Insalubrité à Conakry : les bordures de mer étouffées par des montagnes d’ordures

Longtemps admirée pour sa beauté naturelle et sa façade maritime unique, Conakry voit aujourd’hui son littoral se dégrader sous l’effet d’une insalubrité alarmante. Plastiques, déchets domestiques, dépôts sauvages et rejets en tout genre s’accumulent désormais sur les plages, transformant les bordures de mer en véritables décharges à ciel ouvert.
Chaque jour, des tonnes d’ordures sont déversées dans l’océan faute d’un système de gestion des déchets réellement efficace. Dans plusieurs quartiers riverains, les habitants, dépourvus d’infrastructures adaptées, se voient contraints d’abandonner leurs immondices sur les plages ou dans les caniveaux qui finissent directement dans la mer.

À la plage Takonko, dans la commune de Kipé, malgré les efforts de ceux qui y travaillent, le défi reste immense. Une situation que déplore Amara Simba Sylla, journaliste et activiste environnemental, visiblement préoccupé :
« Ce qui se passe autour de nous est tout simplement déplorable. Il faut que cela cesse, sinon c’est notre survie même qui est en danger », alerte-t-il.

Pour lui, les citoyens portent une part importante de responsabilité dans cette dégradation :
« La source de ces déchets, c’est nous. Nous n’arrivons pas à gérer nos ordures correctement. On pense assainir nos maisons, on met les déchets dehors, on demande aux enfants de les jeter dans les caniveaux… Quand il pleut, ces mêmes déchets se retrouvent en bordure de mer », explique-t-il.
Au-delà de l’impact environnemental, ce phénomène représente une menace sérieuse pour la santé publique. « Notre santé dépend de notre comportement vis-à-vis de notre environnement. Ces déchets provoquent de nombreuses maladies. Ici même, à cette plage, certains brûlent ces ordures un peu plus loin. Les enfants qui jouent autour respirent cette fumée toxique et peuvent développer des maladies pulmonaires », prévient-il.

Face à cette situation, Amara Simba Sylla en appelle à une implication plus forte des autorités :
« L’État doit encourager les PME, soutenir les initiatives locales et investir davantage dans le secteur de l’environnement pour venir à bout de cette insalubrité », plaide-t-il.
Pourtant, rien n’est irréversible. Avec une gouvernance plus rigoureuse, une meilleure éducation environnementale et une mobilisation citoyenne réelle, Conakry peut encore espérer retrouver l’éclat de son littoral d’autrefois. Redonner vie à ses plages n’est pas seulement un défi écologique : c’est une nécessité vitale pour la capitale guinéenne.
Salif Camara pour Planete7.info
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