

À Pastoria, l’institution entend ainsi poursuivre ses missions scientifiques et participer au renforcement des capacités nationales face aux maladies infectieuses et aux futures urgences sanitaires.

Sylla Ama, correspondant à Kindia pour Planete7.info

Contact Planete7.info : 624045895/625214852

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