Karifa Condé : « Mon objectif, c’est que les Guinéens soient fiers de leurs sociétés minières »

Fraîchement élu président de la Chambre des Mines de Guinée (CMG), M. Karifa Condé, également Directeur Général de la Compagnie des Bauxites de Guinée (CBG), se fixe des objectifs ambitieux pour repositionner le secteur minier au cœur du développement économique et social de la Guinée. Dans un entretien exclusif, il revient sur les défis, les priorités et sa vision pour cette institution stratégique.
Pour Karifa Condé, son élection à la tête de la CMG est moins une victoire personnelle qu’une reconnaissance du rôle central de la CBG dans l’architecture minière nationale. « Ce n’est pas Karifa Condé qui a été élu, mais bien la CBG. C’est une entreprise qui retrouve une place légitime qu’elle n’avait plus occupée depuis plus de 20 ans », souligne-t-il, rappelant que la CBG est membre fondateur de la Chambre.
Selon lui, ce retour au-devant de la scène traduit une reconnaissance du poids historique, économique et institutionnel de la CBG dans le paysage minier guinéen.
Le contraste persistant entre la richesse des zones minières et les conditions de vie précaires des populations riveraines est un constat que Karifa Condé refuse d’ignorer. « Il est temps que les citoyens guinéens soient fiers de leurs sociétés minières », affirme-t-il avec conviction. « Les premières personnes qui doivent profiter des mines, ce sont les communautés qui vivent autour. »
Pour y parvenir, il mise sur une approche équilibrée entre performance économique et impact social. « On ne peut pas continuer à engranger des bénéfices tout en détruisant l’environnement ou en laissant les communautés dans la pauvreté », insiste-t-il.
Déterminé à faire respecter les normes, Karifa Condé insiste sur la nécessité pour les sociétés minières d’adopter des pratiques conformes à la réglementation et aux standards internationaux. Il rappelle à ce titre avoir été lui-même directeur de la conformité de la CBG pendant 11 ans.
« Aujourd’hui, il n’est pas acceptable qu’une entreprise membre de la Chambre détruise l’environnement. La conformité doit devenir une culture partagée. Et cela commence par la veille réglementaire : chaque entreprise doit se demander si elle est conforme aux textes qui lui sont applicables. »
Le nouveau président veut renforcer l’unité et la cohésion au sein de la Chambre. Pour lui, il est primordial que toutes les sociétés minières « parlent le même langage », partagent des valeurs communes et s’engagent à respecter les conventions minières qui les lient à l’État.
Mieux encore, il appelle les autorités à également respecter ces conventions, dans un souci de réciprocité : « Pour exiger le respect d’un engagement, il faut d’abord le respecter soi-même », rappelle-t-il.
Karifa Condé veut positionner la CMG comme un partenaire stratégique du gouvernement dans l’élaboration des politiques publiques minières. Il refuse toute forme d’opposition systématique entre le secteur privé et les pouvoirs publics.
« Aucune société ne s’installe sans l’autorisation de l’État. Nous devons donc travailler ensemble, dans un esprit de dialogue et de confiance. »
Il se félicite d’ailleurs des initiatives mises en place par son prédécesseur, notamment la tenue de rencontres mensuelles avec le ministère des Mines pour examiner les préoccupations du secteur.
Parmi ses priorités : élargir le cercle des membres de la Chambre à d’autres entreprises opérant en Guinée et qui ne sont pas encore adhérentes. « Il faut les convaincre de rejoindre cette plateforme. Plus nous serons unis, plus nous aurons de poids dans la formulation et la défense de nos intérêts communs. »
Il appelle également à une meilleure implication des parties prenantes dans la rédaction des textes de loi : « Trop souvent, des lois sont prises sans que nous ayons été consultés. Cela doit changer. Il faut bâtir les textes avec ceux qui les appliquent. »
Pour Karifa Condé, la mission est claire : faire des mines un moteur du développement de tous les autres secteurs, notamment l’agriculture, l’éducation et les infrastructures. « La Guinée est un pays minier, mais cela ne suffit pas. Ce que nous faisons des revenus des mines déterminera notre avenir. »
Avec une vision claire, un discours franc et une posture ouverte au dialogue, le nouveau président de la Chambre des Mines semble bien décidé à transformer cette institution en levier de développement durable au service de tous les Guinéens.
Mountaga Pandiara Diallo pour Planete7.info
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